Association Aria linda

mardi 25 mai 2021

Concertation Publique Vazzio Bis alias Ricanto

L'association Aria Linda a publié un avis sur le site de la CNDP. Depuis le 24 mai 2021 à minuit cet avis n'apparaissant plus sur le site de la concertation nous vous l'avons édité ci-dessous. 

Retrouvez l'original  


Concertation préalable du Public du 19 avril au 24 mai 2021

Projet de centrale électrique du Ricanto

     et

     son approvisionnement

 

             


Pleins gaz pour le fioul !


 


 

Comme l'indique la capture d'écran réalisée sur le site d'EDF "La centrale d'Ajaccio fonctionnerait au gaz naturel avec 2 combustibles de secours: le fioul léger et la biomasse liquide."

 

Sur le site d’EDF, le conditionnel est donc de mise pour le gaz naturel….. mais les 2 combustibles de secours sont propres.

 

Sur le site de la CNDP, lors de la saisine par EDF PEI, est seulement évoqué le « Projet de construction d'une centrale électrique sur le site du Ricanto en Corse du Sud » :

 https://www.debatpublic.fr/projet-construction-dune-centrale-electrique-site-du-ricanto-corse-du-sud

 

Puis apparait sur le site de la CNDP le « PROJET DE CONSTRUCTION DE NOUVEAUX MOYENS DE PRODUCTION MULTI-COMBUSTIBLE SUR LE SITE DU RICANTO A AJACCIO (2A) ».

 https://www.debatpublic.fr/projet-construction-dune-centrale-electrique-site-du-ricanto-corse-du-sud

 

 

Visiblement l’objectif de la concertation préalable était vague, et la saisine de la CNDP, sans doute à nouveau inappropriée. Sauf à essayer de mettre une fois de plus en évidence l’acceptabilité de la solution par la population. Exercice qui, à l’époque du Préfet Bouillon, avait tourné court.

 

Errare umanum est, repetate diabolicum.

Car déjà en 2010, sous l’impulsion du Préfet de Région *Stéphane BOUILLON, et sollicitée par GRT Gaz, la CNDP intervenait en Corse pour l’alimentation au gaz naturel des centrales de Corse.

* 27/04/2010 « J’ai demandé à EDF/PEI de me fournir le dossier au mois de juillet. Et ce sera celui de centrales au gaz ou rien ».




                 

Ce qui amenait sans doute le Président de la CNDP d’alors à justifier la démarche : « Ce projet, par ses dimensions, ne relève ni d’une saisine de la Commission nationale du débat public ni d’une obligation de publication. Mais il présente des enjeux importants en termes d’aménagement du territoire, d’impacts environnementaux et socio-économiques. »

Il s’agissait déjà d’alimenter les centrales thermiques à moteurs Diesels propres inscrits dans le Plan Energétique Corse de 2005 !

 

En fait la concertation CNDP 2021 a du bon car elle a permis d’informer le public que l’actuelle centrale pourrait être autorisée, par arrêté préfectoral à fonctionner jusqu’en 2030, alors qu’elle était censée s’arrêter définitivement en 2023. Encore un engagement gravé dans le marbre.

 

EDF, la DGCE, la Préfecture voudraient-ils nous faire croire que les mirobolantes réductions de concentrations de polluants annoncées pour la future centrale Ricanto, alias Vazzio Bis, seront effectives dans le futur arrêté préfectoral d’exploitation?  A moins que leur seule vocation ne soit d’obtenir le feu vert de l’administration centrale.

 

Chacun aura remarqué que malgré les réductions annoncées de la concentration de ses émissions gazeuses, la nouvelle centrale diesel de Lucciana a fait l’objet d’un arrêté préfectoral l’autorisant à fonctionner au fioul léger en conservant le droit à polluer accordé au fioul lourd, bref en adoptant les mêmes VLE !

 

La concertation nous a également appris que les deux partenaires du projet gazier seraient EDF PEI et la DGEC et son bras armé local, la DREAL.

 

Oubliés le protocole signé entre le Président de l’Exécutif et Madame Ségolène ROYAL. et son bras armé local la DREAL.

 

Négligée la Collectivité de Corse ? Non, par son article L 4424-39  le CGCT ne reconnait aucune compétence à la Collectivité de Corse pour les moyens de production thermiques de plus de 8 MW faisant de surcroit appel à des ressources fossiles qui sont constitutionnellement de compétence régalienne.

Curieusement dans intervention du 4.04.2019 à Cozzano le Président Macron indiquait : «  L’énergie est une compétence de la collectivité territoriale.... elle se fait aux termes du CGCT. »

 

Oublié le courrier que la DREAL a adressé le 28 avril 2017 à l’AASQA Qualitair Corse relatif à la pertinence de la localisation de la cabine de mesure de la qualité de l’air dédiée à la surveillance industrielle. Une cabine alors implantée par EDF et située à …..5 km de son point de rejet au Vazzio. Le DREAL actuel, ou sa représentante n’ont pas pu oublier : ils n’étaient pas là !

 

Il ne s’agit que de mesurer l’impact sanitaire des microparticules émises lors de la combustion du fioul, un polluant classé cancérigène par l’OMS. Un classement qui a conduit à la débâcle du marché du diesel automobile sur fond de mensonge des constructeurs.

Ce qui apparait constant dans l’action de l’Etat, et de la DGEC, probablement sous l’influence démesurée de la CRE, c’est leur  capacité à essayer de faire courir les populations derrière des leurres, comme des lévriers. Des leurres qui changent très souvent au cours d’appels d’offres sans issues.

Tout en prenant part, et partie, dans le combat de coqs entre électriciens et gaziers.

Enfin reste la posture du Maire de la cité impériale. On l’a rarement entendu s’immiscer médiatiquement dans le débat public sauf à Cozzano le 4 avril 2019, à travers une interpellation du Président Macron:

« Aujourd’hui, la PPE est remise en cause. Cela pose problème ! L’équipement du Vazzio est vétuste, il y a eu des problèmes en 2005. Sa date de péremption au moment de sa création était 1992. S’y ajoute la problématique environnementale. Je ne peux pas accepter que la centrale soit alimentée au fuel lourd. En 2021, nous serons taxés lourdement parce que nous aurons la dernière centrale au fuel lourd d’Europe. La Corse est un joyau qui mérite des égards. Il y a la parole de l’Etat et d’une ministre, certes, d’un autre gouvernement. Aujourd’hui, nous avons le sentiment que cette parole n’a tenu que le temps d’une mandature, c’était une parole en l’air ».

 

Il faut bien remarquer que dans son intervention l’édile ne fait aucune allusion à la promesse d’alimentation  de la centrale d’Ajaccio au gaz naturel comme combustible principal dès sa mise en service en 2023.

Il faut également remarquer que le président Macron lui répond pourtant sur ce point :

« Les engagements seront tenus ».

Du côté de Lucciana, l’acceptabilité du Maire semble acquise: dans le cadre de l’appel d’offre lancé la DGEC le consortium candidat proposerait d’alimenter la centrale de Lucciana par un navire FSRU et un sea line. Et une utopiste noria de GNL porté par camions depuis le port de Propriano jusqu’à Ajaccio. Même pas une arlésienne.

Au soir du 27 juin 2021, l’avenir du gaz naturel en tant que combustible principal des centrales thermiques pourrait être définitivement mis aux oubliettes. 

Comme celui du PADDUC et de la préservation des terres agricoles.

Il y aura toutefois un funiculaire.

 

Conclusion :

 

 

L’association Aria Linda, comme les autres participants à la concertation préalable relative à l’implantation d’une centrale à moteurs diesel, alimentés au fioul, déplore que la présentation du projet de centrale thermique et de son hypothétique alimentation au gaz naturel ne soit ni sincère, ni conforme aux engagements initiaux de l’Etat, pourtant réaffirmés par le Président Macron.

 

jeudi 6 mai 2021

EDF dans l'incohérence environnementale dans la zone interconnectée de Corse comme dans les ZNI.

S'il fallait encore démontrer que la stratégie diesel+fioul imposée, et en passe d'être reconduite, par EDF en Corse est en tous points identique à celle imposée et en passe d'être reconduite dans les ZNI sous la houlette du puissant opérateur monopolistique, l'exemple de la Guyane y suffirait.

C'est dans un article du Monde que le parralélisme des formes est à nouveau mis en lumière..... jusque dans la confusion entretenue au niveau des normes de rejet et des coefficients de réduction annoncés.

De Charybde à Scylla, peut-être enfin contraints d'abandonner le fioul, voilà que les apprentis sorciers se lanceraient dans une stratégie de biomasse liquide alors que la filière ne bénéficie d'aucune expérience. Et qu'il a été promis du gaz naturel par le pouvoir central. 

Sauf que contrairement à la Corse, la Guyane et les autres ZNI ne disposent d'aucune interconnexion avec le continent européen.

Classement de la Corse, et maintien en ZNI, malgré un niveau d'interconnexion dépassant très largement des critères prévus par la directive Européenne!


Extraits choisis:


"..... Le projet controversé de centrale thermique du Larivot, en Guyane, se fera bien, mais le fioul est abandonné au profit de la « biomasse liquide ». Il était envisagé de remplacer la centrale au fioul lourd de Dégrad des Cannes, vétuste, qui sera arrêtée en 2023, par une centrale au fioul.

« Au regard de l’impact écologique d’un tel projet », la ministre de la transition écologique Barbara Pompili a demandé de le réorienter. La centrale devra « fonctionner aux biocarburants dès son entrée en service », début 2024, ce qui permettra « des émissions de gaz à effet de serre (…) trois fois inférieures au projet initial », selon le ministère. Les biocarburants devront respecter les « critères de durabilité », ce qui « exclut » notamment les « huiles de palme et de soja ».

EDF PEI porte ce projet de 500 millions d’euros pour une puissance thermique de 120 MW. La direction du groupe reste prudente sur le calendrier de mise en place de la nouvelle option.

« On met tout en œuvre pour être prêt, mais on ne garantit pas que le démarrage se fera en biomasse liquide ».

Des études de faisabilité restent à mener, pour valider notamment la filière d’approvisionnement, dans le respect de la directive européenne RED II, qui exclut l’huile de palme.

« Si ce n’est pas prêt », précise EDF, « la date butoir c’est 2030 », objectif fixé par les pouvoirs publics pour une production électrique basée à 100 % sur les énergies renouvelables en outre-mer.

Le groupe annonce « le lancement d’une étude sur la création d’une filière de biomasse locale, pour que ce soit vertueux ».

La centrale pourra fonctionner au fioul en cas de difficulté d’approvisionnement en biomasse liquide.