Deux articles traitant de l'énergie sur RCFM dans le journal de 7h ce vendredi 05 mars 2010

 

120 millions d'euros débloqués par Bruxelles pour le Galsi

 

L'Europe a décidé d'apporter une aide financière de 120 millions d'euros à la réalisation du Galsi. Mais attention, il s'agit du gazoduc entre l'Algérie, la Sardaigne et l'Italie. Il n'est pas question de la Corse pour l'instant. La décision a été prise hier par la commission européenne d'apporter son soutien financier à 31 projets européens concernant le gaz et 12 projets concernant l'électricité. Parmi ceux-ci, donc, la commission s'engage à soutenir la réalisation du Galsi. Voilà donc qui devrait donner un beau coup d'accélérateur au projet, avec ces 120 millions attribués à l'Italie, en tant que pays membre.

 

Avis ARIA LINDA:

Rien de nouveau sous le soleil, et n
ous vous l'avions déjà annoncé le mercredi 5 août 2009:

Le règlement *CE  n° 663/2009, voté à Bruxelles le 13 juillet 2009, a prévu de consacrer au titre du PEER 
120 millions d’euros à la réalisation du gazoduc GALSI. Le PEER est le Programme Energétique Européen pour la Relance. Le pays bénéficiaire de cette assistance financière communautaire au titre des points d’interconnexions gaziers, dans la catégorie des projets  d’infrastructures gazières et électriques étant l’Italie.

Mais malgré l'annonce du Président SARKOZY du 2 février 2010, l'Europe n'a pas encore été sollicitée pour la desserte de la Corse, et n'a donc pas encore décidé d'aider la France.

 

Michelle Rivasi interpelle l'Europe sur le renouvellement des centrales thermiques dans l'île

 

EDF doit-elle être mise en concurrence avec d'autres entreprises au niveau européen pour ce qui concerne l'énergie dans l'île? C'est en tout cas la question de la députée européenne Michelle Rivasi, qui interpelle la commission européenne. A propos du renouvellement des centrales thermiques dans l'île, Michelle Rivasi veut savoir quelles sont les règles pour un appel d'offre européen. S'il y a un monopole d'EDF, la commission doit alors le justifier, explique la députée d'Europe Ecologie. La CGT d'EDF, elle, dénonce cette démarche. Le syndicat estime que tout retard supplémentaire aura de lourdes conséquences pour l'approvisionnement de la Corse, si les centrales ne sont pas construites dans les délais. La CGT s'interroge aussi sur les conséquences sur l'emploi et le prix du kilowatt/heure si une autre société qu'EDF venait se positionner sur le marché corse.


Avis ARIA LINDA:

On touche là au pré carré dont bénéficie EDF en Corse, et dans les autres ZNI: le maintien du monopole grâce à un pseudo statut de zone non interconnectée avec un niveau d'interconnexion câblée d'environ 30 % alors que par dérogation il ne pourrait dépasser 5 %.

Sur l'attribution du marché de la Corse à un opérateur monopolistique moins de deux ans avant l'ouverture du marché de l'électricité à la libre concurrence, et sur l'attribution du marché des centrales thermiques avec, en bonus, un taux de rémunération des capitaux investis dopé de 6,5 à 11% , effectivement un député Européen peut s'interroger!

Mais quels sont les avantages du maintien du monopole pour la population?

A priori aucun!

Quels seraient les inconvénients de la fin du monopole sur le prix du Kwh?

La péréquation tarifaire, assurée par le mécanisme de la CSPE prévu par
la loi n°2000-108 du 10 février 2000 relative à la modernisation et au développement du service public de l'électricité, n'est pas remise en cause.

Quels sont les avantages du maintien du monopole pour EDF?

Tous les surcoûts de production sont intégralement compensés....même ceux qui résultent des choix délibérés d'EDF.....comme le très polluant fioul lourd utilisé dans des moteurs diesels de technologie dépassée avec un calamiteux rendement de 35 %. Alors que des TGCC permettent d'atteindre près de 60%.

Compensés également les 1250 démarrages (et les 1250 arrêts) moteurs de la centrale du Vazzio par an à près de 3000 € chaque. Curieusement, et malgré les réserves de la DSS en 2005, ces phases très polluantes si rémunératrices ne sont pas comptabilisées dans les valeurs limite d'émission, les VLE.

La question du maintien des emplois, et des conditions statutaires qui s'y rattachent en cas d'arrivée de nouveaux opérateurs sur le marché Corse est une inquiétude légitime.

La réponse est toute simple: si EDF/SEI a réellement prévu de produire, ainsi que la législation le prévoit, avec des *moyens conformes aux meilleurs techniques disponibles, MTD, (critères : économie, pollution, sécurité...) alors EDF/SEI n'a rien a craindre d'une concurrence potentielle et personne ne sera capable de venir la concurrencer sur son pré carré.


*Evidemment, la CRE, dont c'est le rôle, a dû y veiller.




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