1/ La seule décision acceptable pour la future centrale de Lucciana est l'installation directe des moteurs conçus pour fonctionner au gaz naturel, et au fioul léger en attente de la réalisation de la connexion de la Corse au gaz naturel.

 

Cette solution -à savoir l'autorisation par arrêté préfectoral de l'installation de 7 moteurs MAN 51/60, et non de 7 moteurs MAN 48/60 conçus pour fonctionner au fioul lourd- est la seule décision qui soit compatible avec une véritable volonté de réalisation d'un parc de production électrique thermique fonctionnant au gaz en Corse et de ne pas porter atteinte à la santé de la population.

 

Elle permet, et le Préfet Névache en a convenu avec le député européen François Alfonsi, sur la base des conclusions de la commission qui a mené l'enquête publique sur la centrale de Lucciana, de faire face à tous les aléas envisageables en matière d'approvisionnement électrique de la Corse. Le chantage à la coupure, régulièrement agité par EDF, et par son relais de la DRIRE, est donc totalement mensonger.

 

Les Corses peuvent donc, en toute sécurité pour leur approvisionnement, être dotés d'un parc de production électrique conçu pour fonctionner au gaz, et cela dès la construction de la centrale de Lucciana. Par contre, si la future centrale de Lucciana est autorisée avec des moteurs conçus pour fonctionner au fioul lourd, elle restera au fioul lourd, et l'opportunité de raccordement de la Corse au Galsi disparaîtra d'elle-même, puisque 50% des débouchés possibles du gaz seront hypothéqués par ce choix. En conséquence, le fioul lourd sera alors le choix retenu aussi pour la région Ajaccienne.

 

La Corse sera ainsi la seule région d'Europe à continuer à produire de l'électricité avec un combustible condamné partout pour ses conséquences désastreuses pour la santé publique. Reconduire ce choix pour notre île est inacceptable.

 

2/ Le Collectif contre le fioul lourd prévient donc les autorités : si l'Administration passe une nouvelle fois outre les intérêts de la Corse, pour privilégier encore et toujours ceux d'EDF, Etat dans l'Etat, nous serons amenés à multiplier nos initiatives pour en empêcher la réalisation.

 

Nous saisirons bien sûr les tribunaux, avec le concours d'avocats de poids. Nous avons contacté des cabinets spécialisés et obtenu leur accord. La solidarité financière est en place pour mener ce combat judiciaire jusqu'à son terme. Nous serons intraitables.

 

Il en sera de même avec la Commission Européenne que les députés européens Michèle Rivasi et François Alfonsi ont saisi, et qui est sensibilisée au statut totalement dérogatoire d'EDF en Corse, qui, malgré cela, s'acharne dans des choix économiques antagonistes avec les intérêts de la Corse. Cette question là aussi ira à son terme, sans concession aucune.

 

Enfin, la mobilisation reprendra de plus belle pour s'opposer à ce chantier. Les médecins ont dit, et ils le rediront avec force, à quel point l'autorisation accordée par la Préfecture d'exploiter une centrale fioul lourd serait attentatoire à la santé publique des régions concernées.

 

Nous apporterons la réponse d'une mobilisation sans répit, car la population des environs de Lucciana ne peut continuer de subir pendant des décennies la pollution aggravée d’un moyen de production dépassé, et parce que l'avenir de la région Ajaccienne est lui aussi totalement concerné.

 

3/ Le choix du gaz naturel pour l'approvisionnement énergétique de la Corse est pour nous un choix immédiat et définitif. La priorité est bien sûr au Galsi, dont la Direction de l'Energie de la Commission européenne a récemment confirmé à Michelle Rivasi et François Alfonsi qu'il était en bonne voie.

 

Mais, comme c'est en cours sur les deux plus grandes îles Canaries, il est possible de réaliser des terminaux gaziers de taille adaptée pour un ravitaillement par mer. Aux Canaries, les deux centrales au fioul lourd, une à Tenerife et l'autre à Gran Canarias, 120 MW chacune comme les futures centrales corses, sont actuellement fermées en raison de leur impact sur la santé publique, remplacées par des centrales qui fonctionneront au fioul léger avant de fonctionner au gaz naturel quand les investissements portuaires gaziers seront terminés. Aux Canaries, les autorités mettent en oeuvre la fin du fioul lourd. En Corse, avec EDF, elles le relancent pour trente années.

 

4) Les organisations qui composent le collectif, à l’unanimité, se déclarent écœurées par les mensonges éhontés qu’EDF n’a pas hésité à utiliser pour tenter de berner la population et les élus de la Corse avec pour seul objectif de faire démarrer au fioul lourd la future centrale thermique de LUCCIANA.

 

Cet industriel en position durable de monopole, au nom d’intérêts financiers n’hésite pas une seconde à poursuivre la grave pollution émise par les centrales à fioul lourd, dont les émissions (microparticules PM 10 et PM 2,5, hydrocarbures aromatiques polycycliques, métaux..) contribuent à l’élévation du taux de mortalité aggravée, à l’augmentation du nombre des cancers, des maladies cardio-vasculaires, respiratoires et de conséquences mutagènes dans la population.

 

Le Collectif Régional condamne fermement l’attitude de complicité de l’Etat qui est, en la circonstance, responsable de ce choix calamiteux pour la population de Corse. Le Grenelle de l’Environnement, les textes européens et les promesses du Président de la République de faire de la Corse un modèle environnemental sont déjà engloutis dans des considérations comptables dignes d’une république bananière qui s’assied allègrement sur les conséquences sanitaires occasionnées par un industriel aux moyens de production devenus obsolètes.

 

Le Collectif Régional appelle les habitants de Corse à la prise de conscience face à ce réel danger qui met en péril leur santé. Les membres du collectif mettront en œuvre tous les moyens d’action et de communication à leur disposition et utiliseront toutes les possibilités y compris juridiques afin de faire échec à ce coup fatal porté à la Corse et à sa population.

 

 

 

 

Le Comité Régional NON aux CENTRALES au FIOUL LOURD