Visiblement les propos de Jean Louis BORLOO dans l’émission Vivement dimanche n’ont pas plu au représentant de la CGT.  Ni à d'autres! Il semblerait même que la rediffusion du passage vilipendé aurait été retirée de la rediffusion de l’émission sur France 5 !

 

« En démarrant au fioul léger,  il y aurait des retards induits par le stockage du carburant.» 

 

Apparemment, le flou savamment entretenu sur la qualité du fioul a vécu,  et on est bien loin des propos de Michel STEFANI, qui affirmait, lors de la session du  7 février 2008:

 

 

« Il n’a jamais été question de fioul lourd et ça c’est la discussion que nous avons eu, y compris lorsque nous avons auditionné, pas simplement la direction d’EDF en commission, mais y compris les syndicalistes sur les nouveaux moyens technologiques »

 

 

« Il faut ressortir les PV des auditions et vous verrez les auditions lorsque la commission s’est réunie que nous n’en étions pas là »

 

La direction d’EDF et les syndicalistes auraient donc auraient trompé les Conseillers Territoriaux en leur assurant que les moteurs seraient alimentés au fioul léger?

 

Il faut donc ressortir ces PV qui confirmeront si l’Assemblée de Corse était bien informée sur le type de combustible au moment du vote de 2005.  

 

Mais revenons aux retards. Le syndicaliste ignore probablement, que pour avoir sous estimé le risque boilover propre au stockage du fioul lourd, les concepteurs de la future centrale de Lucciana ont sûrement généré de bien plus importants retards. Nonobstant les risques pour les salariés  et la population.

 

Le risque de boilover, projection d’une boule de fioul lourd enflammé sous l’effet d’un incendie, aurait des conséquences dans un rayon de 730 m autour de site de stockage. Qualifié de DESASTREUX dans la hiérarchie des risques, un boilover aurait des effets irréversibles sur plus de 100 personnes.

 

L’enquête publique a permis au public et aux associations de prendre connaissance du dossier de la centrale de Lucciana. Et le boilover est loin d’être le seul point qui nous a fait dresser les cheveux sur la tête. D’autant que le risque de boilover en couche mince a été ignoré

 

Un autre exemple simple que chacun pourra apprécier : Pour évaluer le parcours des particules de plomb émises par la combustion du fioul lourd dans l’atmosphère, les spécialistes des études de dispersion choisis par EDF ont pris comme hypothèse que les particules de plomb avaient la même densité que les particules de poussières de même taille en leur attribuant une valeur moyenne de 5000 kg/m3.

 

Hallucinant quand on sait que la densité du plomb est de 11350 kg/m3 alors que celle de la poussière atteindrait au mieux 1700 kg/m3 ! 

 

Là où le responsable de la CGT dit vrai, c’est que le coût de production de l’électricité issue d’une centrale  thermique au fioul lourd est supérieur à celui de la même électricité issue d’une centrale nucléaire. Mais il faudrait arrêter de verser des larmes de crocodiles pour la SA EDF qui est intégralement compensée pour l’ensemble des surcoûts de production par la manne de la CSPE, la contribution du service public de l’électricité.

 

Elle réussit même à se faire rembourser les très polluantes phases transitoires, alors qu’elle ne les comptabilise pas dans ses volumes d’émissions polluantes, malgré les réserves de la DSS en 2005.

 

Il a encore raison lorsqu’il affirme qu’EDF a âprement négocié les conditions de son investissement en Corse. Alors que 6,5 % de rémunérations des capitaux investis en Corse ne la motivaient pas, elle a obtenu du ministre de l’industrie en mars 2006 une contrepartie qui a ravivé son intérêt avec une évolution à 11 % de rémunération.

 

Après avoir laissé se dégrader le système électrique Corse pendant des années. Le rapport de l’ingénieur Leteurtrois décrit d’ailleurs très bien le contexte peu philanthropique de la crise de 2005.

 

Lorsque le représentant de la CGT nous parle des risques hivernaux, il oublie toutefois de préciser que même en été, comme durant le mois d’août 2008, la Corse à frôlé la rupture énergétique, tout en subissant une pollution 3 fois supérieure aux normes à Lucciana, passée sous silence. Le propos est également bien éloigné des rapports de la CRE qui épinglent les erreurs de gestion de l’entreprise.

 

Quant à la peur du câble, on sait très bien que la solution n’est pas envisagée sérieusement par EDF, sauf pour mobiliser. Et visiblement ça marche toujours aussi bien.

 

Pourtant le câble n’est pas plus prévu dans la PPI que n’est imposée l’option fioul lourd choisie par EDF.

 

A soutenir les intérêts de l'acheteur-vendeur de fioul lourd, on ne sauve pas durablement les emplois en Corse, on lui permet seulement de continuer à faire du business au détriment des intérêts de la Corse.

 

En face de ces intérêts financiers, il y a une population s’est exprimée pour l’abolition du fioul lourd pour des raisons sanitaires et environnementales, et l’Assemblée de Corse qui a exprimé cette volonté.

 

Il faut donc commander les moteurs en version 51/60 car ils sont prévus pour fonctionner aussi bien au fioul léger, qu’au gaz naturel.

 

Cela n’occasionnera aucun retard supplémentaire à celui qu’à déjà pris EDF à Lucciana.

 

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