5 contre, 3 abstentions et seulement 9 votes favorables........ 

C'est le résultat du vote à bulletins secret concernant le projet d'arrêté préfectoral., le moins qu'on puisse dire c'est que le CODERST n'a pas été séduit par ce projet qui ne satisferait visiblement que l'administration.

De l'avis des participants, jamais le débat dans cette instance n'avait été si intense.

Alors que JN ANTONIOTTI était reçu seul pour représenter le Collectif Régional NON aux CENTRALES au FIOUL LOURD, ce n'est pas moins de quatre représentants d'EDF, dont Monsieur LEBEAU en personne, qui venaient défendre.....l'indéfendable, tandis que Monsieur MONTI attendait à l'extérieur.


JN ANTONIOTTI, faisait une courte intervention présentation et en remettait copie aux participants, en voici le contenu:




Mesdames, Messieurs les membres du

Conseil Départemental de l’Environnement et des Risques Sanitaires et Technologiques

 

 

Votre avis sur le projet d’arrêté d’autorisation d’exploitation de la future centrale thermique de Lucciana est sollicité.

Ainsi qu’il l’a affirmé ici même le 29 juin 2010, le Président de PEI  SAS, Production Electrique Insulaire, a pris la responsabilité de lancer un appel d’offre, puis de passer commande le 3 octobre 2008 au fournisseur MAN sur la base de la seule option fioul lourd.  

Cette option n’est pas prescrite par la commande publique, et ne figure ni dans le rapport de présentation au parlement sur la programmation pluriannuelle des investissements de production électrique pour la période, ni dans la PPI 2006, votée le 7 juillet 2006.

Cette option ne respecte pas davantage le Plan Energétique Corse, ni  la délibération 05/225 du 24 novembre 2005 votés par l’Assemblée de Corse. Cette option passe outre le rejet manifesté de la population, la délibération votée par la Mairie de Lucciana le 12 mai 2010 et la motion votée le 13 novembre 2009 par l’Assemblée de Corse,  au terme d’une procédure démocratique que nul, ni même le Président de PEI, ne peut se permettre de contester.

Le contrat, qui porte sur la fourniture de 54 moteurs de type 48/60, prévus pour fonctionner au fioul lourd a donc été signé plus d’un an avant le début de l’enquête publique, qui  a effectivement  démarré le 15 octobre 2009. Cette voie de fait constitue une première atteinte au déroulement normal de la procédure d’autorisation préfectorale d’exploitation.

Cette ICPE,  installation classée pour la protection de l’Environnement, présente effectivement des risques pour l’environnement, des risques sanitaires, et des risques technologiques. La complexité du dossier a conduit la commission d’enquête publique à demander deux mois de délai supplémentaire pour rendre son avis exprimé en 19 pages.

L’ensemble du rapport de la commission d’enquête, 231 pages,  a été contesté ici même,  le 29 juin 2010, par le Président de PEI  SAS, qui a affirmé que « tout n’est pas vrai dans le rapport des commissaires enquêteurs ».  

Survenant après le rapport de l’inspection des installations classées, suite à la navette entre la commission d’enquête et PEI, cette contestation fragilise l’ensemble de la procédure d’autorisation d’exploitation.

Si la sécurité électrique et l’urgence sont présentées comme les enjeux  majeurs par l’industriel,  la santé publique et la protection de l’Environnement  sont également des enjeux majeurs pour la population.

Autoriser l’exploitation d’une centrale avec sept moteurs 48/60 alimentés au fioul lourd ne permet pas de les concilier.

D’autre part, au plan économique, l’épuisement des ressources pétrolières, renforce l’intérêt  économique de l’alimentation au gaz naturel,  par gazoduc ou méthaniers,  et le recours accru aux énergies renouvelables, bien plus conformes à l’esprit des Grenelles de l’Environnement, et à la PPI 2009, votée le 15 décembre 2009.


pour le Collectif Régional NON aux CENTRALES au FIOUL LOURD

 signé: JN ANTONIOTTI,

 

Sur le site du PNC (http://www.p-n-c.eu/ ) retrouvez l'intervention du député Européen François ALFONSI au niveau Européen en vue d'un règlement négocié. A noter que la solution envisagée est assez similaire à celle que Maria GUIDICELLI a évoquée dans sa conférence de presse. Une petite déception de la part de l'élue territoriale, le mot lourd lui est toujours aussi difficile à prononcer.

La lettre du Député François ALFONSI aux membres du CODERST de la Haute Corse:

 
Objet : future centrale thermique de Lucciana
 
 
 
Mesdames, Messieurs,
 
À l'ordre du jour de votre réunion de ce 9 juillet est inscrit l'examen du dossier relatif à le future centrale thermique de Lucciana. À ce sujet, je souhaite porter à votre connaissance les éléments d'information suivants.
Les moteurs de la centrale projetée sont proposés par EDF-SEI comme fonctionnant au fioul lourd, et convertibles ensuite par l'adjonction de kits pour être adaptés aussi bien au gaz qu'au fioul léger.
Or la commission qui a rendu son rapport à l'issue de l'enquête publique indique un fait tout à fait capital : des moteurs déjà équipés pour fonctionner au fioul léger ou au gaz naturel peuvent aussi fonctionner avec du fioul lourd. Ce fonctionnement se fait alors avec un moindre rendement, 43% contre 48%, mais il est possible sans contre-indication aucune.
 
La demande de démarrage immédiat au fioul léger des moteurs, que je soutiens avec les associations de riverains de Lucciana et de nombreuses associations de défense de l'environnement de Corse, est contrebattue par les délais nécessaires pour mener les procédures nécessaires avant de pouvoir réaliser le stockage de combustible nécessaire. Ce « hiatus » fait craindre aux autorités préfectorales une situation de tension trop risquée par rapport aux besoins de pointe de l'île, et donc une rupture d'approvisionnement électrique de la Corse.

Compte tenu des éléments techniques que j'ai exposé sur la possibilité de démarrer les moteurs, même installés en configuration fioul léger, avec le fioul lourd pour une période limitée, ce risque est supprimé.
La centrale peut donc très bien être équipée d'emblée des moteurs fonctionnant au fioul léger, convertibles sans délai au gaz naturel, sans faire courir le moindre risque à l'approvisionnement de l'île. Si les procédures de création d'une unité de stockage de fioul léger sont lancées dès maintenant, cela permettrait de bénéficier au plus tôt de combustible léger à proximité du site, et donc de fonctionner ensuite sans délai, et sans travaux supplémentaires interrompant la marche de la centrale, en abandonnant le fioul lourd.
 
Ce lundi 5 juillet, j'ai exposé cette proposition à Monsieur le Préfet Névache, qui l'a prise en compte. Ce mercredi 7 juillet à Strasbourg, lors de la session du Parlement Européen, j'ai rencontré avec ma collègue Michèle Rivasi un des plus hauts responsables d'EDF, Monsieur André Merlin, en présence de Monsieur Dominique Ristori, directeur général adjoint au sein de la Direction de l'Energie au sein de la Commission Européenne. Cette proposition a retenu toute leur attention, et Monsieur André Merlin s'est engagé à la porter au plus haut niveau d'EDF, et notamment auprès de Monsieur Proglio en personne. Nous sommes tombés d'accord pour avoir au plus tôt un rendez-vous avec la direction d'EDF-SEI.
 
Nous sommes aujourd'hui à l'heure des décisions. La proposition de compromis que j'ai faite à Monsieur le Préfet et, avec le concours de la Direction de l'Energie de la Commission, à la direction d'EDF, concilie toutes les attentes des décideurs, tant pour les contraintes d'approvisionnement que pour le volet environnemental, et elle est totalement compatible avec le projet que nous partageons tous, à savoir l'arrivée du Galsi en Corse dans les délais les meilleurs possible.
Je sollicite donc le CODERST pour qu'il reprenne cette proposition dans son avis.
 
Je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes sentiments les plus cordiaux.