La stratégie de communication de monsieur le préfet de Haute Corse est plus que déconcertante !

 

C’est en effet une semaine après avoir reçu les représentants des associations et collectifs régionaux que celui qui estime « On n’a plus de temps à perdre » s’adresse enfin à Corse Matin au travers d’une restitution assez peu fidèle et peu respectueuse de l’entretien du 29 avril 2010. Dommage, alors qu’il avait à sa disposition un cameraman qui prenait des images, notre hôte lui a adressé une ferme injonction de ne faire aucun son.

 

Mais en une semaine, il n’a pas oublié les très curieux avis autorisés que la *DRIRE, la Direction Régionale de l'Industrie, de la Recherche et de l'Environnement, répand sur l’utilisation du Gaz Naturel Liquéfié. Le représentant de cette administration décrit en effet le GNL comme très explosif et nécessitant de grosses surfaces et volumes de stockage. Des difficultés de mise en œuvre qui seraient « quasi insurmontables » ! Le DRIRE n’a pas du lire l’étude que nous avons remise à ses supérieurs hiérarchiques. Réalisée à la demande d’EDF, elle conclut à l’intérêt économique et à la faisabilité de la solution GNL en Corse.

 

D’ailleurs, même les non initiés peuvent vérifier sur internet que le gaz naturel à l’état liquide n’est pas absolument pas explosif, et que son volume sous forme liquide est réduit 600 fois. Ce qui permet son stockage dans des volumes d’autant restreints.

 

Peut-on raisonnablement penser qu’il s’agit là d’une nouvelle erreur manifeste d’appréciation de la part de ces ingénieurs expérimentés ?

 

Pourquoi tourner autour du pot ? EDF est bien plus qu’un état dans l’état ! C’est l’état dans EDF, actionnaire à plus de 80% qui est le seul décideur. Et en nous disant qu’à défaut de réalisation du GALSI, le GNL ne serait pas une alternative au gaz naturel, le préfet de Haute Corse le confirme et se place en porte parole du ministre de l’énergie. Il répond ainsi par anticipation à l’interrogation sous-tendue par la formulation de son collègue préfet de région « ce sera du gaz naturel ou rien ». Lequel avait nous avait indiqué que « rien », bien qu’improbable, devrait être discuté sur les bancs de l’assemblée de Corse.

 

Les préfets semblent bien mal conseillés. Nous avons déjà eu à nous inscrire en faux lors d’un précédent entretien avec le préfet de Région alors que le DRIRE annonçait le « non intérêt » des Station de Transfert d’Energie par Pompage. Un propos en totale opposition avec les décisions de son ministre de tutelle, de la PPI 2009, et même avec les récents avis du Sénat.

 

Mais pour quelles raisons les services de l’Etat semblent-ils tirer localement à hue et à dia en usant d’arguties ?

 

Le député François ALFONSI a même fait remarquer au préfet de Haute Corse que les Baléares, dans une situation similaire à celle de la Corse sont en train de s’équiper de la sorte.

 

Alors qu’il est démontré que le DRIRE peut, sans concertation avec sa hiérarchie et sans information des élus, autoriser EDF à dépasser les Valeurs Limites d’Emission de polluants fixées pour une centrale, la crédibilité des décisions préfectorales en la matière est quelque peu mise à mal.

 

Nous avons en effet été effarés de découvrir, lors d’une demande de communication de pièces relatives à l’autosurveillance de la centrale de Lucciana par EDF, qu’un DRIRE peut soumettre à la signature des préfets des arrêtés relatifs à la limitation des volumes d’émissions polluantes des centrales, puis s’en affranchir en autorisant EDF à les dépasser de façon assez désinvolte comme en témoignent des échanges de mails entre la DRIRE et EDF au cours du mois d’août 2008.

 

A ce sujet notre journaliste répercute une mauvaise information lorsqu’il indique que les moteurs de Lucciana doivent être stoppés fin 2011. Erreur, c’est au 31.12.2010 que la dérogation accordée à Lucciana prendra fin et qu’EDF devra arrêter la centrale, ou l’équiper d’un dispositif de dépollution similaire à celui d’Ajaccio pour qu’elle puisse continuer à fonctionner.

 

Voilà donc où nous en sommes depuis que le DRIRE, ainsi qu’il le revendique dans LUMIERE NOIRE, a estimé que, comme la population de Lucciana ne réagissait pas, il n’y avait donc pas de raison d’obliger EDF à appliquer les mêmes règles qu’au Vazzio en 2005.  

 

Bref, encore un de ces articles où la menace de la rupture énergétique est hourdie, mais pas un seul mot alors que toute la presse en parle, sur les réponses que la commission européenne de l’énergie a faites à la députée Européenne Michelle RIVASI  quant à la violation de la directive européenne sur le niveau d’interconnexion.

 

Nous notons avec une grande satisfaction que le préfet de Haute-Corse nous apporte enfin de sérieuses garanties :

                                  

«De toute façon, le GALSI se fera ».

 

 

 

*Petite précision, le site de la DRIRE nous apprend qu’elle «  est un service régional de l'Etat qui agit, sous l'autorité du préfet de région et des préfets de département, pour le compte de différents ministères (industrie, environnement, transports, recherche, santé et travail). Ses missions sont tournées vers le développement industriel durable de la CORSE ».