Quelque chose a bougé en Corse. Au delà des clivages, des citoyens, des maires, des conseillers généraux, des conseillers territoriaux, se sont unis sur une problématique, dans ce cas d’ordre sanitaire et environnemental. L’intérêt général a été le ciment d’une démarche citoyenne dont l’impulsion ne relève pas d’une énième directive parisienne.
 
Car il faut bien reconnaître que le vote en 2005 du chimérique concept de centrale thermique au fuel à moteurs propres est révélateur de toute l’influence de Paris, et d’un lobbying forcené pour faire davantage peser dans la balance des intérêts financiers au détriment de l’intérêt général local.
 
Au sein des élus de proximité, la prise de conscience est réelle, et deux faits marquants le montrent. Le premier étant la résolution prise par les élus des communes les plus exposées de procéder à l’organisation d’un référendum d’initiative locale dans l’hypothèse où nos décideurs en matière d’énergie refuseraient à nouveau d’écouter la vox populi. Plus récemment la démission d’un conseiller municipal de Bastelicaccia, en désaccord avec une partie de l’équipe municipale qui, après avoir affiché durant la campagne des municipales un positionnement anti-centrale au fuel pour rester aux affaires, tombe les masques et trahit son électorat.
 
Pour l’heure, la commission présidée par Mme Jocelyne FAZI a la responsabilité d’examiner la motion déposée lors de la session de l’Assemblée de Corse des 5 et 6 juin 2008 . Ses travaux devraient être facilités par l’étude comparative sur les moyens de production annoncée par le président SANTINI pour fin avril 2008. Pour l’instant les associations n’ont pas été invitées à participer à ces travaux, pas plus d’ailleurs qu’aux commissions annoncées par le préfet en février.
 
Alors à son tour, l’Assemblée Territoriale, et donc la Corse, réussira-t-elle à s’affranchir du carcan d’une simili-décentralisation qui la cantonne à l’affichage de mesurettes et inhibe toute initiative locale ? Même lorsqu’il s’agit de réduire les niveaux de pollution que les centrales au fuel font subir à la Corse et à ses habitants depuis 30 ans?
 
Alors un peu de bon sens : les mesures bien concrètes de réduction de la pollution, et donc de la consommation d’un fuel devenu trop cher seront beaucoup plus efficaces que les très coûteuses campagnes publicitaires sur le développement durable financées avec le denier public et sans aucun résultat mesurable. A part sur la bétonisation du littoral Bonifacien, pour le bonheur d'un publicitaire.