Association Aria linda

samedi 17 février 2018

EDF, Engie et la DGEC mettent les gaz


Vrai ou faux,
10 à 15 jours de réserve c'est :

pour alimenter les 2 centrales thermiques?
ou
pour alimenter Ajaccio et Bastia en gaz de ville?



Le gazoduc censé relier Bastia à Ajaccio en 2023, long de 200 km et d'un diamètre de 0,4 m, pourrait-il servir de réserve gazométrique (stockage de gaz) en cas de coupure de gaz? Et pour quel usage?





Alors qu'il fallait évaluer la capacité du gazoduc à supplanter les cuves du Loretto, la DGEC (ministère) aurait répondu par la négative.  De cette réponse aurait résulté un avis favorable au déplacement des cuves du Loretto pour un coût aujourd'hui annoncé de 110 millions d'€.

Un investissement qui enlève de l'intérêt à la construction du gazoduc puisqu'il le prive d'une utilisation d'environ 4 % supplémentaires à la consommation des moyens thermiques de production d'électricité.

Là où ça coince, intellectuellement parlant, c'est que les hommes de l'art (EDF), contrairement aux neuneux des associations, estiment que le gazoduc aurait une capacité de 10 à 15 jours pour alimenter les moyens de production thermiques insulaires: Vazzio bis, Lucciana et turbine à combustion. Nous avons fait le calcul pour les 2 centrales.


Le calcul des potaches des associations



Si nos calculs, résumés dans le petit tableau ci-dessus, qui corroborent ceux des gaziers sont exacts, le tuyau de 200 km ne pourrait pas alimenter les 2 centrales plus de 25 h. Soit à peine plus d'un 1 jour.

Donc, Messieurs de la DGEC et Messieurs les hommes de l'art, le délai de 10 à 15 jours ne semble pouvoir s'appliquer qu'à la distribution en gaz de ville.



Engie,
vers une hausse du prix du gaz de Loretto?

Engie de Paris (Engie est en Corse sous la houlette du Directeur d'EDF) sera en Corse la semaine prochaine pour nous convaincre du bien fondé de l'investissement de Loretto. Une curiosité alors que le prix actuel du gaz dans l'île place la Corse en tête des régions françaises les plus chères.

Avec pour conséquence économique sur la précarité énergétique, et sociale, de placer le chauffage au gaz au même niveau de prix que le chauffage électrique.
D'autant plus curieux qu'Engie annonce perdre de l'argent en Corse. Et comme la CRE demande de la rentabilité, il va leur falloir justifier une hausse des coûts. Pas facile l'exercice!


Un syndicat "en phase" avec sa direction?


On aura remarqué qu'un des syndicat d'EDF ne s'est exprimé, lors du CEAC en présence du PDG d'EDF, que évoquer ses préoccupations sur la reconduction des anciens contrats gaziers que le monde des hommes de l'art croyait à tacite reconduction.

Et aussi avec beaucoup de poésie sur les barrages. Mais rien sur de l'arrivée du gaz naturel!   

 

lundi 12 février 2018

Sale business en Pologne! Ah, c'est mieux en Corse?

 


charbon:

sale business


Deux ans après que la plupart des nations du monde se soient mises d'accord lors de la COP 21 pour maintenir le réchauffement climatique en dessous de 2° C, des associations européennes dénoncent le torpillage de certaines compagnies d'assurance (notamment AXA pour la France) qui continueraient à soutenir le développement de nouvelles capacités de charbon en Pologne.

lien vers l'article


En Pologne, EDF céderait son activité à base de charbon et de houille: lundi 13 novembre 2017, l’énergéticien public polonais PGE annonçait la finalisation de la reprise des activités d’EDF Polska dans le charbon et le gaz pour un montant fixé à un milliard d’euros.

EDF Polska est concerné par quatre centrales électriques et thermiques, une centrale à charbon, et 50% de participation dans Kogeneracja, propriétaire de quatre autres centrales thermiques et électriques. PGE a aussi également finalisé l'acquisition de la centrale électrique à houille de Rybnik de l’opérateur français EDF. EDF maintient sa présence en Pologne via ses filiales EDF Énergies Nouvelles et Dalkia.

PGE envisagerait de construire 5,260 MW de nouvelles capacités de charbon, ce qui ferait du groupe le numéro un de l’expansion du charbon en Europe.


                                

fioul:


 business propre?



Ces associations européennes ignorent probablement qu'EDF assimile le fonctionnement des centrales au fioul à celui des centrales à charbon.

Elles doivent considérer qu'une activité rémunérée à 11% des capitaux investis, c'est pas vraiment du business!


mercredi 7 février 2018

Gazu naturale: a funa s’allunga, simu à a strinta di u saccu,

Gazu naturale: a funa s’allunga,

simu à a strinta di u saccu


L'Inspection Générale des Finances, le Conseil Général de l'Environnement et du Développement Durable, et le Conseil Général de l'Economie de l'Energie et des Technologies ont été missionnés par le gouvernement et cosigné, au mois d'octobre 2017, un rapport sur la Péréquation tarifaire de l'électricité avec les zones non interconnectées (ZNI).



1)  L’ensemble de la démonstration s’appuie sur un postulat (à l'avantage d’EDF, notamment la situation de monopole dans l’ile et les 11 % de rémunération) :

 

·        La Corse est considérée par EDF comme une ZNI, zone non interconnectée, car petit réseau isolé au sens de la directive européenne n° 2009/72/CE du 13 juillet 2009.

 

·        Or, avec 31 % d’interconnexion avec l’Italie, EDF en Corse est largement au dessus de la limite dérogatoire de 5 %. De plus la directive européenne, contrairement à sa transposition française, n’a restreint la notion d’interconnexion avec les réseaux européens au seul réseau métropolitain français.


 Le rapport rappelle que les interventions relatives à ce postulat n’ont toujours pas été arbitrées :

 

·        La France a demandé à la Commission européenne le 27 juillet 2004 que la Corse soit considérée comme un « petit réseau isolé » au sens de la directive n° 2003/54/CE du 26 juin 2003, mais cette demande demeure sans réponse à la date de la mission.


 ·        Mme Michèle Rivasi, députée européenne, a demandé en février 2010 à la Commission si le statut de ZNI de la Corse était conforme au droit communautaire.


 ·        Une demande d’information a été adressée aux autorités françaises le 20 mai 2010, à laquelle une réponse a été apportée par la direction de l’énergie et du climat le 27 décembre 2010.


·        Aucune suite n’a été donnée à ces démarches à la date de la mission.

 

2) Les manoeuvres de remise en cause de la péréquation tarifaire,  pour les ZNI (et donc plus particulièrement au désavantage de la Corse), commencent à se concrétiser :

 

La solidarité avec les ZNI coute cher et va encore, selon EDF,  augmenter de 30 % à l’horizon 2023 (notamment en Corse : surcout de 581 M€ par rapport à ce qui est jugé nécessaire 394 M€.

Des mesures de remise en cause de la tarification applicable aux  abonnés corses à + de 36 KVA sont déjà proposées par la CRE.

 

On peut remarquer que les comparaisons en surcout se font toujours avec « le cout de production normal et complet de l’électricité » attribué notamment au cout de l’électricité nucléaire.......toujours largement sous estimé. Alors même que ce cout réel est connu tel celui annoncé pour les centrales EPR d'Hinkley Point en Grande Bretagne.

 




3) La surestimation des moyens de production (PPE Corse) est pontée du doigt :

Une centrale thermique du Vazzio qui passe de 130 à 250 MW avec un surcout, pour la CSPE toujours à l’étude, et en instruction début 2018. Alors même que l’impact financier de l’infrastructure gazière n’a été ni finement appréhendé, ni validé.

 

 

 

4) Mix Corse : le détail des couts de production et d’achat d’électricité pour l’année 2015 montre:

 

·        que l’interconnexion, qui ne pèse que 31% du mix insulaire, représente 41 % du cout global,

 

·        que la production thermique à base de fioul, qui pèse 45 % du mix insulaire, utilise un combustible qui ne représente que 17 % du cout global.

 

·        Que les EnR ne pèsent que pour 15 % du cout global, alors qu’ils constitueraient 22 % du mix.

 

·        que la rémunération des capitaux à 11% représente déjà 9 % du cout global, alors que les investissements prévus ou souhaités (centrale du Vazzio et chaine gazière) n’impactent pas encore les couts.




L’import d’électricité par les câbles coute donc beaucoup plus cher que la production locale. Revoir le trépied ou le contrat d’achat?

 

 


 

vendredi 26 janvier 2018

Objectif gaz en 2023: on nous fait savoir que le grain est déjà dans l'engrenage.

C'est tellement devenu un grand classique dans la stratégie de communication et dans les éléments de langage officiels qu'on pourrait presque s'étonner du retard à les mettre à nouveau en oeuvre dans le dossier de l'alimentation en gaz de la Corse.

Pourtant, le créneau de distillation de rumeurs de glissement du planning de réalisation de la chaine gazière ne semble pas avoir été choisi au hasard: la récente dégradation de la météo politique entre la Corse et le pays ami offrirait une fenêtre de tir probablement escomptée. Sans aucune préméditation.

Et c'est même avec une certaine insistance que les auteurs de cette rumeur la font parvenir jusqu'à nos oreilles.

Pour qu'à notre tour nous en soyons benoitement, les relais inconscients.

Au chemin des vignobles, les convives pourraient en avoir vent, à défaut de gaz.

mercredi 17 janvier 2018

La CRE, qui y aurait consulté des acteurs locaux, propose de modifier la tarification de l'électricité en Corse.

Une délibération de la Commission de régulation de l’énergie (CRE) propose aux ministres de l’énergie et de l’économie une évolution des tarifs réglementés de vente d’électricité (TRV). . La délibération de la CRE

Le document est assez explicite sur les cibles: "En France métropolitaine continentale, les tarifs réglementés de vente d’électricité (TRV) bénéficient aux clients souscrivant une puissance inférieure ou égale à 36 kVA. Dans les zones non interconnectées au réseau métropolitain continental (ZNI), les tarifs réglementés de vente d’électricité bénéficient à l’ensemble des clients finals."

Et la CRE indique avoir lancé, concernant l’évolution des TRV en ZNI, des consultations publiques qui avaient incité des acteurs locaux à s'impliquer activement dans les travaux de construction des TRV. Avec les collectivités locales écrit la CRE, une première réunion de concertation a eu lieu en mai 2017, et une seconde réunion devrait être organisée en début d’année 2018.

Des conséquences à la hausses sur certaines factures?

Il semble que oui puisque la CRE précise: "Afin d’éviter de trop fortes variations de factures pour certains clients liées au passage vers l’option « TE », la CRE envisage de réaliser un lissage sur plusieurs années de la structure des options « historiques » vers une cible cohérente avec les fondamentaux économiques des parcs de production, avant de mettre ces options en extinction."


Ci dessous, le tableau relatif aux ZNI fait apparaitre de significatives différences: