Changement de pratiques à la centrale du Vazzio.

Depuis trois ans nous comptabilisions, dans les relevés d'autosurveillance de la centrale du Vazzio (déclaratifs établis par EDF), un nombre moyen annuel de phases transitoires de l'ordre de 2500. Une phase transitoire correspond, soit à une phase de démarrage, soit à une phase d'arrêt de l'un des 7 moteurs toujours en service à la centrale. (Un des 8 moteurs étant hors service et n'ayant pas été remplacé)

Si l'on dénomme cycle, un démarrage + un arrêt, le nombre de cycle jusqu'alors annuellement comptabilisés s'élevait donc à 1250. Ce nombre élévé de cycles témoignait du non respect de la commande publique qui prévoit un fonctionnement des moteurs diesel en base, donc avec un nombre de cycles relativement bas, ce que recommandent d'ailleurs les normes d'exploitation.

Pour l'année 2011, nous avons comptabilisé une baisse du nombre de phases transitoires d'environ 500, soient environ 250 cycles. Ce qui ramène le nombre de cycles annuels à un millier, chiffre publiquement reconnu par le directeur régional d'EDF lors de la réunion organisée à Bastelicaccia par le préfet Bouillon.

 

 

Dans ce tableau issu de la campagne de mesure annuelle 2010 réalisée par INERIS pour 2 des 7 moteurs de la centrale du Vazzio (les 5 autres moteurs ayant été controlés par l'APAVE), les mesures pratiquées sur le moteur n°8 pour les émissions en microparticules (poussières totales) indiquent clairement qu'avec une concentration à l'émission de 98 mg/m3, le moteur 8 est très proche de la VLE de 100 mg/m3, la valeur limite d'émission qu'il devrait respecter. 

Trop proche de la limite pour ne pas être rapidement en dépassement juste après cette phase de controle durant laquelle les paramètres de réglages sont optimisés. D'autant que la non conformité des postes de mesure signalée de façon récurrente depuis plusieures années accroit significativement l'incertitude sur la mesure qui se situe aux environs de 18 % dans les conditions idéales de mesure.

On peut donc penser que la valeur réelle mesurée se situe bien au delà de 120 mg/m3........Cela n'empechera pas le moteur d'être déclaré conforme pour une année, jusqu'à la campagne de mesures suivante....2011......avec la bénédiction des services officiels!

Idem pour les NOx, les dioxydes d'azote, qui malgré les catalyseurs et l'injection d'urée, ne sont relativement pas loin du dérapage, si l'on considère également l'incertitude sur la mesure.

 

J-43avant la date (ultime?) de décision d'investissement pour la réalisation (ou non réalisation) du gazoduc GALSI ......selon le (dernier?) planning:

De son côté, le présumé innocent candidat à la présidence serait en Corse le 24 février 2012 pour nous promettre la même chose que le 2 février 2011.

Ce qu'il y a de sùr, c'est qu'on commence déjà à revoir les CRS patrouiller sur le "court Napoléon" à Ajaccio....ça sent le bunker

Merci à Franck pour ce lien vers les évolutions climatiques

 

L'opérateur recevant, pour chaque cycle, une compensation financière au titre des surcoûts de production de l'ordre de 3000 €, on peut penser qu'une économie de l'ordre de 750 000 €  (3000 x 250) a été réalisée en 2011.

Ce qui est remarquable, d'après les heures de fonctionnement comptabilisées dans relevés d'autosurveillance, c'est que la baisse du nombre de cycles transitoires des moteurs diesel, semble s'accompagner d'une hausse de la durée d''utilisation des TAC, les turbines à combustion alimentées au fioul léger, dont le rôle est effectivement d'assurer les pointes, contrairement aux moteurs diesel.

Ce combustible étant décrié comme beaucoup plus onéreux que le fioul lourd, il semble logique que la commission de régulation de l'énergie (CRE) n'en accepte l'emploi accru que sous réserve d'une réduction du coût global de production.

Ce qui pourrait laisser à penser, alors qu'il semble démontré qu'il était possible de produire, à partir de moyens thermiques, de façon moins polluante et moins couteuse, que l'opérateur avait, jusqu'en 2010, opté pour un mode de fonctionnement pour lui plus rémunerateur, donc plus couteux pour la collectivité, mais surtout bien plus polluant. Une pratique sans risques puisque les surcoûts sanitaires occasionnés n'entrent pas dans les modèles de calcul de la CRE