PPA de la région ajaccienne


soumis à enquête publique


lien vers le registre dématérialisé



Observations et avis

de l’association Aria Linda


Polluant majeur de l'atmosphère le dioxyde d’azote, notamment produit par les moteurs thermiques, est la cible privilégiée de la pollution automobile observée dans les grandes villes de métropole par le réseau ATMO.

Aussi, comme l’indique explicitement la notice, ce projet de PPA avait d’emblée pour objectif principal la baisse des concentration en oxydes d’azote. Moins de 6 mois ont donc suffi pour corréler dépassements mesurés et modélisations pour ce polluant. Au vu des premiers résultats le CGEDD aurait de fait confirmé que le plan n’était pas soumis à évaluation environnementale.

En plus du seul réseau routier qui recevrait « plus de 63000 véhicules/jour » (combustion de fioul léger), la ville d’Ajaccio concentre sur son territoire un port intra-muros (combustion de fioul lourd), une sénescente centrale thermique maintenant rattrapée par l’urbanisation et la proximité d’ERP sensibles (combustion de fioul lourd), un aéroport (combustion de kérosène). S’y ajoute une pratique du brûlage de biomasse, et de matériaux de déconstruction, qui n’est administrativement interdite que durant la saison estivale.

En focalisant sur l’arbre qui cache la forêt que sont les irritants oxydes d’azotes, ce projet de PPA est largement déconnecté de la réalité du niveau d’impact sanitaire le plus significatif et le plus préoccupant d’une autre pollution.

Une pollution cancérigène massivement émise sur le périmètre et pour lesquelles une protection de la population est effectivement nécessaire :

  - Ce sont bien les particules diesel qui ont été classés cancérigènes avérés par l’OMS.

  - Les particules diesel de petite taille, PM 2,5, PM 1 qui sont les plus impactantes pour la santé humaine ne figurent pas dans la mesure obligatoire sur le territoire concerné et n’ont donc pas, ou très insuffisamment, été mesurées. Pour la même concentration en masse mesurée dans un mètre cube d’air, le nombre de particules PM 2,5, et PM 1 est très significativement plus important que celui des PM10. Plus les particules sont fines, plus elles s’introduisent irrémédiablement dans les alvéoles pulmonaires.

  - La localisation des capteurs fixes ne peut valablement rendre compte de la pollution sur l’ensemble du périmètre et de la population concernée, notamment en ce qui concerne la surveillance industrielle.


Consciente de ce manquement la DREAL, en date du 28 avril 2017, a adressé à l’AASQA et à EDF un courrier dont les recommandations, si elles avaient été respectées, auraient pu permettre de répondre aux prescriptions de l’article R. 222-15 et notamment de la première à savoir que les plans de protection de l’atmosphère doivent comprendre les documents et informations suivants :

1 Des informations générales relatives à la superficie et à la topographie de l’agglomération ou de la zone concernée, à l’occupation des sols, à la population exposée à la pollution, aux activités exercées, au climat et aux phénomènes météorologiques, aux milieux naturels, aux groupes de personnes particulièrement sensibles à la pollution et autres cibles qui doivent être protégées, ainsi qu’aux effets de la qualité de l’air sur la santé.


Le PPA nouveau continue donc, comme les précédents, à négliger l’impact des particules fines issues de la combustion des diesels, notamment de ceux qui permettent d’assurer plus de 30 % de la consommation électrique. Des diesels dont les émissions ne sont comptabilisées que durant les phases de régime stabilisé de leur fonctionnement, contre l’avis exprimé par l’ingénieur du génie sanitaire de la DSS (actuelle ARS) en 2005 qui souhaitait que les émissions produites durant les nombreuses phases de démarrage et d’arrêt des moteurs soient également comptabilisés dans le bilan des émissions déclarées de la centrale thermique.

Depuis 40 ans, la connaissance de la qualité de l’air et l’information du public sur la qualité de l’air ne sont donc pas conformes à la réglementation du fait notamment d’une contestable et contestée localisation de la cabine de mesure dédiée à la surveillance industrielle. Une mesure restée longtemps défaillante et située à 5 km du point de rejet des émissions gazeuses de la centrale thermique du Vazzio.

Une défaillance dans la surveillance des PM10, du fait de la localisation de son capteur situé de surcroît dans une zone trop largement impactée par les émissions des carrières proches pour pouvoir rendre objectivement compte de l’impact de la pollution particulaire émise par la centrale thermique du Vazzio.

Ne prenant pas en compte la part significative des émissions liées à la production électrique d’origine thermique, ce plan n’est donc pas en accord avec l’article R.222-14 qui précise :

Les plans de protection de l’atmosphère rassemblent les informations nécessaires à leur établissement, fixent les objectifs à atteindre et énumèrent les mesures préventives et correctives, d’application temporaire ou permanente, pouvant être prises en vue de réduire les émissions des sources de pollution atmosphérique, d’utiliser l’énergie de manière rationnelle et d’atteindre les objectifs fixés dans le respect des normes de qualité de l’air.

Ce plan devrait normalement avoir une incidence sur la surveillance de l’impact de la qualité de l’air de la centrale qui remplacera, après 2023, celle du Vazzio. Il est intéressant d’observer que l’importance des pics horaires récemment constatés sur la cabine de mesure de Lucciana témoigne du manque de fiabilité de la réduction annoncée des émissions de la nouvelle centrale à moteurs diesel, dit propres, alors même qu’elle est déjà alimentée par du fioul léger.


Alors que la France semble favorable à la demande d’instauration d’une zone SECA en Méditerranée, la situation de ville portuaire d’Ajaccio continue d’exposer sa population aux émissions des navires qui sont encore équipés de diesels alimentés au fioul lourd. A ces émissions de particules fines s’ajoutent celles du trafic automobile, ferroviaire, aérien, de la production électrique et celles des autres formes de combustions. Pour l’instant l’impact d’un incinérateur, encore une combustion potentielle, ne contribue pas à l’élaboration d’un cocktail déjà bien nuisible à la santé.

De plus, bien qu’une « action de réduction des émissions des carrières de la zone de Baléone » soit évoquée dans le projet de PPA elle n’a toujours pas connu de traduction en terme de baisse de concentrations mesurées, ni même observées.

Enfin, ce projet de plan persiste à méconnaître l’impact sanitaire du radon, comme celui de Bastia a méconnu l’impact sanitaire de l’amiante. Bien que la mesure de ces deux polluants ne soit pas réglementée, ils sont également des cancérigènes avérés. Le projet de plan n’a pas tenu compte des préoccupations sanitaires exprimées par la deuxième collectivité de Corse.


L’association Aria Linda émet un avis très défavorable à ce plan qui n’améliore pas significativement la protection de l’atmosphère respirée par la population vivant dans la région ajaccienne.