Si vous n'avez pas suivi "l'Oeil du 20 h" sur France 2 le jeudi 13 février, Aria linda vous conseille de le retrouver en cliquant sur ce lien 
Le sujet relatif à la pollution des navires débute vers la 17 eme minute.
 
Le reportage a le mérite d'exister et de rendre public un nouveau diesel gate, d'une ampleur bien supérieure à celui qui révélé la tromperie des industriels pourvoyeurs de véhicules diesel terrestres "propres"

Mais après avoir révélé cette première supercherie, la presse retombe dans le panneau par un manque de connaissance du sujet. Certes le sujet est complexe, ce qui aurait nécessité de se documenter préalablement pour éviter de relayer des idées reçues.

Le journaliste parle de "système de cheminées filtrantes" alors qu'il s'agit de tours de lavage des fumées utilisant l'eau de mer pour précipiter les particules. Les eaux souillées sont rejetées à la mer.

En suite vient la confusion la plus répendue " Depuis le 1er janvier 2020...... les navires ont du réduire leurs émissions de soufre de 3,5 % à 0.5 %,   7 fois moins ".

Or la réduction évoquée de 3,5% à 0,5 % décidée par l'OMI ne s'applique pas aux rejets après combustion. Elle  concerne la réduction de la teneur massique en soufre du fioul lourd souté par les navires, avant combustion, et brulé dans les moteurs diesel des navires.

La nuance subtile est que cette réglementation de l'OMI comporte une dérogation à l'obligation d'utiliser un fioul lourd à 0,5 % moins chargé en soufre:

les navires qui seraient équipés de "dispositifs de réduction de la pollution" permettant d'obtenir une réduction équivalente à celle obtenue par un passage au fioul à 0,5 % pourraient passer à un fioul à 3,5 % de teneur en soufre.   Une formidable régression pour l'environnement et la santé qui concerne même les navires qui utilisaient déjà un fioul à 1,5 % de teneur en soufre. L'intérêt pour les armateurs est d'éviter à une exploitation avec un fioul à 0,5 % de soufre " deux fois plus cher".

Il faut remarquer, ce n'est pas anodin, que l'OMI indique d'une part que la réduction effective des émissions par les "dispositifs de réduction de la pollution" doit être démontrée. L'OMI indique d'autre part que l'adoption (ou le rejet) de cette dérogation est laissé, sur leur zone d'influence, à la libre acceptation par les Etats, pays ou territoires impactés.

Dans le reportage, le responsable de Corsica Linea répond au journaliste qui évoque une transposition de la pollution atmosphèrique vers le milieu marin par une allégation: "La réaction chimique fait que vous rejetez à la mer quelque chose qui est propre".

Ce responsable a déjà publiquement indiqué l'intention de sa compagnie de demander à la Collectivité de Corse DC de l'aider financièrement.

De quoi donner des idées à l'exploitant des centrales thermiques de Corse astreints à utiliser du 0,5 %!