La proche venue de Nicolas SARKOZY sonnera-t-elle la fin du statut « particule-y-est » imposé à la population de Corse par les centrales au fioul lourd d’EDF/PEI ?

Le Président de l'Assemblée de Corse, à travers ses voeux depuis les Amériques, nous a en effet annoncé l'annonce du raccordement au gazoduc GALSI, dont l'objectif, à 90 %, est l'alimentation des deux futures centrales thermiques de Corse au gaz naturel.

Côté gaz, Christine LAGARDE, ministre de l'économie et Jean Louis BORLOO ministre de l'écologie ont signé le 23 décembre 2009 avec Gérard MESTRALLET, PDG de GDF Suez un « nouveau contrat de service public »  pour 2010-2013.

Ouf ! La fixation du prix du gaz ne sera finalement pas indexée sur le cours du pétrole, qui a connu une progression de 100% en 2008. M. GALSI  lors de sa dernière prestation devant le conseil énergétique ne devait avoir connaissance de la tendance haussière du brut.

Mais contrairement à l’annonce des deux ministres, il semble cependant que la notion de service public, déjà mise à mal par le camp libéral dans nombre d’autres secteurs qui influent sur la capacité à survivre du citoyen de base, soit désormais menacée par les nouvelles règles.

Car depuis la fusion de GDF avec SUEZ, l'Etat ne détient plus que 35 % de la maison. L’actionnariat privé est donc majoritaire au sein de GDF SUEZ. Nicolas SARKOZY avait pourtant assuré : « Y compris en cas d’augmentation de capital, l’État ne pourra pas descendre en dessous de 70% du capital de GDF ».

Désormais, ce sont les actionnaires de GDF-Suez qui négocieront le prix du gaz avec la CRE, la Commission de Régulation de l’Énergie dont le président est nommé par le président de la République, et les deux vice-présidents par le Sénat et l’Assemblée Nationale.

Que vous dire de notre opinion sur cette CRE, dont le président, Philippe DE LADOUCETTE, n’a pas daigné répondre à nos courriers sur la situation de l’énergie en Corse? 

Que ce n’est pas pour se tirer une balle dans le pied que l’Etat a nommé à ce poste un proche de l’ultralibéral Alain MADELIN.

Coup double pour le gouvernement qui précipite plus avant le service public dans le gouffre, sous les coups de boutoir des actionnariats, tout en réussissant à se dédouaner de la responsabilité des impopulaires hausses de tarif du gaz.

Pauvre citoyen se chauffant ou cuisinant au gaz ! Les 6,5 milliards d’euros de bénéfice réalisés par le groupe en 2008 ne suffisent visiblement plus à calmer les appétits des « bénéficiaires ».

Un impact sur la population de Corse ?

Certainement, puisque la part réservée aux besoins autres que ceux de la production électrique représente 10% de l’intérêt du raccordement de la Corse au GALSI, et en y affectant un risque d’inflation, on en minore quelque peu l’intérêt.

Dans le cadre du ce « nouveau contrat de service public », le gouvernement a souhaité que GDF Suez s'engage à intervenir sur le réseau de gazoducs "en moins de soixante minutes dans 95 % des cas", selon le communiqué.

Souhaitons que cette mesure ait bientôt du sens en Corse !