Le groupe américain vient de se voir confier la fourniture de trois turbines à gaz en France et de trois autres au Royaume-Uni, avec des options pour quatre unités supplémentaires. Au total, le contrat pourrait dépasser les 900 millions d'euros.
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Un partenariat de long terme se dessine entre EDF et General Electric (GE). A l'issue d'un appel d'offres, l'électricien tricolore vient de confier au conglomérat américain la construction d'une dizaine de turbines à gaz, destinées à équiper ses futures centrales à cycle combiné. D'un montant de 530 millions d'euros, ce contrat, que GE n'hésite pas à qualifier d'historique, comprend trois commandes fermes sur le territoire français, trois autres au Royaume-Uni. Si les options pour quatre unités supplémentaires sont exercées, le total dépasserait 900 millions d'euros.

L'accord prévoit « l'assistance sur site » pendant les phases de montage et de mise en service, ainsi que la maintenance des unités et la fourniture des pièces de rechange pendant une période de douze ans. Une excellente nouvelle pour l'usine GE de Belfort, qui sera chargée de ces contrats et de leur suivi. Le site franc-comtois, qui compte à ce jour 1.700 salariés, devrait recruter 200 collaborateurs pour faire face à l'afflux actuel de commandes. Se réjouissant de l'accord conclu avec l'électricien tricolore, le président de GE Energy pour l'Europe de l'Ouest et l'Afrique du Nord, Ricardo Cordoba, a indiqué hier que son groupe afficherait cette année un volume record de commandes sur le Vieux Continent, à plus de 4,3 milliards d'euros.

Une logique de groupe

EDF avait annoncé dès le mois de juin son intention de construire trois centrales à gaz dans l'Hexagone. D'ici à 2010, l'opérateur historique a notamment prévu de mettre en service une unité de 440 mégawatts (MW) à Blénod-lès-Pont-à-Mousson, en Lorraine. Parallèlement, la centrale au fioul de Martigues (Bouches-du-Rhône) va être transformée en deux cycles combinés gaz, d'une puissance totale de 930 MW. Ce sont ces trois premiers chantiers qui viennent d'être accordés à GE.

D'autres suivront, et pas seulement au Royaume-Uni. Pour EDF, la commande passée à General Electric s'inscrit en effet dans une logique de groupe, à l'échelle européenne. Comme il l'a fait avec Alstom pour son parc de centrales nucléaires, l'électricien tricolore amorce avec GE la construction d'un parc standardisé de centrales à gaz à cycle combiné. Edison, la filiale italienne d'EDF, exploite déjà des centrales de ce type, construites par l'industriel américain. En France, au Royaume-Uni, et peut-être demain, ailleurs, en Europe, l'idée est de dupliquer le même modèle de turbines, pour faire jouer pleinement « l'effet standardisation ». Un gage d'efficacité et de productivité pour un exploitant de centrales électriques.

En remportant ce contrat, GE vient donc de préempter pour plusieurs années le marché des futures centrales à gaz d'EDF. Ses concurrents auront d'autres opportunités à saisir. Sur le seul marché français, une dizaine de centrales à cycle combiné sont d'ores et déjà programmées : Suez et Gaz de France, qui projettent de construire des centrales dans le sud de la France et près du terminal gazier de Montoir-de-Bretagne (Loire-Atlantique), ont plutôt fait le choix de la technologie Alstom, jusqu'à présent. D'autres se sont tournés vers l'allemand Siemens. C'est le cas de Poweo, qui a engagé la construction d'une centrale à gaz près de Maubeuge (Nord). C'est aussi celui d'Endesa France (l'ex-SNET), qui a officialisé voilà deux semaines la construction de deux centrales à cycle combiné d'une puissance totale de 860 MW à Saint-Avold (Lorraine).

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http://www.lesechos.fr/info/energie/4633020.htm