Port de Bastia à 8h14

 


Comme la majorité des habitants de Bastia, Jean Claude ne décolère pas. Depuis son appartement situé sur le port, tout près de la place Saint Nicolas il subit chaque jour l'impact des fumées des moteurs diesel des navires qui évoluent ou stationnent dans le port de commerce.

A 8h14, Jean Claude prend une photo et la commente :

"Ce matin il y avait 3 bateaux dans le port, fumant comme à l''habitude. Ensuite le MOBY ZAZA est arrivé avec son panache de fumée ainsi que le MEGA EXPRESS de la CORSICA FERRIES.
"
 
Port de Bastia à 13h20






A 13h20, Jean Claude prend une autre photo. On peut apercevoir la cabine de mesures de la qualité de l'air implantée par Qualitair Corse. Cette cabine est située sous le niveau de la place Saint Nicolas, pratiquement au niveau de la sortie du tunnel. Jean Claude commente son cliché :

" Aujourd'hui le MEGA EXPRESS FIVE Genova est arrivé vers 10 h. Vers 12h40 il a commencé à cracher cette fumée noire, il y avait un vent de sud-ouest sur tout le nouveau port et sur toute la place Saint Nicolas où il y avait une concentration de voitures, l'air était irrespirable."

 


A Bastia, la pollution des navires
qui est vue, photographiée,
sentie, ressentie
 est-elle mesurée à
l'endroit le plus pertinent ?





Cela n'est pas démontré si l'on se réfère aux concentrations horaires relevées par la cabine de mesure située sous le niveau de la place Saint Nicolas et affichées sur le site de l'AASQA pour la journée du 15 avril 2018:


1) Aux heures des photos prises par Jean Claude, la courbe des concentrations horaires affichées par Qualitair Corse ne révèle rien de très significatif (zones gris foncé). Il apparait cependant qu'il y ait un décalage de 2h00 avec les périodes où des concentrations plus élevées apparaissent sur la courbe
(zones gris clair)

2) Jean Claude semble indiquer que la direction et le sens du vent dirigeait le panache des navires vers la place Saint Nicolas. Pourtant le capteur de particules situé quelques mètres plus bas que le niveau de la place ne semble pas avoir été impacté aussi significativement que Jean Claude dit avoir été indisposé.

3) Pour la journée du 15 avril 2018, la concentration moyenne journalière issue des données horaires a été de 30,65 µg/m3. Et c'est par cette moyenne qu'est officiellement établie la bonne ou la mauvaise qualité de l'air.

Les pics, bien que rendant l'air irrespirable à certaines périodes de la journée sont lissés par la moyenne journalière.

D'autant que comme à Piataniccia (surveillance de la centrale thermique du Vazzio), le capteur dit "Saint Nicolas" n'est probablement placé à l'endroit où la population est effectivement la plus exposée, ce qu'impose pourtant la réglementation. 


Classer la Méditerranée
en zone SECA

La solution adoptée ailleurs, notamment en Mer du Nord: imposer aux navires qui évoluent sur nos côtes de consommer un fioul lourd à teneur en soufre réduite, ce qui permet de faire baisser la toxicité des émissions.

En 2017, Aria Linda a sollicité le Président de la Commission des Iles au sein du CRPM pour qu'il appuie cette évolution dont bénéficient déjà les riverains de la Mer du Nord. En 2017 la CTC a voté une motion en ce sens.