La centrale thermique au fuel du VAZZIO, malgré la mobilisation liée au rejet qu’elle a suscité au sein de la population, émet depuis trente ans des polluants reconnus hautement cancérigènes, potentiellement mutagènes et néfastes pour notre environnement. Les effets de cette pollution, constatés par le corps médical démontrent malheureusement :
 
-          que la communication d’EDF, juge et partie sur le degré de nocivité et le volume des émissions, a été et reste mensongère. Le silence opposé à notre demande d’enquête épidémiologique, aggrave l'opacité existante et accentue la désinformation qui caractérisent la communication préfectorale sur ce dossier.
 
-          que les régimes dérogatoires scandaleusement bienveillants et la mise en place, trop tardive, de mesures correctives souvent inopérantes ont porté atteinte à la santé de la population du bassin de vie ajaccien, en maintenant un niveau d’exposition sans égal en métropole.
 
L’acceptation de l’implantation d’un VAZZIO Bis, plus propre selon EDF, à BASTELICACCIA, à proximité immédiate d’habitations, d’un groupe scolaire, d’une crèche, d’un complexe sportif, sur un terrain à vocation agricole, sans aucune étude de dispersion des polluants, apparaît dès lors comme une mise en danger de la population.
 
Sur le plan sanitaire et environnemental, le bilan de 30 années d’émission de polluants au niveau des effets constatés à court et moyen terme, ainsi que les conséquences durables pressenties, sont catastrophiques. La révélation en 2003 d’un rapport EDF sur les émissions de la centrale, et les relevés réalisés par AIRMARAIX en 2005 sur la station de PIATANICCIA confirment les observations des professionnels de la santé :
 
- La quantité et la nocivité des polluants émis par la centrale thermique et absorbés en régime dérogatoire par la population depuis trente ans, ont des répercussions immédiates sur l’altération de la fonction respiration chez l’enfant, l’irritation des voies respiratoires inférieures, des effets cancérigènes à moyen terme, des effets mutagènes irréversibles et sont la cause d’une mortalité prématurée estimée à 7 %.
 
- La très mauvaise dispersion de ces polluants en favorise la stagnation en milieu rural, au cœur du bassin de vie Ajaccien, à des niveaux comparables à ceux de grands sites urbains comme Marseille ou Avignon. Outre le fait que cette pollution souille définitivement les sols et le milieu naturel, elle se retrouve inévitablement dans la chaine alimentaire dont nous sommes le dernier maillon.
 
Si les trop tardives mesures correctives apportées par EDF, sous la pression des associations, ont permis de réduire les rejets, elles ne gommeront pas les atteintes définitives à la santé. Il serait donc criminel, sous le prétexte fallacieux d’attendre l’arrivée du GALSI et pour obéir en réalité à des considérations d’ordre économique, d’aggraver une situation sanitaire déjà très préoccupante.
 
 
Reste que si la Corse a besoin d’électricité, elle doit réussir à la produire en réduisant les nuisances au maximum et opter pour des moyens moins archaïques que ceux envisagés.
 
Alors, les turbines à gaz à cycle combiné qui offrent un rendement nettement supérieur aux moteurs diesel, et rejettent des volumes moins importants et moins nocifs de polluants sont une alternative. La décision de changer le cap de notre politique énergétique apporterait sans conteste la preuve de la bonne foi du tandem politique Assemblée de Corse et Etat Français, preuve nécessaire pour que les Corses puissent réellement croire à la future desserte de la Corse par le GALSI. En attendant la concrétisation de ce raccordement, les dispositions permettant d’alimenter en gaz les futures turbines dès leur démarrage devront être mises en œuvre.
 
 
Cette partie du trépied énergétique n’assurant pas l’intégralité de la production électrique, les recours aux ENR et la maitrise de l’énergie restent à mettre en œuvre, car dans ces domaines d’avenir les réalisations exemplaires se généralisent partout, mais pas encore ou insuffisamment en Corse. C’est toute la stratégie de la politique énergétique de la Corse qu’il faudrait revoir pour orienter la Corse vers des solutions d’avenir qui soient compatibles avec l’environnement qu’elle doit préserver afin de pouvoir maintenir son axe de développement économique qu’est le tourisme.
 
La large adhésion de la population à la démarche du collectif ARIA LINDA, dès sa création, montre à l’évidence que la gravité de la situation, en dépassant tous les clivages, a cristallisé toutes les sensibilités pour dire :
 
NON au VAZZIO Bis,
 
Fuel Basta.
 
Le refus de subir une pollution par les émissions d’une centrale fonctionnant au fuel lourd dépasse largement les clivages politiques. Les malades et les morts ne sont ni de droite, ni de gauche, ni d’ailleurs. Ils habitent tout simplement à un endroit où des irresponsables ont décidé, pour de sordides considérations économiques, que le profit prime sur les individus. C’est pourquoi, faisant taire leurs sensibilités, les conseillers territoriaux, Jean Louis LUCIANI, Jean BIANCUCCI et Antoine OTTAVI, qui participent activement à la démarche de notre collectif au côté d’élus de nombreuses communes, ont déposé un projet de motion qui sera débattu lors de la prochaine séance de l’Assemblée de Corse des 7 et 8 février 2008.
 
 
La suite que l’Assemblée de Corse réservera à cette motion sera le révélateur de sa volonté politique de prendre en compte les problèmes de santé publique et d’éviter la mise en danger de la population.
 
 
Le Conseil Général de la Corse du sud sera également invité à émettre un avis sur ce dossier, par une sollicitation du conseiller général Alexandre SARROLA, figurant au rang des premiers opposants déclarés à l’implantation de la centrale à fuel lourd, et qui contribue également efficacement par son assiduité et sa réflexion à l’action d’ARIA LINDA.