Après les navires, les centrales de Lucciana 2, et Ricanto bientôt équipées de scrubbers ?

Après les navires, les centrales de Lucciana 2, et Ricanto bientôt équipées de scrubbers ?

Une bonne intention!

Avec pour objectif affiché une réduction de la pollution émise par les navires, l’Organisation Maritime Internationale (OMI) a imposé l’obligation pour les navires d’utiliser un fioul lourd, dont la teneur massique en soufre est inférieure à 0,5 %, et ce dès le 1er janvier 2020.

L’idée de base est intellectuellement séduisante: imposer un fioul lourd à 0,5 % de soufre, alors que sont actuellement utilisés par les armateurs des fiouls lourds de teneurs atteignant jusqu’à 3,5 % et couramment 1,5 %. La baisse de la teneur en soufre est censée, lors de la combustion du fioul lourd dans les diesels procurer une baisse de la pollution émise, notamment pour les émissions soufrées (SO2).

Le vers était déjà dans le fruit.

Force est de constater, une fois de plus, que l’approche technico-économique poussée par les armateurs a déteint sur la réglementation OMI au point d’inspirer la rédaction de la dérogation.

De ce fait, on peut s’interroger sur la pertinence de la réponse apportée par la majorité des armateurs au regard des objectifs sanitaires et environnementaux initialement affichés.

Pour les armateurs, la solution providentielle serait le scrubber. Il s’agit en fait d’une tour de lavage d’émissions gazeuses, un sur-équipement installé en sortie des échappements. L’eau est censée retenir essentiel des polluants émis lors de la combustion du fioul lourd. Industriellement le procédé de lavage est bien connu.


Les scrubbers auraient (déjà !) subi avec succès toutes les épreuves permettant à l’OMI et aux Etats de les considérer comme les épurateurs capables de réduire significativement les émission des fiouls lourds. Et (déjà!) d’autoriser, la navigation au fioul lourd à 3,5 % sur le plans d’eau de leur de compétence.

Et, aussi sous réserve de montrer que le remède n’est pas pire que le mal, à savoir que l’impact polluant de la pollution de l’eau, et de l’air, générée par la dépollution de l’air n’est pas globalement supérieure en terme d’impact sanitaire et environnemental.(déjà acquis?)

Avaler des couleuvres?

Associés à une combustion de fioul à 3,5 %, les scrubbers permettraient donc de réduire la nocivité des émissions polluantes, au point d’obtenir une nocivité inférieure à celle du 0,5 % utilisé sans scrubber.

Avec beaucoup de conviction, l’état major de SEI, d’EDF, les techniciens d‘EDF et du motoriste MAN, en présence du préfet de Haute Corse, nous avait déjà fait le coup du « fioul lourd mois polluant que le fioul léger » lors de sa combustion dans les « centrales à moteur diesel propre » inscrites sous injection dans le marbre de la loi insulaire : le PEC de 2005.

Du simple au double!


According to Alphaliner, more than 10% of container ship capacity will be fitted with scrubbers by January, with more to follow over the next two years. The differential between high-sulfur fuel (HFO) and low-sulfur fuel (LSFO) prices is the main driver of scrubber demand.


"These ships will be able to enjoy the lower price of standard heavy fuel oil, with current IFO380 bunker price dropping to just $255/ton compared to LSFO price of over $510/ton [based on prices at Rotterdam]," noted Alphaliner

L’article yahoo!finance

A l’évidence les milieux financiers connaissent les véritables motivations des armateurs. Et leur crainte avouée de voir leur business naval perdre du terrain au profit du transport terrestre.

Elles se situent du côté des cours du fioul lourd, 303 €/tonne pour du HFO (3,5%) contre un LSFO (0,5%) à 599 €/tonne selon une cotation récente à Rotterdam.

Et l’objectif sanitaire? Et l’objectif Environnemental ?

A Marseille, ville portuaire subissant l’impact polluant des navires, le directeur de la mesure et de la surveillance de la qualité de l’air reste lucide :

« Sur le fond, la solution HFO – scrubber est effectivement la moins bonne des solutions, même si elle respecte la fameuse réglementation de l’OMI.

L’affinité du soufre avec l’eau permet en effet de réduire les taux de soufre à l’émission, mais ne réduit pas significativement les oxydes d’azote et autres suies, qui sont hydrophobes. »

Le leurre et l’argent du leurre.

Et la Collectivité Territoriale a (déjà!) reçu un appel du pied lors des JMA P à Ajaccio tenus à la CCIAS, pour aider financièrement cette curieuse transition énergétique.

Alors qu’elle (la CDC) aura à donner son avis pour l’utilisation des plans d’eau de sa compétence avec du 3,5 %, elle mettra normalement sur le même graphique la courbe des coûts évités à chaque plein de navire à moitié prix et, celle de l’amortissement de l’investissement pour chaque scrubber. Ce sera très intéressant !

Et que, même si de la TGAP c’est toujours bon à prendre pour une collectivité, la CDC ne succombera pas aux sirènes. D’autant que la « contribution » attendue s’appliquerait aussi au défraiement des rotation estivales.

Il est à noter que dans les zones ECA déjà soumises à un fioul lourd à 0,1 % de teneur en soufre, encore plus cher que le 0,5 % (utilisé par EDF dans ses centrales diesel de Corse), les Etats et collectivités n’ont pas mis la main à la poche pour aider les armateurs et compagnies.

Lucciana 2, et Ricanto bientôt équipées de scrubbers ?

Le Président de la République ayant présenté ses vœux 2020 «….aux français de l’hexagone et de l’outre-mer … » on peut se demander comment il situe géopolitiquement la Corse ?

Électriquement parlant, pour EDF, la Corse est effectivement considérée comme une Zone Non Interconnectée à la métropole française, territoire qui s’inscrit parfaitement dans la forme hexagonale.


On peut s’attendre à tout. Mais si les finances publiques devaient finalement être appauvries pour financer des scrubbers sur des navires (de l’investissement privé, ou semi public) cela vaudrait reconnaissance par l’autorité territoriale de l’intérêt de ce mode de dépollution qui pourrait alors être imposé à l’électricien des ZNI qui ne lui a, jusqu’à ce jour reconnu aucune vertu


Oui, le port de Nice met la main à la poche ….. mais c’est pour du 0,1 % de soufre, pas pour du 3,5 %.

Après le maire de Cannes sur son plan d’eau, ce sont les autorités portuaires de Nice qui viennent de décider de n’accueillir que des navires alimentés au 0,1% de soufre.

Fort de cette avancée, nettement bien plus significative, qui projette les villes côtières de Méditerranée hexagonale, vers une évolution des navires sur leurs plan d’eau comparable à celle des zones SECA , la contamination gagne.

Et ce rivage de regarder maintenant vers les ports situés hors de l’hexagone.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *