La déclaration de guerre d’EDF à la population Corse, du fioul lourd et rien d’autre !

 

C’est à l’invitation du préfet de Haute-Corse que s’est tenue la dernière réunion de concertation avec les associations de défense de l’environnement le 29 juin 2010 à 17H 30, avant que celui-ci prenne la décision de mise en chantier de la nouvelle centrale de LUCCIANA. Outre l’aréopage des responsables d’administration encadrant le préfet de Haute-Corse, ce furent Jacques Thierry  MONTI, directeur d’EDF et Jean Michel LEBEAU, directeur de PEI entourés de trois représentants du constructeur de moteurs MAN, qui faisaient face aux huit représentants du collectif régional contre le fioul lourd.

 

Les services de l’état allaient très vite donner le ton de la réunion en balayant rapidement les réserves émises par la commission d’enquête publique dont les recommandations ne seront pas suivies, pas plus que n’auront été entendus les divers arguments des associations. Le film déroulé par les représentant de l’état et d’EDF avait un goût de « déjà vu» qui pourrait se résumer de la façon suivante : « Nous n’avons plus le temps de faire un autre projet, nous ne voulons pas prendre le risque de coupures de courant, plus rien n’est possible en dehors du fioul lourd », mettant ainsi la population devant le fait accompli.

 

EDF, qui n’a pas modifié son projet au fioul lourd d’un seul  millimètre  impose avec la complicité de l’Etat, une nouvelle centrale à LUCCIANA fonctionnant au fioul lourd avec 7 moteurs 48/60 du constructeur MAN. Les promesses du président de la république de faire de la Corse un modèle environnemental sont tombées dans les oubliettes des promesses électorales et les sous citoyens de Corse continueront à subir la pollution du fioul lourd avec son lot de cancers, de maladies cardio-vasculaires et respiratoires, conséquence du comportement inconséquent d’une république bananière ou l’on s’assied allègrement sur le grenelle de l’environnement, sur les textes Européens et sur les conséquences sanitaires occasionnées par des moyens de production moyenâgeux.

 

Cette réunion a également vu le principal interlocuteur d’EDF, Jean Michel LEBEAU, poussé dans ses derniers retranchements techniques par les associations, qui s’est laissé aller à des attaques individuelles envers ses interlocuteurs traduisant ainsi dédain et mépris pour les représentants de la population Corse. C’est ainsi qu’il traita de pervers le président d’ARIA LINDA et ironisa sur la motion votée contre le fioul lourd par l’assemblée de Corse en déclarant «  Parlons en de cette motion, elle a été votée à 14 présents, dans la nuit ! ».

 

Qui peut aujourd’hui et après ce mauvais coup, encore affirmer que la centrale d’AJACCIO qui doit être implantée à BASTELICACCIA fonctionnera au gaz ? Personne. Pas même le président de la république dont les promesses semblent fluctuer au gré des difficultés rencontrées par certains industriels. Et si la stratégie d’EDF était une valse à deux temps, LUCCIANA au fioul lourd aujourd’hui et BASTELICACCIA au fioul lourd dans deux ans ? La campagne de presse pro GALSI destinée à organiser une diversion de l’opinion publique et organisée par les autorités et EDF qui annoncent par ailleurs la construction d’une centrale à fioul lourd à LUCCIANA, est révélatrice d’une stratégie de passage en force.  La population Corse ne peut plus avoir confiance en des individus pour qui la santé publique est sacrifiée sur l’autel de sordides intérêts financiers.

 

Face à ce mauvais coup porté à la Corse et à sa population, la résistance doit être plus forte que jamais. Elle doit s’organiser, s’amplifier et mettre à sa disposition les moyens de mettre un coup d’arrêt à cette vision technocratique de la Corse dans laquelle prédomine exclusivement une considération comptable, là où devrait s’exprimer prioritairement une approche humaine et environnementale.