Dans une démarche conjointe en vue de territorialiser le Grenelle de l'Environnement en Corse, et après avoir signé une convention relative à sa mise en oeuvre, le Préfet de Région et le Président du Conseil Exécutif de Corse ont invité des représentants de 5 collèges (Associations, Salariés, Elus, Employeurs, Administration (Etat et CTC)) pour mettre en place un comité de suivi régional.

Selon un ordre d'interventions bien réglé, le Préfet développe l'objet de la réunion, évoque l'intérêt de la "gouvernance à 5", et constate que la Corse ne compte pas d'entreprises qualifiées HQE pour répondre aux appels d'offre locaux, ce qui conduit à faire appel à des entreprises extérieures.

Au cours de son introduction quelques intervenants politiquement majeurs, en terme d'Environnement, quelque peu en retard, nous rejoignent.

Puis le Président du Conseil Exécutif de Corse (PCEC) développe la notion d'éco-conditionnalité des aides. Donnant un petit coup d'oeil dans le rétroviseur, il fait remarquer que si la CTC avait été exemplaire, elle aurait probablement déjà réalisé une partie non négligeable des objectifs en la matière. Prenant pour mauvais exemple les chauffeurs de personnalités participant au Grenelle qui attendaient, durant des heures, moteur en route pour assurer la climatisation des grosses berlines de leurs employeurs, il faisait remarquer l'application des décisions est l'affaire de tous.

Le Président de l'Office de l'Environnement (POE) rappelle que le DD c'est  "produire, protéger et partager". (3 P)

Le Conseiller Exécutif Jean ZUCARELLI, considère que le DD est un des piliers de la croissance économique de la Corse.

Puis Brigitte DUBOEUF pour la DREAL, commente un diaporama et revient sur l'intérêt de la gouvernance à 5, la notion d'éco-quartiers, les simplifications des enquêtes publiques (elles passent de 250 à 2 types) et indique le coût estimé des mesures du Grenelle (NDLR: sans nous dire s'il est financé) 440 milliards d'euros, qui créerait ou maintiendrait 600 000 emplois.

Alexis MILANO, pour la Direction Déléguée à l'Energie rappelle la règle des 3x20 issue du Grenelle.

Adoptée en 2008 par les membres de l’EU, la règle des 3 x 20% prévoit l'engagement des états membres de:

Réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins de 20% d’ici 2020.
Limiter la consommation d’énergie de 20%,
Porter la part des sources d’énergies renouvelables dans la consommation finale d’énergie de l’UE à 20%.

Il indique que pour la part ENR, la France serait déjà à 23%, et la Corse à 25 %. Il fait remarquer qu'une des cibles est le transport et évoque l'idée du transport électrique alimenté au renouvelable.

Brigitte DUBOEUF pour la DREAL continue en citant les ZNIEFFcomme enjeux forts, il en resterait 262, et cite Agenda 21 comme axe fort.

Le Président de l'Office de l'Environnement (POE) évoque le registre des cancers. Brigitte DUBOEUF pour la DREAL lui indique pour réponse ce qui se dessine autour de l'amiante environnementale.

Avant de donner la parole dans l'assemblée pour quelques exemples de mise en oeuvre, Charles PASQUALINI (OE) revient sur Agenda 21 et indique l'élaboration d'un guide des bonnes pratiques.

Plusieurs intervenants se succèdent, le CG 2B, puis la CAPA qui signale que 68% des efforts en la matière seraient supportées par l'échelon communal et intercommunal et estime que certaines des nouvelles normes auraient un caractère excessif. Le PCEC lui indique que l'éco conditionnalité s'appliquera aux communes qui font des efforts.

Antoine ORSINI, universitaire, évoque la santé, l'antimoine et l'arsenic présents dans nos cours d'eau.

Le POE évoque une économie de 5 M€ grâce à une meilleure gestion de moyens.(APA)

Le représentant du Syndicat Mixte du Pays de Balagne évoque également  l'idée d'un transport en commun électrique.

Concluant les interventions, le Président de la Chambre Régionale des Métiers évoque les actions en faveur de la qualification des entreprises (Qualibat....) et de l'amélioration de leurs compétences.

Le Conseiller Exécutif Jean ZUCARELLI apprécie les actions concrètes initiées.

Le PCEC parle de "débuts d'expérience".

Jean Pierre DUCOUSSO pour le syndicat CFDT évoque la mise à l'écart de la Corse en matière d'éolien offshore, alors qu'une zone maritime située au large de la plaine orientale y serait propice. Il évoque également les STEP, et l'intérêt de produire en local bon nombre de produits que nous importons.

Le PCEC indique qu'effectivement on peut faire pousser de l'herbe en Corse au lieu de l'importer de façon assez couteuse et très polluante. Il signale le surcoût des bateaux supplémentaires seulement remplis à 34%.

Le Préfet revient sur l'éolien offshore et les difficultés liée aux herbiers de posidonie, d'ailleurs rencontrées dans le projet de port de la Carbonite! Il précise l'incitation de l'Etat à développer des filières de production locale notamment par la mise en place de structures type ILOC. 

Le Président de l'Association des Amis du PNRC indique qu'il reste sur sa faim, en faisant remarquer que les participants ne sont associés qu'à un suivi.

Jean Nicolas ANTONIOTTI pour le syndicat FO fait remarquer que le collège salariés ne figure pas dans les sous commissions Agenda 21 qui peuvent pourtant avoir de l'intérêt pour les salariés. Brigitte DUBOEUF répond qu'ils pourront être associés.

Il fait remarquer la grande ambition de la convention co-signée par l'Etat et la CTC puisque leurs représentants s'y engagent à mettre en oeuvre des mesures dont ils ne fixent pas la liste. Il estime que les actions concrètes énumérées par les différents intervenants sont à un stade encore proche de la construction intellectuelle.Il fait remarquer qu'avant la création du Grenelle existait déjà un Code de l'Environnement qui reste parfois difficile à mettre en oeuvre et cite pour exemple la construction d'une centrale au fioul lourd sur un site ZNIEFF, à fort enjeu selon la DREAL, de Bastelicaccia. 

Le PCEC l'interrompt pour réaffirmer que la centrale prévue à Bastelicaccia est une centrale à gaz et rappelle l'ensemble des engagements autour du dossier.

Le Préfet, indique que selon lui, la teneur de cette intervention ne serait pas conforme à des échanges qu'il aurait eu avec M. GIACOMONI et M VESPERINI de l'UD FO,  et s'étonne d'avoir encore à réaffirmer les engagements de l'Etat et l'obligation faite à EDF qui aurait effectivement déposé un dossier pour une centrale au gaz.

Jean Nicolas ANTONIOTTI s'excuse pour ce labsus révélateur, mais constate que pour autant la zone d'implantation semble bien être une ZNIEFF.

Le Préfet lui répond qu'il a pris, avec bon sens,  toutes les précautions pour déplacer le site d'implantation pour éviter qu'il ne se situe en ZNIEFF.

Jean Nicolas ANTONIOTTI demande au PCEC de bien vouloir faire examiner les STEP comme autre solution de stockage de l'énergie, car la pile à combustible est la seule la piste de stockage qui semble envisagée dans les études actuelles.

Le PCEC répond que les STEP ne sont pas une nouveauté, qu'il connait bien le sujet et que cela pose de gros problèmes environnementaux eu égard aux gros ouvrages qu'il faudrait, selon lui, mettre en oeuvre, et en plus qu'un bassin vide entre deux remplissages....................ça sentirait horriblement mauvais!

Antoine ORSINI, universitaire, indique vouloir "apporter de l'eau au moulin" du PCEC en confirmant que ce serait une mauvaise idée.

Jean Nicolas ANTONIOTTI revient sur la pollution des navires à quai et fait remarquer que bien qu'une proposition ait été formulée à Ajaccio dans le cadre du Grenelle de la Mer et validée au plan national, les concessionnaires des installations portuaires ne semblent pas avoir commencé à réfléchir à la possibilité de raccorder les navires , désignés par le PCEC comme très polluants, aux réseaux terrestres lorsqu'il sont à quai.

Le PCEC indique que la réflexion va être menée.

 



En bref dans l'actualité ....




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