Association Aria linda

mercredi 23 juin 2010

GALSI en DANGER? " Ce sera du gaz naturel ou .......du GNL"

Un internaute anonyme nous a adressé un article de la presse Italienne dont voici une traduction approchée :

http://www.sardegnademocratica.it/notizia.html?notizia=3656

« Selon 22 parlementaires Italiens de l’opposition qui se sont adressés à leur ministre du développement économique, la réalisation du gazoduc Galsi entre l'Algérie et l'Italie est en danger.

Un représentant d'Edison qui fait partie du consortium GALSI a remis le 15 juin 2010, au cours d’une commission Chambre-Sénat un  document qui indique que l’incertitude sur les prix pour les contrats à long terme pourrait remettre en question la réalisation de nouvelles infrastructures d'approvisionnement gazier, bien qu'ils contribuent à la sûreté et à la diversification des sources pour l'Italie et aussi l'Europe. La réalisation du GALSI serait particulièrement concernée.

Ces députés demandent si les informations communiquées par le représentant d'Edison concernant l’éventuelle suspension du projet de gazoduc entre l'Algérie et l'Italie au profit du projet ITER sont fondées. Ils veulent également savoir si des initiatives, ont déjà été prises et connaitre la position du  gouvernement Italien en vue d’éviter cette éventualité dramatique qui maintiendrait définitivement le système de production  actuel et  contraindrait toutes les familles Sardes à continuer à payer l'énergie à un prix nettement supérieur à celui pratiqué dans le reste de l’Italie. »

En fait, si le financement du projet ITER, qui devrait être cofinancé  par l'Europe, les Etats-Unis, le Japon, la Russie, la Chine, l'Inde et la Corée du Sud, est compromis, c’est surtout parce que son coût initial grossit à vue d’œil.

Le prototype des réacteurs thermonucléaires censés produire l'énergie de demain se révèle long à mettre sur les rails, et la crise que traverse l'Europe plombe sa participation financière. Du côté de la communauté scientifique, le bien fondé de l’opération n’apparait plus aussi évident. Idem du côté des financiers.

C’est donc toute l’Europe qui est en phase probatoire devant le reste du monde

Cela permet-il d’établir une relation de cause à effet ITER-GALSI qui menacerait le financement coté Italien, mais aussi côté Français comme le distille notre internaute ?

Celui-ci insinue même que Borloo et EDF maintiennent la population Corse dans la désinformation alors qu’ils connaitraient parfaitement ce risque de non réalisation du GALSI.

Cela en tout cas conforte l’idée que la Collectivité Territoriale de Corse doit exiger la conduite d'une étude de faisabilité pour l'alimentation des futures au GNL pour ne pas courir le risque "gaz naturel ou rien".

Il faut que la CTC impose l'étude du plan B « micro-chaine GNL » proposé par les associations, et dont le Préfet de Région l'a rendue destinataire lors du dernier conseil énergétique. Cette pré-étude, qui a été réalisée en 2006 par le bureau d'études IED à le demande du CE d'EDF, concluait par tableau comparatif montrant l'intérêt égal des deux solutions.

Et que pour éviter un potentiel fiasco du type « gaz naturel ou rien » il faut rapidement étudier « gaz naturel ou GNL » en amont du lancement du débat public voulu par le Préfet de Région sous l'égide de la CNDP.

Sinon, ce sera " fioul lourd et rien".

Selon le directeur d'EDF, la CRE n'accepterait pas de financer les surcoûts liés à l'utilisation du fioul léger, alors qu'elle serait prête à lui accorder 36 M€ pour financer une bien inutile conversion, après un démarrage au fioul lourd........évidement.

Non, ce n'est pas pareil le fioul lourd et le fioul léger..........

Le directeur d'EDF, lors du dernier conseil énergétique, s'était publiquement interrogé sur "la posture des associations"  qui veulent que le fioul léger soit utilisé en lieu et place du fioul lourd.

L'enjeu pour les associations est sanitaire: réduire la concentration en polluants émis par les centrales thermiques permettra de réduire leur impact sanitaire sur la population. 

La demande des associations, est-elle aussi peu fondée que l'affirme ce spécialiste?

Comparons les valeurs limites d'émission, VLE,  fixées par l'arrêté préfectoral 05-1079 du 28 juillet 2005 en ce qui concerne d'une part, les émissions des moteurs diesel, et d'autre part la turbine à combustion utilisées à la centrale du Vazzio, fixées par l'arrêté préfectoral 07-1152 du 08 août 2007

 

Sous forme d'un petit tableau ça donne ça:

 

           
    Moyen de production   Moteurs diesel    Chaudières     Turbine à Combustion
  Combustible   Fioul lourd   Fioul lourd      Fioul léger
  VLE exprimée en  mg/m3 à 5 % d'O2   mg/m3 à 3 %   d'O2      mg/m3 à 15 % d'O2
Polluants      
  SOx    1500    1500             120
  NOx    1900   1900             120
  Ammoniac       30    
  CO Monoxyde de carbone     650                 85
  Poussières totales     100     100               15
  Métaux lourds       20        20               20
  HAP         0,1             0,1                 0,1
  COV  sauf méthane     150      
           

Il faut souligner que les chaudières permettent de réchauffer le fioul lourd qui est injecté dans les moteurs. Contrairement à celles des moteurs, les émissions de ces chaudières ne traversent pas les catalyseurs SCR (où est injectée de l'urée qui abaisse la concentration en NOx, et ressort sous forme d'émisson ammoniaquée) et ne sont pas donc pas "dénoxées". C'est pour cela que le tableau ne comporte pas de rejets d'ammoniac pour les chaudières.

Et si le tableau ne comporte pas d'ammoniac pour les TAC, les turbines à combustion qui fonctionnent au fioul léger, c'est tout simplement lié à leur émissivité acceptable au sens des VLE, et qu'elles ne nécessitent donc pas de catalyseurs SCR.

Eloquant, non?

Reste à souhaiter que les récents propos du Président de la République s'appliquent aussi à la Corse :

"Cela fait des décennies que, dans notre pays, en vérité, on a joué avec la vie de victimes potentielles en faisant appliquer des règlements selon certaines modalités et en n'appliquant pas des règlements parce qu'on trouvait que ça gênait des habitudes."

Mais revenons au ras des paquerettes et de ce même directeur qui refuse également de reconnaitre qu'EDF bénéficie d'une dérogation! Il suffit de lire ce qu'écrit la DRIRE en 2005 à la page 6.

Revue de presse.......

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