Voici le compte rendu de la restitution.
 
Le processus a été brièvement expliqué notamment sur la partie auditions car il y avait un panel d'experts (dont Annie Sasco présente hier) et différents acteurs dont pour la première fois des juristes et économistes ce qui montre qu'ils ont l'air de vouloir anticiper sur ces dimensions de responsabilités et de coûts.

De ces auditions ils ont retenus quelques points majeurs:

- l'importance du sujet
- nécessité d'agir sans forcément toutes les preuves
- l'avis de l'AFSSET important pour dégager les priorités de travail
- qualité du travail de l'INSERM en octobre 2008
- l'insuffisances des données toxicologiques
 
Puis M. Guespereau a présenté leur travail sous 3 angles:

- reconnaissance de la part attribuable de l'environnement qu'il a qualifié de forte car une grosse masse de cancer ne sont expliqués par des facteurs avérés et donc il faut mettre le paquet sur les facteurs débatus qui eux sont nombreux pour les 9 cancers suivis (sur la base de l'expertise INSERM et pour lesquels les pesticides sont débatus dans 8 de ces cancers). Il a bien insisté sur le fait que les facteurs débatus sont en fait ceux où il y a des trous dans la connaissance de la complexité des mécanismes de cancérogénèse et que cela se traduit par une suspicion.

- approche réglementaire sur le danger qui doit être complétée par une approche par le risque dans le cas des CMR Cat 3. Ainsi il veut que ces cat3 soient prises en compte dans le processus, mais plutôt que d'attendre de lever la suspicion de travailler sur l'exposition à celle-ci pour en dégager les risques et  si ce risque devient inacceptable de les traiter comme des 1 ou 2. En complément il a indiqué que les Valeurs Limites d'Expo (VLE) seront révisées avec les nouvelles données. Tout cela s'inscrit dans un processus de substitution. Il a mis l'accent sur les expositions à long terme et la nécessité d'anticipation, ce qui passe par la détermination de bio-marqueurs de susceptibilité.

- prise en compte des inégalités géographiques et une approche coût-bénéfice. Il a bien rappelé que chaque cas de mésothéliome coute au FIVA 150 000 euros. Ainsi j'ai l'impression qu'ils essayent effectivement d'anticiper tout scandale sanitaire qui couterait à la société.
 
le Pr Lasfargues a ensuite présenté le résumé des recommandations où apparaissent en filigranne la dimension de perturbateurs endocriniens sous la chapeau des cancérogènes non génotoxiques et le suivi de effets transgénérationnels.

Il a repris l'importance de la multifactorialité et le fait que 2/3 des cancers restent inexpliqués. L'importance des publics intermédiaires ie les médecins généralistes qui ne sont pas assez "formés" et/ou sensibilisés. Sur la partie recherche l'accent est mis sur les mélanges de substances et ils explorent de nouvelles méthodologies d'expérimentation pour refléter la complexité.
 
Ont suivi quelques commentaires, dont Annie Sasco qui a ouvert le bal en saluant l'avancée de la position de l'ASSET par rapport à d'autres institutions. J'ai embrayé pour surligner l'avancée mais en regrettant la prise en compte assez timide des perturbateurs endocriniens et demandant à ce qu'il fasse l'objet d'une classification dans le cadre des cancers puis ai enchainé sur les pesticides dont on ne connait pas grand chose à l'heure actuelle et dont la plupart sur le marché actuellement ne sont même pas couverts par une VLE (en plus de l'inefficacité des protections individuelles) et qui ne font l'objet d'aucunes normes d'expo atmosphériques pour le grand public alors qu'ils sont débatus sur 8 des 9 cancers.
Sur les PE, Guespereau a indiqué que cela faisait partie d'une saisine à part et que l'INSERM et l'INVS vont être associés à cette saisine. Sur les pesticides ils ont bien confirmé qu'il y a beaucoup à faire.
 
La représentante de la CRII-REM a ensuite pris la parole pour souligner le besoin d'avoir un réseau de médecins pour faire remonter les informations pertinnentes, ce à quoi l'INVS a répondu que c'était plus difficile à mettre en place que le réseau de maladies infectieuses. Elle a ajouté que le mésothéliome allait être intégré dans les Déclarations Obligatoires de Maladies et rejoindre le saturnisme et la légionellose.
 
Christophe de Guérir.fr a indiqué vouloir faciliter cette remontée d'information et a proposé de faire à l'instar de l'empreinte écologique, une "empreinte cancérogène" avec un questionnaire en ligne ou une autre forme.

Cela a suscité un intérêt particulier mais Guespereau a indiqué que ce travail via des questionnaires n'est scientifiquement pas très bien vu et questionné. Néanmoins ce système de remontée doit aussi être encadré médicalement. L'INCA en a profité pour faire un laius sur la recherche-action, à savoir le dépistage qui reste important. L'INVS a indiqué qu'il fallait dans ce cadre faciliter la remontée d'info via les diagnostiqueur de l'environnement intérieur.

Enfin la dernière intervention fut de Mme Bertella-Geffroy qui a indiqué que nombre de plaintes qui sont déposées n'aboutissent pas à cause de l'incertitude et de l'opacité dans le milieu médical et donc qu'il faut travailler sur la prévention pour que des cas ne se déclarent pas. Ces plaintes sont d'ailleurs déposées sans qu'il y ait d'exposition professionnelle et donc que l'exposition se fait ailleurs.
 

 
Aurèle CLEMENCIN   Pesticides & Cancer    HEAL - MDGRF
 

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L'avis présenté hier par l'AFSSET risque d'en déranger plus d'un : la pollution de l'environnement est directement montré du doigt dans l'incidence des cancers, ce qui vient contrebalancer l'avis de l'Académie de médecine qui avait tendance à minimiser l'effet de l'environnement. Le Cniid était présent hier à la restitution où les rares industriels présents ont fait profil bas. Il faut savoir que cet avis arrive après un travail de titan de l'INSERM qui avait sorti un rapport de plus de 900 pages en octobre dernier.

Comme l'a dit le Directeur de l'AFSSET (sur le ton de l'ironie) : "avec la pollution de l'air, c'est 100% de la population qui est exposée et c'est difficile de substituer l'air et de ne plus le respirer". Il a notamment parlé des particules fines dont l'effet cancérogène est avéré (je vous renvoie à l'excellent doc de Gilles Nalbone sur les particules émises en qté importante par l'incinération mais non contrôlées). Pour les risques non avérés de certaines molécules, il est essentiel de ne pas attendre d'avoir de preuves de toxicité : le principe de précaution doit s'imposer.

Pour l'AFSSET, près des 2/3 des cancers ne sont pas expliqués et la mise en place de biomarqueurs est recommandée. De même, ils ont insisté sur la faiblesse des registres des cancers au niveau local, ce que nous dénonçons collectivement depuis longtemps. On pourrait rajouter la rétention par les autorités des données liées à la santé publique (cf la DRASS sur la pollution à l'Etang de Berre).

Une juge d'instruction présente (TGI de Paris) n'y a pas été par 4 chemins : elle a directement mis en cause les lobbies industriels dans les contentieux juridiques liés au question sanitaires.

Espérons que nos décideurs ne vont pas classer sans suite cet avis de l'AFSSET.

Sébastien LAPEYRE,  Directeur du Centre National d'Information Indépendante sur les Déchets (CNIID)

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Le lundi 3 août, rejoignez la flottille autour du Rainbow Warrior à Bonifacio, en Corse.

Greenpeace a besoin de vous !

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Pourquoi ?

Les Bouches de Bonifacio sont aujourd'hui exposées à des risques inacceptables : 3 000 navires par an traversent ce bras de mer dont 10 % chargés de matières dangereuses.
Greenpeace demande l'interdiction du transit de toute matière dangereuse dans les Bouches de Bonifacio.

Le sanctuaire Pelagos est depuis 10 ans un « sanctuaire fantôme » menacé par des activités dangereuses et sans aucune mesure de protection.


Greenpeace demande la création d'une réserve marine dans le sanctuaire des cétacés Pelagos : voir la carte.

En France, seulement 1 % de la surface de nos océans sont protégés : Mobilisons-nous pour la préservation de notre Méditerranée. Greenpeace défend la création d'un réseau de réserves marines sur 40 % de la Méditerranée. En savoir plus sur les demandes de Greenpeace

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1er août : Conférence publique à Bonifacio
2 août : Porto-Vecchio
3 août : Flottille autour du Rainbow Warrior à Bonifacio
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