Cunsigliu di topa e dannu di farina

C'est la répartie adressée par le Maire de Bastelica à un militant du GARDE. Ce militant venait de dire, au cours de la réunion du SAGE (schéma d'aménagement et de gestion de l'eau) du 15.09.2011, que les effluents de certains des ateliers de charcuterie situés sur sa commune s'écoulaient, sans traitement, directement dans les eaux qui alimentent le barrage de Tola.

Le Maire de Bastelica lui a répondu que ce constat devait être assez ancien puisque tous les ateliers situés sur sa commune avaient été équipés d'installations de traitement, et qu'il était plutôt satisfait d'arriver à maintenir et augmenter l'activité sur sa commune, élément de nature à maintenir la population dans les communes de l'intérieur. 

Quelques instants plus tard, un conseiller municipal de la commune de Tola répondait à un autre militant associatif qui s'interrogeait sur les effets polluants de la fréquentation du plan d'eau. Cet autre édile indiquait qu'il était, compte tenu des résultats des mesures de la qualité des eaux du barrage, davantage préoccupé par l'impact sanitaire que pouvaient avoir ces eaux de baignade sur les utilisateurs du plan d'eau, que par l'impact du soulagement des vessies de ces derniers. 

Il en va donc de la qualité de l'eau qui alimente le barrage, comme de la qualité de l'air en Corse: Comprend qui peut!

Pour Monsieur le préfet qui n'a probablement pu apprécier toute la portée du proverbe Cunsigliu di topa e dannu di farina , un dictionnaire en ligne en donne la traduction suivante: "Complot de rats, dégâts de farine (Personnes se réunissant en secret, préparant un mauvais coup)"

Des propos qui ajoutent à ceux d'un président de Conseil Général en présence d'élus et d'un représentant de la préfecture :  "Il faut que nous nous soulevions  pour lutter contre le lobby des associations....à force de lutter pour la protection du lézard, de la libellule et des crapauds, il ne restera plus que ça et nous, nous aurons disparu."

Des propos qui ressemblent à ceux d'un responsable d'EDF PEI qui a d'ailleurs pu en préfecture, sans aucune censure, également s'attaquer à l'action d'élus territoriaux et européens, devant un préfet imperturbable.

Plus récemment, se sont les affiches d'associatifs opposés à l'implantation d'une centrale au fioul lourd qui auraient été retirées sur décision d'un élu, qui aurait ensuite déposé une plainte. Dans la commune en question, où le débat entre les pro et les anti centrale est vif Manuel VALLS, a hier déclaré que " Le fioul lourd ne peut-être la source d'alimentation des deux centrales à venir".

Comme l'a suggéré le préfet au cours de la réunion du SAGE, alors que la discussion avait évolué vers le respect de la loi littoral, travailler avec les associations semble préférable à l'affrontement.

Merci à Jean Paul L pour ses clichés qui, pour l'instant..........ne comportent pas encore d'image de battue à l'environnementaliste ! Mais qui sait si les environnementalistes de Corse ne risquent pas de figurer, aux côtés d'autres espèces à protéger, sur les listes du WWF.

Otages....
Sur le continent on joue avec les mécanismes de la peur.......On appelle ça le syndrome de Stockholm!  Oui, les lobbies savent toujours nous faire réfléchir sereinement pour nous faire avaler des couleuvres.
Par exemple pour nous faire admettre qu'Il faut bien accepter de payer le gaz plus cher pour éviter le retour à la bougie:  extrait d'un article du Parisien : "GDF Suez fait régulièrement valoir que ses contrats à long terme, négociés avec les grands exportateurs de gaz (Russie, Norvège, Algérie), peuvent certes s'avérer plus chers que le prix du marché, mais qu'ils mettent à l'abri les consommateurs français de rupture d'approvisionnement en cas de flambée de la demande, en plein hiver notamment."
Au plan local, on en joue aussi sur la peur pour nous faire admettre qu'Il faut bien accepter de continuer à supporter la pollution du fioul lourd pour éviter le retour à la bougie.