Pour Corse Matin, le 13/01/2011 Jean Marc RAFFAELLI est en entretien avec le Préfet de Région Stéphane BOUILLON sur le sujet des centrales thermiques:

 

Chapeau de l’article :

Pour Ajaccio je vais prendre un arrêté d’intérêt général

 

Jean Marc RAFFAELLI :

Lucciana a-t-elle seulement une chance de démarrer au fioul léger ?

 

Le Préfet de Région Stéphane BOUILLON :

« La centrale de Lucciana démarrera au fioul lourd…….»

 

Jean Marc RAFFAELLI :

Jean Louis BORLOO a laissé une petite porte entrouverte

 

Le Préfet de Région Stéphane BOUILLON :

« L’ancien ministre d’Etat (NDLR : Jean Louis BORLOO) a dit clairement qu’il n’était pas raisonnable pour la Corse de recommencer toute la procédure,…..

 

Ce que Jean Louis BORLOO a effectivement écrit :

 

Vous avez appelé mon attention sur la question d'un fonctionnement de la centrale au fioul léger. Le changement de combustible à ce stade avancé de la procédure nécessiterait une reprise totale du dossier d'autorisation préfectorale et causerait ainsI des délais supplémentaires l’ordre de 18 mois à deux ans, durée qui serait nécessaire à l'élaboration d'un nouveau dossier nécessairement soumis à enquête publique compte tenu de la modification fondamentale que représente un changement de combustible qui induirait un classement SEVESO, le fioul léger entraînant des risques spécifiques. Durant cette période supplémentaire, l'ancienne centrale devrait continuer à fonctionner, mais cette fois-ci dans des conditions irrégulières.

 

Le Préfet de Région Stéphane BOUILLON :

 

……..et il s’est engagé à lancer une étude relative à l’amélioration de la performance environnementale liée aux émissions de dioxyde de soufre afin d’obtenir un niveau de rejet équivalent à celui du fioul léger. »

 

Ce que Jean Louis BORLOO a effectivement écrit :

 

L'Etat a en outre décidé de réduire de façon très significative les émissions de polluants durant cette phase transitoire.

 

Ce carburant occasionnera des émissions de polluants comparables à l'utilisation des fiouls légers.

 

Je tiens en effet à souligner que l'intérêt environnemental de tel ou tel combustible ne se limite pas à ta teneur en soufre, car il convient de prendre en compte l'ensemble des émissions, mais aussi la question des risques accidentels, qui se pose à priori de façon très différente pour le fioul léger qui engendre des risques industriels sérieux

 

j'ai demandé à l’exploitant d’engager dès le 1 janvier 2011, en anticipation des échéances prévues dans l’arrêté préfectoral du 14 septembre 2010, une étude technico-économique relative à l'amélioration de la performance environnementale liée aux émissions de dioxyde de soufre pour obtenir un niveau de rejet équivalent à celui du fioul léger ou afin d'envisager un passage rapide au fioul léger si nécessaire.

 

 

Jean Marc RAFFAELLI :

Le Maire de Bastelicaccia ….refuse de modifier son PLU….:

 

Le Préfet de Région Stéphane BOUILLON :

 

 « …..je ferais en sorte que dans le PLU de la commune soit inscrit le projet d’une centrale électrique au gaz. Pour cela, je prendrai un arrêté qui déclarera cette construction d’intérêt général, ce qu’elle est, bien sûr »

 

 

L’intégralité du courrier du ministre d’Etat signé le 19 octobre 2010 à :

 

Monsieur Sauveur GANDOLFI-SCHEIT

Député de la  Haute-Corse

Assemblée nationale

126 rue de l'Université

75355 Paris 07 SP

 

 

 

MonsIeur le Député,

 

 

La production électrique en Corse repose principalement sur les centrales de Lucciana et du Vazzio. Leur remplacement dans les plus brefs délais est une priorité. En effet, leur vétusté ne permet pas d'assurer une disponibilité satisfaisante.

4

De plus, la centrale de Lucciana ne respecte pas les normes envlronnementales qui lui sont applicables et notamment les valeurs limites d'émissions de polluants. Son maintien en fonctionnement est néanmoins indispensable afin de fournir de l'électricité à la Corse. A compter du 1er janvier 2011 la poursuite de l'exploitation ne pourra donc se justifier qu'à la condition impérative du remplacement au plus tôt de cette centrale par un nouveau moyen de production aux normes. L'Etat a donc pris ses responsabilités en cherchant à garantir la fourniture de l'électricité pour les habitants de l’île après le 1er janvier.  C'est dans cet esprit que l’arrêté préfectoral d'autorisation d'exploiter a été signé le 14 septembre 2010.

 4

Les contours précis du projet de remplacement de la centrale de Lucciana ont pu être affinés au cours de nombreux échanges, et à la lumière des résultats de l'enquête publique qui ont permis d'apporter des avancées notables. Cette centrale, dès sa conception, est une centrale au gaz, dotée de moteurs déjà convertis, qui ne fonctionnera au fioul qu'à titre transitoire dans l'attente de la réalisation du GALSI, ce qui représente une anticipation des dispositions de l'article 5 de l’arrêté du 15 décembre 2009 relatif à la programmation pluriannuelle des investissements de production d'électricité.

 4

L'Etat a en outre décidé de réduire de façon très significative les émissions de polluants durant cette phase transitoire. Ainsi. le combustible prescrit à EDF en attendant l'arrivée du gaz naturel est un fioul particulier dont la teneur en soufre est même inférieure à celle des fiouls commerciaux à très basse teneur en soufre, ce qui explique la dénomination « très très basse teneur en soufre» parfois utilisée. Ce carburant occasionnera des émissions de polluants comparables à l'utilisation des fiouls légers. De plus, les cheminées de la centrale seront remontées de 10m afin de réduire l’impact local des rejets

 4

 

Vous avez appelé mon attention sur la question d'un fonctionnement de la centrale au fioul léger. Le changement de combustible à ce stade avancé de la procédure nécessiterait une reprise totale du dossier d'autorisation préfectorale et causerait ainsI des délais supplémentaires l’ordre de 18 mois à deux ans, durée qui serait nécessaire à l'élaboration d'un nouveau dossier nécessairement soumis à enquête publique compte tenu de la modification fondamentale que représente un changement de combustible qui induirait un classement SEVESO, le fioul léger entraînant des risques spécifiques. Durant cette période supplémentaire, l'ancienne centrale devrait continuer à fonctionner, mais cette fois-ci dans des conditions irrégulières.

 

  4

Je tiens en effet à souligner que l'intérêt environnemental de tel ou tel combustible ne se limite pas à ta teneur en soufre, car il convient de prendre en compte l'ensemble des émissions, mais aussi la question des risques accidentels, qui se pose à priori de façon très différente pour le fioul léger qui engendre des risques industriels sérieux. C'est pourquoi il apparaît qu'une telle décision, qui entraînerait d'importants surcoûts (de l’ordre de 30 M€/an en fonctionnement normal), ne peut être prise sans une étude globale préalable, portant sur l'ensemble des paramètres, alors même que nous disposons à ce stade d'un projet stabilisé, tant au nlveau industriel que réglementaire, qui répond à la question cruciale de la sécurité d'approvisionnement, qui améliore notablement les performances envlronnementales du parc électrique, et quI s'inscrit résolument dans les orientations de la politique énergétique corse.

 4

A l'issue de notre entretien du 6 octobre dernier, et afin de pouvoir répondre en toute responsabilité aux attentes légitimes de la population corse, j'ai demandé à l’exploitant d’engager dès le 1 janvier 2011, en anticipation des échéances prévues dans l’arrêté préfectoral du 14 septembre 2010, une étude technico-économique relative à l'amélioration de la performance environnementale liée aux émissions de dioxyde de soufre pour obtenir un niveau de rejet équivalent à celui du fioul léger ou afin d'envisager un passage rapide au fioul léger si nécessaire.

p

Par ailleurs, comme vous l’avez souhaité  lors de notre rencontre, j'ai demandé qu'un audit de la sea Iine  qui permet l'approvisionnement des stocks d'hydrocarbures soit réalisé. Les résultats vous en seront communiqués d'ici la fin de l'année.

 4

Enfin, je vous confirme que la politique en matière de production d'électricité en Corse repose sur la mise en service du GALSI. A ce titre, le gouvernement veille à ce que tout soit mis en œuvre pour faciliter le respect du calendrier de la décision finale d'investissement. Ainsi la procédure d'enquête publique sur le passage du GALSI au large des côtes corses a été lancée dans le respect du calendrier décisionnel italien : le ministère de l'économie italien devrait délivrer d'ici la fin de l'année l'autorisation administrative de construction du gazoduc. La France reste en contact constant avec les autorités italiennes et algériennes pour assurer le suivi à la réalisation du projet.

 

 

 4

          Je vous prie de croire, Monsieur le Député, en l'expression de mes sentiments les meilleurs.

 

 

 

 

 

Lire la suite