Ces dernières heures,  l'épisode "particules du Sahara en suspension dans l'atmosphère Corse" a encore ajouté à l'imprécision et aux lacunes de l'information sur la qualité de l'air délivrée au grand public.

Dans les colonnes de notre quotidien régional du dimanche on peut lire "qu'un pic de pollution a été enregistré hier" soit samedi 3 septembre 2011.....70 µg/m3 auraient été atteints en Corse du Sud, contre seulement 57 µg/m3 sur Lucciana.  

Si la pollution dite d'importation est depuis quelques jours caractérisée par l'arrivée sur la Corse de microparticules en provenance du Sahara, il est intéressant de noter que les microparticules, toutes les microparticules, peuvent parcourir de grandes distances véhiculées par les vents:  Le même phénomène a eu d'ailleurs lieu il y a quelques jours aux Antilles.....autres ZNI(s).

Ci-dessous à Ajaccio, le phénomène est visible depuis le virage des américains...

Reste que la pollution d'importation, qu'elle provienne du Sahara, de la vallée du Rhone, ou de l'étang de Berre, poussée par le mistral, ne fait que s'ajouter à la pollution d'origine locale, celle des centrales thermiques alimentées au fioul lourd qui consomment plus de la moitié des combustibles importés dans l'ile, 

.......celle des navires également alimentés au fioul lourd, et celle du trafic automobile. Les qualiticiens de l'air appelent cela un cocktail.

 

Officiellement, la pollution atmosphérique serait responsable de 42000 décès par an en France....Ce n'est probablement que la partie visible de l'iceberg.....comme ci-dessous...

..en contrastant un peu on voit bien que ça ne vient pas du Sahara.....

Cocktail donc dans les périmètres situés hors de portée des capteurs urbains comme Mezzavia, Confina  et dans la Vallée de la Gravona où la qualité de l'air respirée par la population impactée par le panache de la centrale du Vazzio a pu allègrement franchi les seuils réputés admissibles pour la santé humaine sans qu'on n'en sache rien, et pour cause: depuis octobre 2006, époque de la cession du matériel jusque là utilisé par EDF pour répondre à ses obligations de surveillance à Qualitair Corse, la surveillance a baissé en qualité et en quantité.

Car après avoir accepté sans aucune réserve les matériels cédés par EDF, Qualitair Corse les a retirés du réseau de mesures. 

Depuis 2006, la mesure des PM 10 n'est donc plus réalisée dans la vallée de la Gravona, et elle vient seulement d'être rétablie à Lucciana après 5 années sans mesures.

Evidemment, avec la fumée des petites cheminées rouges et blanches, la photo est bien moins attractive pour le touriste. Comme disait un précédent préfet: "Tout dépendra de la présentation qu'on en fera" . 

Malgré les courriers à la préfecture et les rappels en réunion du conseil d'administration de Qualitair Corse, le capteur qui permettait de mesurer la concentration en microparticules PM 10 à la station de mesure de Piataniccia n'a toujours pas été remis en service. 

Mais les poussières du Sahara sont sous contrôle! 

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Après Lézan, c'est à Paris que des échanges sur les choix énergétiques de l'avenir auront lieu au cours des universités d'été de SLC. Sauvons Le Climat bénéficie du soutien de l'opérateur historique. Merci à Stephan pour l'info et l'invitation.

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Pour finir cette fable envoyée par un internaute: 

 La crise des ânes. 


Un homme portant cravate se présenta un jour dans un village. Monté sur une caisse, il cria à qui voulait l'entendre qu'il achèterait cash 100 euros l'unité tous les ânes qu'on lui proposerait. Les paysans le trouvaient bien un peu étrange mais son prix était très intéressant et ceux qui topaient avec lui repartaient le portefeuille rebondi, la mine réjouie. Il revint le lendemain et offrit cette fois 150 € par tête, et là encore une grande partie des habitants lui vendirent leurs bêtes. Les jours suivants, il offrit 300 € et ceux qui ne l'avaient pas encore fait vendirent les derniers ânes existants. Constatant qu'il n'en restait plus un seul, il fit savoir qu'il reviendrait les acheter 500 € dans huit jours
et il quitta le village.

Le lendemain, il confia à son associé le troupeau qu'il venait d'acheter et l'envoya dans ce même village avec ordre de revendre les bêtes 400 € l'unité. Face à la possibilité de faire un bénéfice de 100 € dès la semaine suivante, les villageois rachetèrent leur âne quatre fois le prix qu'ils l'avaient vendu et pour ce faire, tous empruntèrent.

Comme il fallait s'y attendre, les deux hommes d'affaire s'en allèrent prendre des vacances méritées dans un paradis fiscal et tous les villageois se retrouvèrent avec des ânes sans valeur, endettés jusqu'au cou, ruinés. Les malheureux tentèrent vainement de les revendre pour rembourser leur emprunt. Le cours de l'âne s'effondra. Les animaux furent saisis puis loués à leurs précédents propriétaires par le banquier. Celui-ci pourtant s'en alla pleurer auprès du maire en expliquant que s'il ne rentrait pas dans ses fonds, il serait ruiné lui aussi et devrait exiger le remboursement immédiat de tous les prêts accordés à la commune.

Pour éviter ce désastre, le Maire, au lieu de donner de l'argent aux habitants du village pour qu'ils paient leurs dettes, le donna au banquier, ami intime et premier adjoint, soit dit en passant. Or celui-ci, après avoir rétabli sa trésorerie, ne fit pas pour autant un trait sur les dettes des villageois ni sur celles de la commune et tous se trouvèrent proches du surendettement.

Voyant sa note en passe d'être dégradée et pris à la gorge par les taux d'intérêts, la commune demanda l'aide des communes voisines, mais ces dernières lui répondirent qu'elles ne pouvaient en aucun cas l'aider car elles avaient connu les mêmes infortunes.

Sur les conseils avisés et "désintéressés" du banquier, toutes décidèrent de réduire leurs dépenses ; moins d'argent pour les écoles, pour les programmes sociaux, la voirie, la police municipale... On repoussa l'âge de départ à la retraite, on supprima des postes d'employés communaux, on baissa les salaires et parallèlement on augmenta les impôts. C'était, disait-on, inévitable mais on promit de moraliser ce scandaleux commerce des ânes.

Cette bien triste histoire prend tout son sel, quand on sait que le banquier et les deux escrocs sont frères et vivent ensemble sur une île des Bermudes, achetée à la sueur de leur front. On les appelle les frères Marchés. Très généreusement, ils ont promis de subventionner la campagne électorale des maires sortants.

Cette histoire n'est toutefois pas finie car on ignore ce que firent les villageois. Et vous, qu'auriez-vous fait à leur place?

Que ferez-vous??...

Pour nous retrouver tous sur la place de votre village samedi 15 octobre 2011 (journée internationale des indignés), faites déjà passer cette histoire à votre voisin et organisez des rassemblements...

 (d'après une fable espagnole dont l'auteur m'est inconnu)