Association Aria linda

vendredi 30 juillet 2010

Gaz Algérien

"L'Algérie pourrait commencer à manquer de gaz dès 2014 en raison d'une forte augmentation de sa demande interne et ne plus être en mesure d'honorer ses engagements internationaux, notamment vis-à-vis de la France qui la compte parmi ses principaux fournisseurs de cette énergie."

Après les journaux Algériens, c'est maintenant au tour de La Tribune.fr de se faire l'écho d'une nouvelle qui semble maintenant partagée par un si grand nombre d'initiés, qu'il nous semble impensable que nos dirigeants l'ignorent.

Dirigeants de niveau national....et leurs relais des préfectures, dirigeants de niveau local,.........Exécutif de l'Assemblée Territoriale de Corse,  direction déléguée à l'énergie....

Selon france-moyenorient.com  la  CREg, l'équivalent Algérien de notre CRE, aurait réalisé 3 simulations qui indiqueraient une hausse de la demande interne du pays qui pourrait avoir pour conséquence une réduction de ses exportations de gaz.

Les décideurs, de niveau national et local, au lieu de se comporter comme des autruches, devraient penser à examiner immédiatement un plan B.

mercredi 28 juillet 2010

Qualité de l'air critique en France....sauf en Corse où l'on lave plus blanc que blanc.

Plan particules  contre dégradation de la qualité de l'air

Le directeur régional d'EDF/PEI essaye-t-il de détourner notre attention de l'ensemble des autres polluants émis par les centrales au fioul lourd quant il annonce dans son dernier communiqué de presse qu'il va utiliser un fioul lourd TTBTS (très très basse teneur en soufre)......dont selon lui  " les caractéristiques se rapprochent de celles du fuel domestique"

Affirmation que, par honnêteté intellectuelle,  il nous semble éthique de nuancer par "très proche du fioul domestique, si l'on se contente de n'observer que la teneur en soufre"

D'abord, il n'y a là aucune nouveauté, ce combustible est effet en usage au Vazzio depuis "longtemps". Ensuite, le directeur régional d'EDF/PEI se garde bien de nous parler du niveau d'émission des imbrulés, des métaux lourds, et des microparticules, recrachés après combustion.du fioul lourd.

Cette pollution là n'a pas baissé d'un iota, ou plutôt d'epsilon, qualificatif que cet homme de l'art utilise pour tenter de minimiser la différence entre fioul lourd et fioul léger

Jean Louis BORLLO ne doit pas ignorer que la présentation par Chantal Jouanno du bilan de la qualité de l'air en France en 2009, ne souffre d'aucune équivoque, les résultats sont plutôt mauvais:

Le dioxyde d'azote, irritant respiratoire, stable depuis 2005, est en progression.

L'air du sud-est du pays contient plus d'ozone.

Même tendance pour les particules PM10, reconnues dangereuses pour les poumons.

Et quant un secrétaire d'Etat arrive à reconnaitre que c'est mauvais, ça doit l'être sacrément! Si la secrétaire d'Etat à l'Ecologie constate une baisse des polluants lourds comme le plomb, on peut considérer que ce n'est probablement pas grâce à la Corse où le fioul lourd est toujours en usage dans les centrales thermiques d'EDF.

La mise en place d'un « plan particules » a été présentée par Chantal Jouanno en soulignant qu'il s'agissait d'une « question de santé publique ».

Le Docteur JOEL CASTELLI , Vice-Président d'A SENTINELLA sur les ondes de Altafrequenza

Dans la presse nationale    L'article du Journal de l'Environnement   et    L'article du Monde


De la même façon on ne peut pas laisser dire à l'homme de l'art:

 "
D'ici là, et compte-tenu de l'urgence constatée, la nouvelle centrale de Lucciana devrait fonctionner suivant les modalités définies dans la commande publique, c'est-à-dire, 7 moteurs fonctionnant au fioul à "Très Très Basse Teneur en Soufre" (TTBTS) et convertibles au gaz naturel.

Autre affirmation que, par honnêteté intellectuelle, nous ne pouvons laisser distiller car ainsi que nous l'avons rappelé lors du conseil énergétique, la commande publique, à savoir la PPI 2006, et le rapport de présentation au parlement, ne font à aucun moment référence à du fioul lourd.

Les documents en attestant sont à disposition de la presse si elle le souhaite.

Les médecins ne veulent pas de fioul lourd.

Conférence de presse médicale du 27/7/10 à Lucciana : compte rendu du Docteur Pierre LIEUTAUD:  

La Conférence de presse s'est tenue à 15 h 00 à l'hôtel Chez Walter.

Tous les médias avertis étaient présents ( Corse Matin , 24 ore, RCFM, France 3)


Les médecins participants : Dr  Perquis pneumologue, Castelli cancerologue, Simeoni, Raffin, Murie, Torre, Patriarche, Nozze, Geronimi, Merlinghi, Lieutaud, Caporossi adjoint à la mairie de Lucciana, Gandolfi-Scheit député de haute corse.

Ces douze médecins, la plupart indépendants de tout parti politique et du collectif avaient répondu immédiatement à ma demande, ce qui atteste du bien fondé de notre combat.


Le message unanimement approuvé: "Non au fioul lourd", a été argumenté sur son coté scientifique par les Dr Castelli et Perquis qui ont bien montré que le risque sanitaire est inacceptable, et fait le lien entre maladies cardiorespiratoires et cancers avec le fioul lourd.

Le coté " politique sanitaire", mis en évidence par toute l'assistance, (demande d'enquête épidémiologique, appel aux autorités sanitaires afin qu'elles s'impliquent dans ce problème de protection des populations) a été relayé par les Dr Merlinghi et Simeoni. Les notions de principe de précaution, de mise en danger de la santé et la vie d'autrui, bafoués par le projet, ont semblé correspondre strictement à la réalité

En conclusion: 


La présence de nombreux médecins de toute la region Corse et l'enjeu qui les faisait se reunir:  protéger les populations dont ils ont la charge, donnera à ce message d'alerte inhabituel une force particuliere.

Corse Matin a suivi la conférence des médecins

Côté Assemblée de Corse, le matin même, l'Exécutif répondait aux questions orales. Les questions et les réponses sont disponibles sur le site de la CTC.

Petite phrase médiatique avec les interviews sur le sujet de Radio Altafrequenza: Maria GUIDICELLI souhaite des moteurs en configuration gaz   mais  Nadine NIVAGGIONI   et  JN ANTONIOTTI veulent qu'on précise  alors  Jacques Thierry MONTI pour EDF s'entête .

Il ne nous manque plus que la réaction du syndicat pro fioul lourd.

 

 

mardi 27 juillet 2010

Fioul lourd, mais plomb léger!

Le dossier d'enquête publique déposé par EDF/PEI pour la centrale de Lucciana 2 comporte quelques pépites. 

Ainsi juste après, cette phrase de conclusion du chapitre 2.2 Annexe 2 Etude Faune Flore :

Il ne semble pas justifié de réaliser une étude d’incidence Natura 2000 à propos de ce projet.

on peut lire dans le document intitulé 3 DHC-ICPE - Partie III - Etude d'impact, dans le chapitre qui traite de la dispersion des polluants:

 A défaut de valeur pour les densités de ces deux espèces de particules (poussières et plomb), celles-ci sont fixées à 5000 kg/m 3 (recommandations de l’ASTEE sur les particules émises par les Unités d’Incinération des ordures Ménagères)

N'en déplaise au directeur régional d'EDF, même si nous ne sommes pas des "hommes de l'art", nous avions trouvé cette phrase triplement étonnante, au point d'en appeler au bon sens des commissaires enquêteurs.

A défaut de valeur : alors qu'ils réalisent une étude de dispersion, l'élément essentiel de cette étude, à savoir la densité des particules qui vont être émises par les cheminées semble leur faire défaut.

ces deux espèces de particules (poussières et plomb): Manifestement les hommes de l'art savent que ces deux produits de combustion présentent une différence.

celles-ci sont fixées à 5 000 kg/m 3 : Plus les particules émises par les cheminées seront légères, plus la distance qu'elles parcoureront sera grande. Inversement, plus ces particules seront lourdes, plus elles auront tendance à retomber dans le proche périmètre des cheminées. Donc directement dans les poumons de la population située dans le proche périmètre de la centrale.

La densité du plomb est de ...................   11 350 kg/m3.

La densité de la poussière est inférieure à 1 000 kg/m3.

Chacun, et donc les partisans de l'incinération, appréciera au passage la sérieuse référence et assimilation aux recommandations de l’ASTEE sur les particules émises par les Unités d’Incinération des ordures Ménagères  et la fiabilité qui semble se dégager des études mises en oeuvre pour ces autres ICPE.


 


Pour les besoins de l'enquête publique de Lucciana, les hommes de l'art ont donc réinventé les lois de la physique :

Masse des particules de plomb = Masse des particules de poussières


Voici  la réponse des hommes de l'art, à notre interrogation répercutée par les commissaires enquêteurs :

"Le plomb qui se trouve dans les poussières en sortie de cheminées se trouve en réalité « adsorbé » sur des poussières de diamètre < 2,5 µm, ce qui peut expliquer que l’ASTEE propose une densité identique pour le plomb et les PM 2,5. "




Après avoir consulté le dictionnaire, l'adsorption, à ne pas confondre avec l'absorption, désigne une liaison plus ou moins forte entre 2 éléments.

Les hommes de l'art ont du faire une moyenne d'arithmétique : (11 350 + 1 000) / 2 = 6 175 .... et un petit arrondi à 5 000.
                                                                                                                       
Le rapport de l'inspection des installations classées, établi après la navette entre les commissaires enquêteurs, et EDF/PEI, n'a pas commenté ce détail.  Mais que la population se rassure, selon les propos de Monsieur LEBEAU directeur de PEI, en présence du Préfet de Haute Corse le 29 juin 2010 à la préfecture :

"tout n’est pas vrai dans le rapport des commissaires enquêteurs"

300 000 morts par an

dimanche 25 juillet 2010

Elles sont où les réductions de pollution par 3 et par 10 annoncées par le Préfet LEYRIT en 2007?

Avant d'aborder les annonces par son prédécesseur, celle de l'actuel Préfet de Région est-elle en bonne voie?




Au cours de la réunion, le préfet de région a confirmé qu'il attendait le projet EDF pour le mois de juillet.  (Photo et légende Corse Matin.)



Paramètres

Arrêté préfectoral  VAZZIO 1

Projet arrêté préfectoral LUCCIANA 2

Coefficient

de réduction

SOX  équivalent SO2

1500

850

1,7

NOX équivalent NO2

1900

600

3,2

Amoniac

30

30

0

CO

650

650

0

Poussières        (microparticules PM 10 et PM 2,5)

100

100

0

Métaux lourds

20

20

0

HAP       

(hydrocarbures aromatiques polycycliques)

0,1

0,1

0

COV     (à confirmer)

150

20

7,5

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samedi 24 juillet 2010

Que de chemin parcouru depuis 2,5 ans!

21 décembre 2007, le préfet LEYRIT désigne le site de Bastelicaccia, comme le meilleur compromis pour y implanter une centrale au fioul lourd.

23 juillet 2010, lors Conseil Energétique, son successeur s'exprime "..... que de chemin parcouru..........le site a été entériné par le ministre le 28 juin 2010". A quelques mètres près,  il s'agit toujours du site de Bastelicaccia proposé par son prédécesseur, mais ce chemin parcouru en 2,5 ans change tout puisque le site est maintenant devenu  le meilleur compromis pour y implanter une centrale au gaz. Aucune étude de dispersion n'est venue valider ce choix.

Le Préfet LEMAS, qui avait en 2005 imposé à  EDF d'installer un équipement de dépollution sur la centrale du Vazzio aurait probablement mérité d'être récompensé au titre de son action pour le Développement Durable. Si l'on en juge à son plan de carrière, depuis cette initiative contestée devant les tribunaux par EDF, cela n'a pas été reconnu en haut lieu.

Par contre, Christian Leyrit qui a été de 2007 à 2008 : préfet de la Corse-du-Sud, puis préfet de la région Corse, vient d'être nommé  vice-président du Conseil général de l’environnement et du développement durable, le CGEDD

Le cursus de ces deux serviteurs de l'Etat a de quoi en faire réfléchir deux autres!

Les Eurodéputés Michelle RIVASI et François ALFONSI ont rencontré hier à Paris Thierry PONS, directeur général d'EDF Systèmes électriques insulaires et Jean-Michel LEBEAU, président d'EDF PEI.

 

À leur sortie de réunion, les eurodéputés ont signé le communiqué ci-après :


Ce vendredi 23 juillet 2010, une rencontre a eu lieu à Paris avec Thierry Pons, Directeur général d'EDF Systèmes électriques insulaire et Jean Michel Lebeau, président d'EDF Production électrique insulaire.

 

Cet entretien a permis de mettre à plat le dossier de la production électrique en Corse, et notamment celui de la future centrale de Lucciana.

 

Ainsi, il ressort :

1) Que le choix du combustible fioul lourd pour Lucciana est la conséquence de la programmation fixée par l'Etat en 2006.

2) Que le recours au combustible fioul léger, et a fortiori gaz naturel, ne suscitent aucune opposition de principe de la part d'EDF.

3) Que l'option fioul lourd suppose des investissements conséquents dans les ouvrages pour l'amenée du combustible, et un surcoût important au moment de la conversion au gaz. Au total plus de 100M d'euros sont concernés, à comparer aux 293 M d'euros de coût prévisionnel de la future centrale de Lucciana.

4) Que l'option fioul léger, si elle se prolonge de nombreuses années en attendant le gaz, soulèverait un problème économique face au fioul lourd, et dans l'immédiat un problème administratif. Mais que, si l'autorité politique de l'Etat le décide, EDF Production est en mesure de mettre en oeuvre cette option durant la phase transitoire.

5) Que le dossier de Lucciana relève donc avant tout d'une nouvelle orientation politique au sommet de l'Etat qui est le donneur d'ordre d'EDF en Corse.

6) Enfin, EDF accepte de mettre à l'étude un projet énergie solaire pour compléter son investissement en contribuant ainsi au développement des ENR en Corse.

 

François ALFONSI et Michèle  RIVASI, députés européens.

 

 

 


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vendredi 23 juillet 2010

C'est toujours NON au FIOUL LOURD

Communiqué de presse

 

Suite aux réunions du Comité Départemental de L’Environnement et des Risques Sanitaires et Technologiques du 9 juillet 2010, et à la réunion du Conseil Energétique du 13 juillet 2010, le Collectif Non aux Centrales au Fioul Lourd s'est réuni à Corti ce 19 juillet.     Il communique :


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jeudi 22 juillet 2010

Le lobby des Associations

C'est au cours d'une très intéressante réunion associant plusieurs élus représentatifs de la Corse du Sud, notamment de la micro région du Taravu, en la présence du sous-préfet de Sartene, que le terme lobby a été publiquement associé le 21 juillet 2010 à celui d'Associations par le Président du Conseil Général de la Corse du Sud.

Alors qu'étaient évoquées toutes les réalisations rendues possibles par la volonté de mutualisation des énergies dans la micro région, au moment où des élus évoquaient les freins potentiels au développement qu'ils souhaitent, et notamment la loi littoral et la loi montagne, celui-ci a déclaré:

"Il faut que nous nous soulevions  pour lutter contre le lobby des associations....

..... à force de lutter pour la protection du lézard, de la libellule et des crapauds, il ne restera plus que ça et nous, nous aurons disparu."

On peut comprendre que les lois littoral et montagne, après avoir été appelées de leurs voeux par les élus, les gênent aux entournures. Faut-il en déduire que certains élus ont identifié les associations comme les derniers et seuls défenseurs actuels de mesures légales de gestion du foncier qu'ils ont souhaité hier?


Normalement, un lobby est un organisation destinée à représenter et à défendre les intérêts particuliers d'un groupe d'acteurs économiques. Les lobbies défendent donc des intérêts particuliers, ou corporatistes, au détriment de l’intérêt général.

On peut se demander si les représentants du MEDEF qui souhaitent voir démarrer les chantiers des centrales thermiques avec des moteurs diesel conçus pour fonctionner au fioul lourd et alimentés au fioul lourd n'auraient pas quelque part une démarche lobbyiste?

Il est vrai que bien que disposant d'un
permis de construire depuis fin 2009, et alors qu'aucun frein de s'oppose au démarrage des travaux à Lucciana, EDF/PEI n'a pas encore injecté dans le tissu local la manne financière si indispensable à l'économie insulaire. Heureusement pour l'économie de l'île, d'autres secteurs économiques continuent à bénéficier de l'influence économique du premier employeur de Corse, notamment la restauration, et la communication.

On peut se demander si cette démarche ne serait pas lobbyiste elle-même? 

Indépendance énergétique, et économique sont "sommes toutes" finalement assez liées.

samedi 17 juillet 2010

Pas facile d'être Préfet!

A les en croire, être dans le futur accusés d'être ceux qui auraient plongé la Corse dans le noir parait être la phobie des Préfets actuellement en exercice depuis qu'ils ont vu le film LUMIERE NOIRE.

Certains des précédents Préfets n'ont pas eu besoin de tels scénarios pour imaginer la mise à feu des paillotes ou la bunkérisation de la zone qui accueillait le conseil des ministres décentralisé et risquer davantage qu'une bénigne accusation.

Ce qui pourrait de façon certaine frapper l'imagination, c'est l'exemple de ce
Préfet de Corse qui a résisté aux diktats d'EDF et imposé l'équipement de la centrale du Vazzio pour que les normes ailleurs en usage soient enfin respectées partout en Corse.....ou presque. Un Préfet bien dans son rôle, aussi soucieux de la question sanitaire dont il était en charge, que de la rupture énergétique qu'il avait réussi à concilier.

Ce Préfet, n'a cependant pas réussi a imposer les mêmes équipements de dépollution à Lucciana. Il a même rencontré des freins locaux à son action...dans sa garde rapprochée. Et il est maintenant au placard. 


En cela, le film LUMIERE NOIRE est riche d'enseignements pour les grands administrateurs. Il met en évidence le comportement idéal du fonctionnaire type qui résiste bien aux tempêtes. Notamment à travers celui qui a estimé qu'il pouvait dispenser EDF d'équiper la centrale de Lucciana, comme l'a été celle du Vazzio. vu que la population aux alentours de la centrale nordique se laissait faire sans réagir, contrairement à celle du Sud.

D'ailleurs ce type qui ne porte à boire qu'à la tribune où siègent Monsieur MONTI et Monsieur LEBEAU et à son collègue de la DREAL lors du Conseil Energétique, continue lui, de faire une belle carrière en Corse.

C'est au cours de cette réunion qu'on a entendu Monsieur MONTI parler d'hommes de l'art. Pensait-il à ce zélé serviteur de boissons fraiches qui déclarait lors des assises du Développement Durable de la CAPA, le 18 octobre 2007
:

 " Je trouve que dire qu’il faut faire encore davantage sur le volet santé, cela me paraît être un peu excessif."

Les hommes de l'art se reconnaissent, se soutiennent et ainsi, en imposent au reste du monde.

Une note d'espoir toutefois. Vu du banc de la Préfecture de Région, l'attitude de notre barman spécialisé "hommes de l'art" a du probablement interpeller le grand patron des services. Du coup, les bancs où ne siégeaient  pas des hommes de l'art ont eu droit à leur 33 cl d'eau à 0 % nitrate.

Merci Monsieur pour les canettes, mais
pensez vous vraiment courir un risque en faisant davantage sur le volet sanitaire, au risque d'apparaître aux yeux de votre subalterne, ou d'autres hommes de l'art, un peu excessif?

Même si le GALSI fait l'unanimité, l?absence de plan B crée un vide unanimement inacceptable pour la société Corse.

L’Assemblée de Corse doit-elle réfléchir à un nouvel équilibre énergétique pour la Corse ?

Le plan énergétique de 2005 doit-il être revu à la faveur des nouveaux éléments de conjonctures ?

La Collectivité Territoriale peut-elle se dispenser de la réflexion à laquelle s’est livré l’Etat en faisant évoluer la PPI 2006, établie pour la période 2005-2015, vers la PPI 2009, signée en décembre 2009 pour la période 2009-2020 ?

Voilà quelques unes des pistes de réflexion qui pourraient nourrir l’analyse de la Conseillère Territoriale déléguée à l’énergie et de l’important staff technique dont elle dispose.

L’utilisation du GNL est-elle une technologie alternative fiable des points de vue économique, et de la sécurité, pour palier à la possible non-réalisation du GALSI, ou de Cyrénée ?

L’hydroélectricité associée aux ENR peut-elle assurer une part accrue de nos besoins en lieu et place d’une partie du parc thermique, sans remettre en cause les emplois, et la sécurité énergétique de l’île ?

La Collectivité Territoriale est elle suffisamment majeure pour entendre les propositions de producteurs ou investisseurs autres qu’EDF ?

Cette Collectivité pourrait-elle maitriser en régie une partie de la production d'origine locale? Ne pourrait-elle s’inspirer de l’exemple des Antilles ?  

http://www.antilla.fr/modules.php?name=News&file=article&sid=1142

http://www.societe.com/societe/le-gazoduc-des-antilles-498255702.html

 

Ce qui est certain, c’est que l’absence de plan B crée un vide inacceptable pour la société Corse. 

 

 

EDF : Michèle Rivasi furieuse ! 

 

(Alex Bertocchini - Alta Frequenza) - Nous sommes furieux car EDF fait ce qu’elle veut ! Le message des députés d’Europe Ecologie est on ne peut plus clair. En effet Michele Rivasi et François Alfonsi condamnent plus que vivement l’épilogue du feuilleton Centrale / gazoduc / Fioul qui défraie la chronique depuis maintenant plusieurs mois. On ne le répètera jamais assez, tout était décidé et écrit depuis des mois, voire des années ; il n’a jamais été question de construire en Corse autre chose que des centrales au fioul lourd, et ce bien au delà des déclarations préfectorales, ministérielles et même présidentielles. C’est ce que pense Michelle Rivasi, et c’est ce qu’elle nous dit.

http://www.alta-frequenza.com/l_info/l_actu/edf_michele_rivasi_furieuse_42920

mercredi 14 juillet 2010

Conseil Energétique du 13 juillet 2010.......l'instance a joué son rôle!

Conseil Energétique du 13 juillet 2010

 

Les débats ayant duré plus de 4 heures, et comme d’habitude comporté une part Gaussienne d’intérêt (80 % de palabres, 20 % de sens) nous nous limiterons aux quelques points essentiels, du moins  selon notre perfectible petit compte rendu :

La Présidente du C.E est Maria GUIDICELLI, Conseillère Exécutive en charge de l’Energie.  A ses côtés, à la tribune de l’Exécutif, les deux Préfets….toute une image.

Si le Président de l’Exécutif n’est pas là, EDF/PEI est bien représenté par M. LEBEAU, et M. MONTI.  Pour la CNDP M. LEGRAND et pour GRT Gaz M.HUGON

Les services de l’Etat aussi…ils n’auront pas à intervenir, ou si peu : comme il fait chaud et soif au milieu de séance, le DRIRE va chercher à boire et dépose au passage sur la tribune EDF/PEI, CNDP, GRT Gaz quelques bouteilles de Zilia, et retourne à sa place en ignorant ses voisins immédiats, dont je suis. La tribune officielle semble percevoir notre « amusement » à ce signe manifeste de solidarité…. Quelques temps après, un membre de la Préfectorale rétabli l’équilibre en distribuant à toute l’assemblée.

La Conseillère Exécutive en charge de l’Energie ouvre la séance et présente les quatre thèmes auxquels il faudrait trouver réponse : thermique et développement économique, modifications demandées - qui paie?, choix du calendrier, retards. Quatrième et dernier point : Environnemental et sanitaire.

Après avoir rappelé son courrier au ministre BORLOO lui demandant de respecter ses engagements, elle esquisse un règlement de la situation de Lucciana que sa conclusion en fin de séance ne démentira pas :

Lucciana démarrera au fioul lourd.

Le Préfet de Région a la parole :

« …. Que de chemin parcouru depuis 2,5 ans…….. Le site de bastelicaccia a été entériné par le ministre le 28 juin 2010……… on demande d’arrêter le montage financier de l’opération….. on me demande un plan B……. de donner des garanties sur la réservation des 5 % …… le gaz a augmenté de 40 % sur le marché SPOT………dans ces conditions c’est comme jouer au casino….nous croyons et nous travaillons au GALSI »

C’est au tour du représentant de GRT Gaz:

Le projet Cyrnée, ( tronçon de gazoduc qui, s’il se réalise, pourrait depuis Olbia via Zonza par voie martime, et ensuite depuis Zonza vers Bastia et vers Ajaccio par voie terrestre, alimenter les deux centrales thermiques de Corse à partir du gazoduc GALSI, s’il se réalise lui même)  est en cours d’étude, 7 M d’€. Cet homme de l’art, à travers un diaporama, présente le projet.

M. LEGRAND, CNDP enchaine :

« J’ai l’expérience de 2 gazoducs…..le débat sera une forme de concertation proche du débat public……..il en prendra la forme la plus aboutie : le débat public volontaire…14 réunions entre octobre et février que nous conclurons par un compte tendu, un avis, et 3 mois après la clôture, un engagement du maître d’ouvrage »

M. MONTI, EDF intervient sur la convertibilité des moteurs :

Il passe très vite la parole à M. LEBEAU. Pour un autre diaporama, et encore des « slides » qui semblent émaner de MAN et des explications. Puis il récidive, comme à la Préfecture de Haute Corse et affirme : Nous avons respecté la commande publique, la PPI 2006 qui prévoit du fioul lourd pour alimenter les moteurs.

La Présidente Maria GUIDICELLI donne la parole à la salle :

JN ANTONIOTTI,

« M. LEBEAU vient encore de nous affirmer, comme dans l’enquête publique, que c’est la PPI de 2006 qui prescrit l’utilisation du fioul lourd. J’ai ici la PPI 2006 et le rapport de présentation au parlement de la même année. Je les tiens à la disposition de la presse qui pourra constater que le terme fioul lourd n’apparaît à aucun moment dans ces deux documents. »

 « L’aspect consultation de cette réunion, autant que celle de l’enquête publique, et que la future tenue de la commission du débat publique sont verrouillés par l’appel d’offre et la commande ferme qu’EDF à passé à MAN le 3 octobre 2008, soit un an avant le début de l’enquête publique »

Madame la Présidente, vous avez placé dans la hiérarchisation des enjeux «  Environnemental et sanitaire » en quatrième position, ce qui ne correspond pas forcément aux attentes de la population.

Monsieur le Préfet, vous avez rappelé notre demande de plan B. Lors des réunions publiques de BAstelicaccia et de Sarrola Carcopino, le plan B du gaz naturel était le fioul lourd, refusé par la population.

Le libellé même du débat public organisé  par la CNDP porte sur le « projet de raccordement de la Corse au projet de gazoduc GALSI » : Il y a là un empilement d’incertitudes qui risque de laisser cette Assemblée devant un vide inacceptable si aucune solution de remplacement n’est envisagée. Ce vide nous condamnerait au fioul lourd.

 

Les gens d’EDF nous parlent toujours de l’urgence à construire la centrale Lucciana 2, mais jamais de

de l’urgence à  équiper Lucciana 1 avant le 31 décembre 2010, comme l’a été la centrale du Vazzio à

partir de 2006 de catalyseurs pour baisser son niveau d’émission de polluant.

 

Enfin, on demande à la Corse de financer un partie de son raccordement au gazoduc : Les 

autres régions de l’hexagone sont-elles également sollicitées pour financer leurs gazoducs ?

 

Nadine NIVAGGIONI :

Revient sur le respect du vote des décisions de l’Assemblée de Corse, notamment le Plan Energétique Corse et la motion du 13 novembre 2010 : « La remise en cause de l’institution par EDF est inacceptable ». Elle évoque le non respect du PEC et l’utilisation en pointe des moteurs avec ses  corolaires : la sur-pollution liée aux démarrages répétés et la prime de 3000 € accordée pour chaque démarrage, qui se sont élevés à 1250 en 2008 pour le Vazzio.

Puis elle évoque la proposition formulée par le Député Européen François ALFONSI suite à sa rencontre avec M. MERLIN (EDF national) et M. RISTORI (Vice-président de la commission Européenne de l’Energie)

Antoine MANDRICHI :

Une très longue déclaration dont on peut extraire : « …..nous tergiversons……. il faut annoncer la couleur dans les plus brefs délais………….. et lancer immédiatement la construction des 2 centrales ».  Le sourire revient du côté d’EDF, et les Préfets opinent.

Paul Félix BENEDETTI :

« Il faut programmer un chantier sur 3 ans……..envisager des terminaux maritimes, à une alimentation par méthaniers durant la phase transitoire, à un tracé maritime du raccordement de Bastia et d’Ajaccio, et au type de moteur le plus adapté. »

Ange SANTINI

« …….Les mois se suivent et se ressemblent……..que de chemin parcouru depuis 5 ans…… »  « C’est sur, le projet Cyrénée verra le jour….si le GASLI voit le jour »

« Démarrer au fioul lourd peut durer très longtemps »

« Les moteurs doivent être convertis et non convertibles »

 

Michel STEFANI

 

« J’ai entendu l’interview du Pr BELPOMME…ceux qui se posent des questions sur la pollution de centrales devraient se les poser également sur celle des bateaux….…si nous faisons de la question sanitaire un préalable, il ne peut plus y avoir d’activité.. »

 

« Si on demande à un chômeur de choisir entre un emploi précaire dans la restauration et un emploi à la centrale de Lucciana, je ne doute pas de la réponse »

Les Préfets répondent :

 

De région : « Je constate qu’on s’interroge maintenant sur les bancs au sujet du GALSI…..étudier ports méthaniers, GNL……..il y a aussi des inconvénients…..j’y suis tout à fait prêt et cela répondra à la suite de la procédure………l’horloge tourne….chercher autre chose c’est dangereux pour la sécurité de la Corse….. »

 

De Haute Corse

« Peut-on démarrer au fioul léger à Lucciana : NON ! » « Monter les kits au début c’est prendre le risque de polluer plus »

 

M. MONTI EDF :

 

«  Je ne vais pas répondre à toutes les interventions……sur les choix opérés par l’opérateur….il appartient à l’opérateur……beaucoup des intervenants ne sont pas des techniciens…….il faut discuter avec des hommes de l’art »

 

« La pollution fait partie du développement….notre souci d’industriel est de respecter les normes que l’Etat prescrit………on gagne quoi entre fioul lourd et fioul léger….des résultats proches d’epsilon ? »

 

« GNL….il n’y a pas de solution miracle…..attendons….. »

 

M. HUGON, GRT Gaz:

 

Tracé maritime : « …en mer, il y a aussi des contraintes.. »

 

Fabienne GIOVANNINI

 

« L’accès à de nouvelles ressources en gaz va accentuer l’intérêt du gaz tandis que le coût du fioul lourd continuera d’augmenter. Le gaz naturel sera 40 % moins cher pour les clients autres que les centrales……..Si l’électricité Italienne est plus propre et moins chère elle concurrencera notre production…..le compromis proposé par François ALFONSI est un effort…. »

 

Jean Charles ORSUCCI

 

« la différence fioul lourd et fioul léger est-elle epsilon ?................Jean Louis BORLOO m’a dit hier que le GASLI était sur à 90 %....... il reste donc 5 à 10 % de risque……à titre perso je suis sceptique……peut on dire qu’EDF a toujours fait ce qu’il fallait par le passé….. manquement à des règles sanitaires…….. »

 

François TATI

 

«….du mal à suivre toutes les subtilités  …..souhaite être associé à la conception du cahier des charges du débat public… »

 

Antoine ORSINI

 

« …des débats timorés en matière de santé publique…..la question économique est mineure……malgré l’unanimité GASLI, on n’est pas assuré qu’il se fera….. »

 

M. NICOLAI. CFDT EDF

 

«  Qualitair Corse à des cabines partout……….la pollution des centrales ne pose pas de problème »

 

(la DRIRE porte à boire au banc EDF)

 

Jean Robert MIGNUCCI STC EDF

 

« ….le PEC n’est pas respecté… on est contre l’interconnexion…..il faut prendre des décisions…. »

 

Philippe GRANJU CFE-CGC EDF

« Il faut avancer sur Cyrénée….il ne faut pas apprécier les cours du gaz seulement en période de crise….ils vont baisser en sortie de crise……de plus le gaz est toujours moins haussier que le pétrole… préparer un plan B c’est un peu tôt…..»

M. MILON   MEDEF

« Démarrage immédiat des travaux…..l’opérateur ne travaille pas au détriment de la santé publique …..les normes protègent les citoyens, si elles sont respectées….. »

 

La Conseillère Exécutive en charge de l’Energie fait une première conclusion des échanges très similaire à son introduction, puis donne la parole pour un deuxième tour de salle. Quelques interventions, puis Maria GUIDICELLI conclut et nous donne rendez-vous en automne.

lundi 12 juillet 2010

LUCCIANA 2...... la nouvelle posture de l'opérateur.

Dans l'antichambre du CODERST (le hall de la préfecture de la Haute Corse) ce vendredi 9 juillet 2010, un responsable du futur site Lucciana 2 attend la sortie du pipi-room du reste des troupes de PEI (5 dont certains sont venus spécialement de Paris) après leur audition par le comité départemental de l'environnement des risques sanitaires et technologiques.

J'engage la conversation: "Bonjour, Pourquoi n'avez-vous pas encore démarré les travaux alors que vous avez obtenu le permis de construire? Rien ne s'y oppose légalement ?"

Lui: "Ce n'est pas évident compte tenu des manifestations récentes d'opposition de la population"

Moi:  "Vous avez probablement connaissance des attentes formulées par la chargée de l'énergie, et de la proposition du député François ALFONSI.  Cela vous paraît envisageable de démarrer Lucciana 2 au fioul lourd avec des 51/60 le temps de boucler une enquête publique pour le stockage du fioul léger ?"


Lui  : "Heu non, on peut pas! Comme il y aurait une surconsommation de 5%, il y aurait de fait une pollution supplémentaire du même ordre. On serait encore accusés de sur-pollution"

Moi " Vous plaisantez?  Selon le projet d'arrêté préfectoral de Lucciana 2, vous avez des VLE limitées à 800 µgr/m3 alors qu'actuellement l'arrêté du Vazzio dépollué est à 1900 µgr/m3 pour les polluants règlementés."

Les autres sortent du pipi-room....... fin de la conversation!

Pas le temps de lui répondre que
5 % de consommation supplémentaires, ça ferait du 840 µgr/m3, tout de suite et qu'assorti de la garantie d'un passage au fioul léger à la fin de la procédure d'enquête publique pour Lucciana 2, c'est peut-être préférable à l'option envisagée par EDF de laisser encore tourner Lucciana 1 en prolongeant la dérogation, et donc en continuant à dépasser 1900 µgr/m3.

Et que ça mérite au moins réflexion. Sur Altafrequenza les explications du Député Européen.

http://www.alta-frequenza.com/index.php/fr/l_info/l_actu/centrale_au_fioul_lourd_de_lucciana_intervention_de_francois_alfonsi_42878

 




Selon un responsable syndical, le slogan " Pas de fioul lourd, pas d'emplois " inspirerait une véritable crainte aux agents des centrales. Ceci explique peut-être cela.

samedi 10 juillet 2010

5 contre, 3 abstentions....le CODERST n'a pas été séduit par le projet d'arrêté préfectoral

5 contre, 3 abstentions et seulement 9 votes favorables........ 

C'est le résultat du vote à bulletins secret concernant le projet d'arrêté préfectoral., le moins qu'on puisse dire c'est que le CODERST n'a pas été séduit par ce projet qui ne satisferait visiblement que l'administration.

De l'avis des participants, jamais le débat dans cette instance n'avait été si intense.

Alors que JN ANTONIOTTI était reçu seul pour représenter le Collectif Régional NON aux CENTRALES au FIOUL LOURD, ce n'est pas moins de quatre représentants d'EDF, dont Monsieur LEBEAU en personne, qui venaient défendre.....l'indéfendable, tandis que Monsieur MONTI attendait à l'extérieur.


JN ANTONIOTTI, faisait une courte intervention présentation et en remettait copie aux participants, en voici le contenu:




Mesdames, Messieurs les membres du

Conseil Départemental de l’Environnement et des Risques Sanitaires et Technologiques

 

 

Votre avis sur le projet d’arrêté d’autorisation d’exploitation de la future centrale thermique de Lucciana est sollicité.

Ainsi qu’il l’a affirmé ici même le 29 juin 2010, le Président de PEI  SAS, Production Electrique Insulaire, a pris la responsabilité de lancer un appel d’offre, puis de passer commande le 3 octobre 2008 au fournisseur MAN sur la base de la seule option fioul lourd.  

Cette option n’est pas prescrite par la commande publique, et ne figure ni dans le rapport de présentation au parlement sur la programmation pluriannuelle des investissements de production électrique pour la période, ni dans la PPI 2006, votée le 7 juillet 2006.

Cette option ne respecte pas davantage le Plan Energétique Corse, ni  la délibération 05/225 du 24 novembre 2005 votés par l’Assemblée de Corse. Cette option passe outre le rejet manifesté de la population, la délibération votée par la Mairie de Lucciana le 12 mai 2010 et la motion votée le 13 novembre 2009 par l’Assemblée de Corse,  au terme d’une procédure démocratique que nul, ni même le Président de PEI, ne peut se permettre de contester.

Le contrat, qui porte sur la fourniture de 54 moteurs de type 48/60, prévus pour fonctionner au fioul lourd a donc été signé plus d’un an avant le début de l’enquête publique, qui  a effectivement  démarré le 15 octobre 2009. Cette voie de fait constitue une première atteinte au déroulement normal de la procédure d’autorisation préfectorale d’exploitation.

Cette ICPE,  installation classée pour la protection de l’Environnement, présente effectivement des risques pour l’environnement, des risques sanitaires, et des risques technologiques. La complexité du dossier a conduit la commission d’enquête publique à demander deux mois de délai supplémentaire pour rendre son avis exprimé en 19 pages.

L’ensemble du rapport de la commission d’enquête, 231 pages,  a été contesté ici même,  le 29 juin 2010, par le Président de PEI  SAS, qui a affirmé que « tout n’est pas vrai dans le rapport des commissaires enquêteurs ».  

Survenant après le rapport de l’inspection des installations classées, suite à la navette entre la commission d’enquête et PEI, cette contestation fragilise l’ensemble de la procédure d’autorisation d’exploitation.

Si la sécurité électrique et l’urgence sont présentées comme les enjeux  majeurs par l’industriel,  la santé publique et la protection de l’Environnement  sont également des enjeux majeurs pour la population.

Autoriser l’exploitation d’une centrale avec sept moteurs 48/60 alimentés au fioul lourd ne permet pas de les concilier.

D’autre part, au plan économique, l’épuisement des ressources pétrolières, renforce l’intérêt  économique de l’alimentation au gaz naturel,  par gazoduc ou méthaniers,  et le recours accru aux énergies renouvelables, bien plus conformes à l’esprit des Grenelles de l’Environnement, et à la PPI 2009, votée le 15 décembre 2009.


pour le Collectif Régional NON aux CENTRALES au FIOUL LOURD

 signé: JN ANTONIOTTI,

 

Sur le site du PNC (http://www.p-n-c.eu/ ) retrouvez l'intervention du député Européen François ALFONSI au niveau Européen en vue d'un règlement négocié. A noter que la solution envisagée est assez similaire à celle que Maria GUIDICELLI a évoquée dans sa conférence de presse. Une petite déception de la part de l'élue territoriale, le mot lourd lui est toujours aussi difficile à prononcer.

La lettre du Député François ALFONSI aux membres du CODERST de la Haute Corse:

 
Objet : future centrale thermique de Lucciana
 
 
 
Mesdames, Messieurs,
 
À l'ordre du jour de votre réunion de ce 9 juillet est inscrit l'examen du dossier relatif à le future centrale thermique de Lucciana. À ce sujet, je souhaite porter à votre connaissance les éléments d'information suivants.
Les moteurs de la centrale projetée sont proposés par EDF-SEI comme fonctionnant au fioul lourd, et convertibles ensuite par l'adjonction de kits pour être adaptés aussi bien au gaz qu'au fioul léger.
Or la commission qui a rendu son rapport à l'issue de l'enquête publique indique un fait tout à fait capital : des moteurs déjà équipés pour fonctionner au fioul léger ou au gaz naturel peuvent aussi fonctionner avec du fioul lourd. Ce fonctionnement se fait alors avec un moindre rendement, 43% contre 48%, mais il est possible sans contre-indication aucune.
 
La demande de démarrage immédiat au fioul léger des moteurs, que je soutiens avec les associations de riverains de Lucciana et de nombreuses associations de défense de l'environnement de Corse, est contrebattue par les délais nécessaires pour mener les procédures nécessaires avant de pouvoir réaliser le stockage de combustible nécessaire. Ce « hiatus » fait craindre aux autorités préfectorales une situation de tension trop risquée par rapport aux besoins de pointe de l'île, et donc une rupture d'approvisionnement électrique de la Corse.

Compte tenu des éléments techniques que j'ai exposé sur la possibilité de démarrer les moteurs, même installés en configuration fioul léger, avec le fioul lourd pour une période limitée, ce risque est supprimé.
La centrale peut donc très bien être équipée d'emblée des moteurs fonctionnant au fioul léger, convertibles sans délai au gaz naturel, sans faire courir le moindre risque à l'approvisionnement de l'île. Si les procédures de création d'une unité de stockage de fioul léger sont lancées dès maintenant, cela permettrait de bénéficier au plus tôt de combustible léger à proximité du site, et donc de fonctionner ensuite sans délai, et sans travaux supplémentaires interrompant la marche de la centrale, en abandonnant le fioul lourd.
 
Ce lundi 5 juillet, j'ai exposé cette proposition à Monsieur le Préfet Névache, qui l'a prise en compte. Ce mercredi 7 juillet à Strasbourg, lors de la session du Parlement Européen, j'ai rencontré avec ma collègue Michèle Rivasi un des plus hauts responsables d'EDF, Monsieur André Merlin, en présence de Monsieur Dominique Ristori, directeur général adjoint au sein de la Direction de l'Energie au sein de la Commission Européenne. Cette proposition a retenu toute leur attention, et Monsieur André Merlin s'est engagé à la porter au plus haut niveau d'EDF, et notamment auprès de Monsieur Proglio en personne. Nous sommes tombés d'accord pour avoir au plus tôt un rendez-vous avec la direction d'EDF-SEI.
 
Nous sommes aujourd'hui à l'heure des décisions. La proposition de compromis que j'ai faite à Monsieur le Préfet et, avec le concours de la Direction de l'Energie de la Commission, à la direction d'EDF, concilie toutes les attentes des décideurs, tant pour les contraintes d'approvisionnement que pour le volet environnemental, et elle est totalement compatible avec le projet que nous partageons tous, à savoir l'arrivée du Galsi en Corse dans les délais les meilleurs possible.
Je sollicite donc le CODERST pour qu'il reprenne cette proposition dans son avis.
 
Je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes sentiments les plus cordiaux.




jeudi 8 juillet 2010

Nous ne perdrons pas la guerre contre l'inacceptable

Pourquoi perdons-nous la guerre contre les maladies?

Salle des fêtes de Batelicaccia, le public est venu entendre le message du professeur Dominique BELPOMME, éminent cancérologue, spécialiste de la relation entre affections, santé et environnement.

Comme à Bastia la veille, cette conférence est à l’initiative de l’Association pour la Fondation de Corse, dont Jean François BERNARDINI, I MUVRINI, est le Président.

Jean François nous présente l’objectif de l’AFC : la création de La Fondation de Corse.

L’Association œuvre en effet pour réunir les ressources humaines, les conditions morales et matérielles, nécessaires à la création « d’Umani-Fondation de Corse », qui sera la première Fondation Reconnue d’Utilité Publique de Corse. Pour cela trois grands axes:

Rassembler un grand nombre d’adhérents et de soutiens afin de conforter son assise populaire,

Recueillir, par la collecte des dons manuels et des cotisations des particuliers, entreprises et institutions, les fonds nécessaires à la capitalisation initiale d’1 million d’euros,

Elaborer un véritable projet d’intérêt général offrant l’assurance de sa transparence et de sa pérennité,

L’intérêt général de la Corse est le moteur pour accomplir cette mission désintéressée, créatrice de liens, d’épanouissement et d’avenir. A cet effet l’AFC mène des actions valorisant le patrimoine naturel, culturel et humain dans l’île et aussi dans le monde en échangeant les expériences, et en relation avec les grands défis de l’homme et de la planète.

Avant de confier la parole au professeur BELPOMME, Jean François exprime sa solidarité avec l’action citoyenne menée par la société civile contre la construction de centrales au fioul lourd.

« …..ce territoire mérite plus ……un système économique qui ne favorise pas la qualité de vie……. C’est une aberration….. »  sont parmi les premières phrases de l’intervention du Pr BELPOMME qui a pris connaissance la veille à Bastia de la volonté d’EDF d’imposer le renouvellement des centrales au fioul lourd.

Le Pr BELPOMME enchaine sur le thème :

Pourquoi perdons-nous la guerre contre les maladies?

Les fléaux de Santé Publique


Le cancer, première cause de mortalité :

Depuis le premier plan cancer, leur nombre est passé 290 000 à 350 000 nouveaux cas par an,

Alors qu’il touchait auparavant 1 homme sur trois et une femme sur quatre, la tendance évolue aujourd’hui vers 1 homme sur deux et une femme sur trois,

Pour les pouvoirs publics le tabagisme, l’alcolémie et les déséquilibres alimentaires seraient les seules causes.

Cette thèse ne tient pas indique le Pr BELPOMME, il suffit de constater par exemple le cas des enfants qui ne fument pas, ne boivent pas et n’ont pas encore été affectés par la suralimentation : le pourcentage de cancer chez les enfants est en augmentation de 1,1% chaque année.

Il est d’ailleurs établi que 3 cancers sur 4 ne sont pas liés au tabagisme.

La maladie d'Alzheimer :

Non connue jusque dans les années 70, elle est en constante évolution.

L’autisme :

Chez les enfants on comptait :

1 cas sur 10 000, il y a 25 ans,

1 cas sur 1 000, il y a 10 ans,

1 cas sur 100, aujourd’hui, la Grande Bretagne atteignant 1 cas sur 63

La maladie de Parkinson : en évolution.

Les allergies, qui poussent 12 millions de français à consulter chaque année

L’hypo-fécondité et la stérilité qui abaissent les naissances en Europe à 1,4 enfants par couple alors qu’il faudrait 2,1 enfants par couple pour maintenir la population

 

Les facteurs environnementaux

 

Plusieurs facteurs d’origine environnementale sont capables de modifier notre chaine ADN et de parvenir à générer les 3 à 6 altérations suffisantes pour les faire muter :

Les rayonnements et la radioactivité artificielle : les champs électromagnétiques : Une exposition à  1h par jour et durant plusieurs années dès le jeune âge expose à la maladie d'Alzheimer dès 45 ans et à des tumeurs au cerveau.

Le trou de la couche d’ozone, qui ne se réparerait pas contrairement à certaines affirmations augmente l’exposition aux UV solaires et donc le nombre de cancers de la peau

Les pollutions chimiques, quant à elles, sont responsables de 50% des autres cancers. Aujourd’hui 3 cancers sur 4 sont d’origine environnementale.

L’allongement de la durée de vie ne concerne que les populations nées avant le développement de la pollution. Les pathologies fœtales montrent qu’il n’en sera pas de même pour les générations futures et qu’une bombe à retardement sanitaire se prépare. Mais les hommes politiques ne sont pas sensibles au discours des scientifiques et se contentent du discours apaisant des lobbies industriels qui encouragent un déni sociétal.

Les HAP, les pesticides et les produits organochlorés ont un impact avéré sur les maladies de l’enfant et la stérilité. Coté combustions, les émissions des incinérateurs et des centrales thermiques contiennent les composés dits CMR, cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction, les furanes et les dioxines.

A titre indicatif, les ampoules à économies d’énergies présentées comme une panacée, cumulent à la fois le risque d’exposition au mercure et aux champs électromagnétiques.

L’absorption de ces polluants en petites doses répétées débouche inévitablement sur des cancers.

Les PCB, jugés plus toxiques que l’amiante, ont irrémédiablement souillé le lit de nos cours d’eau pour plusieurs centaines d’années.

Et le Pr BELPOMME ajoute : les îles sont généralement beaucoup plus exposées à toutes les formes de pollution.

Louis PASTEUR parmi les premiers contemporains, après Hippocrate, tout en reconnaissant que la susceptibilité du terrain (différences entre les individus) avait mis en évidence l’influence des agents extérieurs sur nos organismes.

 

Que faire ?

 

« D’abord protéger » indique le Pr BELPOMME, « les femmes et les enfants d’abord ».

Tout le parcours santé d’un individu se programme dans le ventre de sa mère où il est directement exposé durant son développement aux polluants ingérés par sa mère.

Puis le Pr BELPOMME continue en énumérant les cas de figures : effets à court terme, à moyen terme, et à long terme. Des effets multiples qui peuvent tour à tour, à chaque étape de sa vie, affecter un individu.

Un constat très inquiétant pour les générations futures. La Corse ne sera pas épargnée.

Alors le Pr BELPOMME confirme la nécessité de refuser la construction de centrales au fioul lourd et d’incinérateurs, d’accroitre la mobilisation, et de prolonger le combat par une action en justice.

Ne pas accepter les diktats des industriels, et refuser que la Corse soit définitivement considérée comme une poubelle où l’on peut, alors que son usage est abandonné partout dans le monde, continuer à bruler du fioul lourd pour produire de l’électricité, et qu’il existe d’autres solutions. Désobéir civiquement s’il le faut.

Le Pr BELPOMME prône le recours à la production à partir d’énergie solaire et cite la réunion où est produite 50 % de l’énergie solaire française.

L’intervention est saluée par l’auditoire. Puis le public à parole, les médecins présents s’expriment, Sauveur MERLENGHI généraliste engagé, Joël CASTELLI oncologue vice-président d’A Sentinella s’expriment et conviennent avec le Pr BELPOMME de la nécessité d’établir un argumentaire éco-toxicologique  en vue d’une action au TA.

Puis Jean François BERNARDINI prolonge le message à l’attention des associations engagées dans le combat, « vous pouvez compter sur le soutien d’I MUVRINI, nous envisageons de vous permettre, lors de chaque date de notre tournée du mois d’août, de vous adresser au public. Votre cause doit bénéficier d’une plus grande diffusion. J’envisage également de proposer au conseil d’administration d’Umani-Fondation de Corse de réfléchir à la possibilité de soutenir financièrement l’incontournable action en justice que vous avez prévu d’engager »

Soulignant les difficultés pour les élus confrontés aux rouleaux compresseurs des industriels qui n’ont d’autres objectifs que l’intérêt économique, Jean François BERNARDINI s’adresse au Maire Antoine OTTAVI qui assiste à la conférence : « Voilà Monsieur le Maire, il y a là une belle énergie, le soutien  qui vous est indispensable faire face à l’inacceptable ».

Minuit, après un dernier échange de contacts, on remercie le Pr BELPOMME, Jean François BERNARDINI et les responsables d’UMANI qui reprennent la route pour Bastia.

 

Une grosse bouffée d’oxygène pour les opposants aux centrales au fioul lourd.

 

lundi 5 juillet 2010

Fioul lourd : Ils ne passeront pas!

Actualité chargée dans les prochains jours pour les opposants aux centrales au fioul lourd:



Mardi 6 juillet 2010 : Réunion d'information organisée par le groupe FEMU A CORSICA:


Madame, Monsieur, cher(e) collègue,

Vous avez suivi tout comme nous le dossier du renouvellement de la centrale électrique de Lucciana. Nous avons été reçus par M. le préfet de Haute-Corse, ce mardi 29 juin à Bastia, avec une délégation du Collectif régional qui s'oppose au projet EDF de centrales au fioul lourd, et en présence d'une délégation d'EDF, notamment M. Lebeau pour EDF-PEI et M. Monti pour EDF exploitant.


Notre objectif est de trouver une solution de compromis conforme aux délibérations de l'assemblée de Corse, dans le dialogue et la concertation.


Nous vous interpellons car l'attitude des représentants d'EDF durant cette réunion a été particulièrement méprisante envers la représentation élue de la Corse, dénigrant notamment la motion adoptée en novembre 2009 par notre Assemblée. Cette réunion réclame une réaction de notre part, ferme et démocratique.

 

Aussi, notre groupe a pris l'initiative de vous convier à une réunion d'information mardi prochain, le 6 juillet 2010, à 15h à la salle Prosper Alfonsi de l'Assemblée de Corse.


Nous comptons fortement sur votre présence afin de faire respecter les compétences de notre Assemblée.


En vous remerciant par avance de votre disponibilité, nous vous prions d'agréer, Madame, Monsieur,  l'expression de notre considération distinguée.

Le Groupe Femu a Corsica à l’Assemblée de Corse.


 

Mercredi 7 juillet à 20h30 à Bastelicaccia, à la Salle de fêtes. Dominique BELPOMME, médecin, professeur de cancérologie, écrivain.

P

Vendredi 9 juillet 2020 à  14h30 à BASTIA: 

P

Le CODERST est réuni par le Préfet de Haute Corse préalablement à la signature du projet d'autorisation d'exploitation de la centrale thermique  de LUCCIANA, conforme à l'imposition d'EDF avec:


7 moteurs diesel 48/60

alimentés au FIOUL LOURD



Lundi 12 juillet 2010: Le Conseil Economique Social et Culturel traitera des thèmes énergie et déchets.

P

Mardi 13 juillet 2010:  Conseil énergétique à Ajaccio


Soutenez-vous le projet de la nouvelle centrale de Lucciana?

C'est la question que pose Corse Matin dans un sondage en ligne qui aurait pu avoir beaucoup plus d'intérêt si le quotidien avait plus précisément libellé sa question.

Le grand public n'étant censé connaître le contenu du projet d'arrêté préfectoral, qui n'est d'ailleurs pas arrêté selon les propos du Préfet en date du 29 juin 2010, la formulation suivante aurait été bien plus objective :

Soutenez-vous le projet d'une nouvelle centrale au fioul lourd à Lucciana? 


Dans les médias, sur 
Alta FrequenzaLaetitia PIETRI  revient sur la réunion du 29 juin 2010 en préfecture de Haute Corse:

Une insulte à l'assemblée de Corse ?

Une insulte et une atteinte grave à l’assemblée de Corse, Jean Biancucci le conseiller territorial de Femu a Corsica n’a pas mâché ses mots concernant l’attitude d’EDF lors de la fameuse réunion du 29 juin (voir par ailleurs). Selon lui EDF a raillé la motion anti fioul lourd votée à l’assemblée de Corse et s'est rendu coupable de déni de démocratie. Pire, dit Jean Biancucci, cette allusion a été faite en présence d’un représentant de l’Etat, à savoir le préfet de Haute-Corse qui, toujours selon lui n’a pas réagi. Le groupe Femu a Corsica a annoncé qu’il n'allait pas laisser ces faits sans réaction. Ecoutez Jean Biancucci.

 




vendredi 2 juillet 2010

Pour les arrêtés préfectoraux d'autorisation d'exploitation des centrales au fioul lourd : c'est EDF qui décide!

Conférence de presse du Vendredi 2 juillet à 10h30

du Collectif Régional NON aux CENTRALES au FIOUL LOURD

 

 

Mardi 29 juin 2010, à 17h30 une *délégation du Collectif Régional NON aux CENTRALES au FIOUL LOURD  était reçue par le Préfet de Haute Corse. Assistaient à l’entretien cinq représentants de l'Etat, trois représentants d’EDF (dont le président de PEI Productions Electriques Insulaires, filiale d’EDF) deux représentants de MAN et un consultant.

 

Prenant à contre-pied les annonces de la Conseillère Territoriale en charge de l’énergie, sur l’éventualité de l’approvisionnement de moteurs MAN 51/60 (capables de fonctionner sans modifications au gaz naturel) le Préfet a très vite précisé les grandes lignes de son projet d’arrêté d’autorisation d’exploitation de la future centrale thermique de Lucciana en précisant que 7 moteurs de type 48/60 seraient installés et alimentés au fioul lourd. A l’évidence, la superposition  de cette feuille de route avec celle du Préfet de Région pour Ajaccio, dépourvue de plan B, indique clairement qu’EDF veut imposer la pérennisation du fioul lourd pour la Corse entière, en dépit des annonces des Préfets qui s’en défendaient.

 

Au regard de la minime part de compétence reconnue à la Collectivité Territoriale par le code général des collectivités territoriales, CGTC,  en matière de moyens thermiques, celle-ci en a donc été spoliée. Le CGTC indique en effet que la Collectivité de Corse est « garante de l’acceptabilité de ses choix énergétiques par la population ». L’annonce du Préfet indique clairement qu’aucune des conditions permettant de considérer que la caution de la population souhaitée par l’Etat n’a été remplie.

 

Le Collectif Régional NON aux CENTRALES au FIOUL LOURD prend acte que l’Etat, d'abord à Lucciana, a mis fin au dialogue. Nous allons donc amplifier la mobilisation, et peaufiner une action en justice.

 

Nous rendrons public le contenu intégral de cette entrevue et la teneur des propos qui ont été tenus en présence du Préfet de Haute Corse, alors même qu'une heure auparavant, EDF devançait son annonce et indiquait à la presse qu'il ne manquait plus que sa signature.

 

*(Dr Edmond SIMEONI – Collectif LUCCIANA Centrale au Gaz,  Dr Pierre LIEUTAUD – Association Mieux Vivre La MARANA, Fabienne GIOVANNINI – Conseillère Territoriale, Magali GOZZI - Collectif LUCCIANA Centrale au Gaz, Michel ANGELI – Collectif des résidents de Lucciana contre la centrale au fioul et pour le raccordement de la Corse au Galsi, Pierre André EMMANUELLI – IVERDI , Chjara MOLINELLI – U POLPU & U LEVANTE, Dominique LANFRANCHI - Association A SENTINELLA, Jean Nicolas ANTONIOTTI – Collectif ARIA LINDA)

 

 

Notre analyse point par point des « échanges » :

 

 

1)      Ne pouvant répondre aux réserves émises par la commission d’enquête publique dans les 19 pages de conclusions, EDF en conteste la validité en estimant que « tout n’est pas vrai dans cette enquête ». Le préfet de Haute Corse, qui a prolongé la durée initiale de remise des conclusions ne réagit pas à la remise en cause du travail de la commission.

 

2)      Pris en flagrant délit d’avoir interprété à son avantage la commande publique matérialisée par la programmation pluriannuelle des investissements de 2006, la PPI 2006, EDF soutien avoir élaboré son dossier en le respectant, alors que le document, lorsqu’il désigne le fioul, ne l’associe jamais au qualificatif lourd. Le président de PEI reconnaît toutefois sa totale responsabilité dans cette orientation. De fait, l’enquête publique remarque que le choix d’EDF n’est pas appuyé par une démonstration - avantages/inconvénients - intérêt économique/impact environnemental - résultant de la comparaison avec d’autres modes de production envisageables, notamment le gaz naturel.

 

3)      Dès lors qu’EDF dispose de la capacité à récuser l’enquête publique ou à passer outre les décisions ministérielles, sans que ni l’Etat à travers le Préfet, ni que les élus régionaux ne s’en préoccupent, se pose un véritable défi à la démocratie. La réunion du comité départemental de l’environnement des risques sanitaires et technologiques, CODERST le 9/7/2010, du conseil énergétique le 13/07/2010, et de la mise en place à la rentrée de la commission du débat public, CNDP ne seront que des cautères sur des jambes de bois.

 

4)      Alors que nous lui faisons remarquer que par la motion votée le 13 novembre 2009 par 44 voix sur 51, la Collectivité Territoriale de Corse :« demande au Ministre de l’industrie l’abandon définitif de toute construction de centrale fonctionnant au fioul lourd (et que les choix d’implantation considèrent en priorité les aires de diffusion des pollutions) » le président de PEI  qualifie cette expression démocratique de « vote au petit matin à 14 voix ».

 

5)      EDF fait également fi de la délibération votée le 12 mai 2010 par le Conseil Municipal de la Commune de Lucciana demandant à EDF de démarrer la centrale de Lucciana au fioul léger.

 

6)      L’argument invoqué par EDF pour ne pas accéder à la demande unanime des collectivités de passer au fioul léger : 18 mois de procédure supplémentaires pour relance de la procédure d’enquête publique mettraient en danger l’équilibre énergétique. A noter que notre remarque concernant ce changement de combustible avait été évoquée lors de la réunion publique organisée par le Préfet de Région le 21 septembre 2009 à Bastelicaccia, et notifiée dans nos apports à l’enquête publique.  Donc bien avant que la commission d’enquête publique ne rende ses conclusions

 

7)      Constatant qu’EDF avait pu, en cours de procédure d’enquête publique, modifier le contenu du dossier pour le stockage du fioul lourd et même relancer un appel d’offre, le Député Européen François ALFONSI avait fait remarquer, lors de l’audience du 29 avril 2010, qu’il était donc possible de réduire ce délai. Le Préfet nous a affirmé que le Député Européen s’était trompé sur ce point.

 

8)      Répondant aux inquiétudes exprimées par les professionnels de santé quant à l’impact sanitaire des émissions des centrales sur la population, Le président de PEI rétorque qu’il s’agit d’axiomes. Cette posture étant renforcée par les fins de non recevoir opposées par les autorités en charge de la santé publique aux demandes d’enquêtes épidémiologiques et à l’absence de registre des cancers.

 

9)      EDF se dissocie pourtant de l’Etat, son actionnaire majoritaire, « celui qui fixe la réglementation » quand bien même celui-ci se montre très compréhensif, comme au mois d’août 2008, en acceptant de considérables dépassements des valeurs limitent d’émission de polluants. Prescriptions pourtant soumises à un précédent CODERST, et signées par un précédent préfet.

 

10)  Le passage en force s’applique également aux prescriptions de la programmation prévisionnelle des investissements, PPI qui prévoient la fin de la dérogation de dépassement des seuils réglementaires d’émissions polluantes dont bénéficie l’actuelle centrale de Lucciana au 31.12.2010, date qu’EDF n’entend pas respecter. Comme l’indique clairement son directeur, en 2005 alors qu’EDF est obligée en 2005 d’équiper la centrale du Vazzio pour la rendre conforme à la réglementation française en matière d’émissions applicable dans l’hexagone, la DRIRE permet à EDF de laisser Lucciana continuer à fonctionner sous dérogation.

 

11)  D’étranges considérations économiques priment sur la santé. Selon le Directeur Régional, la Commission Régulation de l’Energie, CRE, n’accepterait pas de financer les surcoûts d’exploitation liés à une transition vers le gaz naturel assurée au fioul léger. S’il devait être confirmé, ce positionnement  remettrait en en cause la proposition avancée par le Préfet de Région selon laquelle à partir de 2016, à défaut de raccordement de la Corse au GALSI, toutes les centrales de Corse seraient alimentées au fioul léger. Pourtant, la CRE consent à compenser EDF à hauteur de 3000 € pour chaque démarrage-arrêt, malgré l’anormale multiplication de ces phases très polluantes, pour des centrales censées travailler en base. Bien qu’EDF conteste ces chiffres, la seule centrale du Vazzio totalise en 2008, 1250 de ces phases. (comptage réalisé à partir des relevés d’autosurveillance d’EDF. EDF n’en reconnaissant qu’un millier, on arrive donc au minimum à 1000 x 3000 = 3 millions d’euros donnés par la CRE à EDF, hors Lucciana,  pour la seule année  2008.) 

 

 

12)   Dans les apparences, l’action menée par la Députée Européenne Michelle RIVASI au sujet du dépassement de la limite des 5 % d’interconnexion admis par dérogation (EDF atteint au moins 30 % d’interconnexion) pour permettre à une zone dite « non interconnectée » (ZNI) de le rester et de conserver le bénéfice du statut qui s’y rattache déroute de nos interlocuteurs. Le Préfet y voit un risque de dérèglementation tarifaire (haussière) pour les consommateurs, ce que ne prévoient pas les textes. Si la Corse perdait « les avantages» accordés aux ZNI, elle serait tout simplement alignée sur le même statut que les autres départements métropolitains. Le Directeur d’EDF avance, sans en préciser la nature, un risque pour le statut des personnels. En fait la véritable préoccupation d’EDF serait liée à une potentielle baisse du taux de rémunération des capitaux investis.

 

 

13)   Au cours de l’entretien, en présence du préfet, et comme certain syndicat dont ils se sont transformés en portes-parole de circonstance, les représentants d’EDF ont dénigré tout ceux, individus, associations, élus qui se sont élevés contre les options qu’ils sont seuls à porter, en décrivant leurs contradicteurs comme non représentatifs de la population. Faute de pouvoir argumenter sur le fond du dossier.

 

 

 

Un autre surcoût se profile pour EDF : les coûteuses campagnes de communication dans la presse, qui ne suffisant pas à restaurer une confiance perdue, son Directeur Régional pratique un lobbying intensif auprès des élites et des personnalités représentatives de la société civile en multipliant les invitations aux bonnes tables de l’île. Nous lui suggérons, pour joindre l’utile à l’agréable, de proposer à ses invités une projection du reportage Lumière Noire en guise de digestif.

 

 

On peut enfin se demander pourquoi l’union française des industries pétrolières, UFIP, qui dispose de stocks de fioul lourd ne serait pas capable de fournir à EDF trading limited, filiale basée à Londres, le fioul lourd à 0,4 ppm de soufre qu’elle achète à Malte, seule place capable d’en fournir selon EDF ?

 

jeudi 1 juillet 2010

307000 habitants otages..........

La CGT et EDF ont peut-être raison quand, de concert, elles affirment depuis quelques jours, que les associations ne sont pas représentatives de la position l'ensemble de la population Corse impactée par la pollution des centrales au fioul lourd.

Les travaux de Corse-Economie nous montrent l'évolution de la population de la Corse qui compte aujourd'hui plus de 307000 habitants. Selon d'autres sources statistiques, la population serait concentrée autour des communes de Bastia et d'Ajaccio, les deux capitales agglomérant 38 % de la population totale de l'ile.  

Effectivement les centrales thermiques au fioul lourd d'EDF, pour éviter de trop lourdes pertes en transport d'énergie, sont installées au plus près des zones de plus forte consommation. Donc, la frange de la population la plus exposée à l'impact sanitaire des émissions polluantes des centrales thermiques ne serait, statistiquement parlant,  que de 38 % de la population totale, soit seulement 116660 individus.

Probablement jugés quantités négligeables, le flux migratoire journalier des communes satellites vers ces capitales qui concentrent 80 % de l'activité économique s'ajoute au nombre de résidents, sans compter le flux touristique.

A bien y regarder, en octobre 2008 au moment où EDF passait commande à MAN, et écrivait l'arrêté préfectoral, bien avant que l'enquête publique ne démarre, cette population était d'ailleurs de 3 % inférieure.

Mais comme nous le montre le film LUMIERE NOIRE, les coupures de l'hiver 2005, imputables à la mauvaise gestion d'EDF, s'appliquent sans discrimination à toute la population. 

Il y aurait donc 190340 individus qui n'auraient pas de raisons de s'inquiéter au plan sanitaire, mais qui pourraient être très mécontents si une nouvelle rupture énergétique survenait. Cette frange non-impactée constitue donc un électorat potentiel bien supérieur à celui des impactés.

C'est à se demander si la "majorité" de la nouvelle mandature n'a pas fait ce même calcul, ce qui pourrait expliquer le silence assourdissant de l'Exécutif sans réaction suite aux déclarations de la préfecture et du directeur de PEI.

Une bonne nouvelle dans l'actualité: le tracé du raccordement de la Corse est enfin connu. Pour 7 millions d'euros supplémentaire pour les études, c'est une avancée considérable!

Et pendant que GRT gaz  tranquillise à AJACCIO, EDF s'impose à LUCCIANA.  Le syndrome de Stockholm fait le reste.

 

(Alex Bertocchini – Alta Frequenza) - Un mensonge d’Etat ! C’est ainsi que le collectif régional "Non aux centrales au fioul lourd", analyse la situation après l’entretien qu’il a eu mardi avec le préfet de Corse. Pendant que la haute direction d’EDF déroulait son projet de nouvelle centrale, au fioul lourd, à présent c’est officiel, le collectif était en préfecture pour s’entendre dire le même discours. Le collectif est amer car finalement il avait raison, et depuis le tout début de cette affaire des centrales. Le marché initial passé avec le constructeur a toujours été celui concernant des moteurs au fioul lourd, les fameux 48/60, et non pas des moteurs convertibles comme l’a encore affirmé Jean-Louis Borloo il y a quelques jours ; c’est en tous cas ce que nous dit Jean-Nicolas Antoniotti, pour le collectif.