Conférence de presse du 12 novembre 2009

A SENTINELLA   ARIA LINDA

 

L’intérêt économique du raccordement de la Corse au gazoduc GALSI

Absent chronique depuis des mois, M. GALSI était présent au conseil énergétique du 30 octobre 2009 alors qu’il n’y était pas annoncé  Il n’y a pas remis son rapport écrit sur la faisabilité économique du raccordement de la Corse au gazoduc GALSI, promis par le Préfet de Région pour fin octobre.

Nommé par le premier ministre le 24 avril 2008, le chargé de mission du projet de gazoduc GALSI, qui a su rendre, en 3 mois, un rapport très fouillé sur la crise énergétique Corse de 2005, ne parviendrait pas, au bout de 18 mois à conclure sur ce dossier. Qui veut nous faire croire cela ?

Sa présence inopinée et son annonce du non intérêt économique de la desserte de la Corse, intervient curieusement après la création d’un collectif anti fioul lourd à Lucciana. Par ailleurs sa théorie consistant soudainement à nier l’intérêt économique du gaz en prétextant un surcoût de 40 M €/an par rapport au fioul lourd n’abuse personne. M. GALSI deviendrait-il M. FIOUL LOURD ? Il échafaude ses assertions sur la théorie fumeuse d’un baril à 60 $ alors qu’au moment même où il s’exprimait, le baril s’échangeait à 77,5 $, et que tous les spécialistes s’accordent à reconnaître que l’intérêt économique se manifeste à partir de 70 $ ?

 Il faut apprécier l’intérêt du gaz à plus long terme que ne l’a fait M GALSI. A partir de 2015, selon les économistes, le prix du baril de pétrole devrait subir de fortes hausses, alors que celui du gaz, du fait de sa disponibilité à plus long terme évolue deux fois moins vite, son pic n’étant pas prévu avant 2030. Il serait temps que la CRE, la Commission de Régulation de l’Energie, dont le Président a été saisi de la situation par notre courrier du 29 octobre 2008, se positionne.

Il serait condamnable qu’à la suite de manœuvres dilatoires, certains soient responsables du choix de la solution fioul lourd qui se révèlerait très rapidement plus nocive pour la santé et plus coûteuse pour la collectivité. 

C’est pourquoi nous réitérons notre proposition de commander les deux centrales en configuration gaz, conformément au plan énergétique, ce qui permettra de faire démarrer Lucciana au fioul léger, en attendant l’arrivée du gaz naturel et n’occasionnera aucun retard à sa mise en service.

La CGT est dans son rôle quand elle défend l’emploi. Par contre on peut se demander pourquoi elle défend l’utilisation du fioul lourd alors le fait de changer de combustible, pour le même type de moteur diesel, garantit les mêmes emplois, une pénibilité moindre pour les agents des centrales thermiques, et la création de nouveaux emplois gaziers liés aux applications professionnelles et individuelles que l’intérêt économique du gaz naturel développera ?

 

Le raccordement de la Corse au gazoduc GALSI n’est pas prévu par EDF

Le conseil énergétique du 30 octobre 2009, a été le théâtre d’une déclaration surréaliste de la part du directeur régional d’EDF-GDF, qui répondant a une question du Président de l’Assemblée de Corse, lui a indiqué qu’EDF est acheteur de gaz et que si le gaz naturel lui était livré aux portes des centrales il l’utiliserait. En effet ce dernier dans sa précipitation à défendre le fioul lourd a tout simplement oublié sa casquette GDF et par ailleurs fait mine d’ignorer que EDF est opérateur gazier à Dunkerque, comme le nous lui avons rappelé.

« Si le gazoduc arrive en Sardaigne, il arrivera en Corse »

Compte tenu de la position d’EDF, qui s’affranchit ainsi de la commande publique exprimée par le plan énergétique Corse voté en 2005, cet engagement de Camille de ROCCA SERRA, Président de l’Assemblée de Corse devant le conseil énergétique, ne pourrait être respecté qu’à travers une réponse qu’il situe « au plus haut niveau de l’Etat », sans pouvoir la situer dans le temps.

Cela implique la réalisation immédiate des études de détail, et la réservation des volumes de gaz dont EDF aura besoin pour alimenter les deux centrales, et répondre à la demande des particuliers.

Les réponses au plan B des associations

Devant le refus du fioul lourd exprimé par la population, le Préfet de Région a accepté, lors de la réunion publique de Sarrola Carcopino, de faire évaluer la proposition des associations consistant à prévoir la mise en place d’une microchaîne GNL, gaz naturel liquéfié, au lieu du plan B (fioul lourd) qu’il proposait de prévoir en cas de non réalisation du gazoduc GALSI.

L’étude que nous avons remise au représentant de l’Etat, n’est autre que celle réalisée par le bureau d’études IEC en 2006, à la demande du comité d’entreprise d’EDF. Elle se termine par un tableau comparatif gazoduc/microchaîne GNL, et conclut à l’intérêt de cette solution alternative pour la Corse.

EDF nous a montré, sur plusieurs points, qu’il est lui est possible de s’affranchir du plan énergétique. La mise en place d’une microchaîne GNL sera le seul point au bénéfice de la population.

L’enquête publique de Lucciana

Le rapport de l’ingénieur de Mines, Jean-Pierre LETEUTROIS, sur la faisabilité économique du raccordement de la Corse au gazoduc GALSI n’a pas été remis à la fin octobre comme l’avait annoncé le Préfet de la Région Corse, sa remise étant reportée à la fin décembre 2009. 

Ces éléments feront défaut au rapport et aux conclusions motivées que les commissaires enquêteurs pourraient établir, avoir vérifié que le projet déposé par EDF est parmi toutes les solutions existantes, le meilleur compromis, et à minima de vérifier, que les conditions permettant le fonctionnement au gaz ont été étudiées et sont réunies.

La Mairie de Lucciana aurait identifié un risque sérieux et inacceptable constitué par le stockage du fioul lourd en cas de « Boil-Over » qui pourrait affecter un rayon de 730 m. (en cas d’élévation importante de la température, incendie par exemple, l’eau contenue en partie basse dans un bac d’hydrocarbures se vaporise. La masse de fioul lourd, produit pâteux se comportant alors comme un piston, est projetée à l’état de boule de feu.)

Nous avons déposé en Mairie de Lucciana, le 10 novembre 2009, une première liste de 31 observations au regard du document intitulé « Résumé non technique de l’étude d’impact et de l’étude de dangers » dont nous avions préalablement connaissance. Cette première lecture nous a interpelés par la fragilité de plusieurs constructions intellectuelles.

Le résumé non technique de l’étude d’impact et de l’étude de dangers versé au dossier d’enquête publique indique page 13: « EDF-PEI, en tant que producteur d’électricité, a donc déposé une demande, et obtenu, le 2 mai 2008, une autorisation d’exploiter une centrale de production d’électricité de 120 MWe sur le site Lucciana au titre de la loi du 10 février 2000 ». Selon la Préfecture de Haute-Corse, la demande d’autorisation a été déposée le 5 mai 2009, complétée le 3 septembre 2009, et l’arrêté d’enquête publique signé le 17 septembre 2009.

L’avis des services techniques de l’Etat aurait-il été rendu par anticipation?

Si elle était alimentée au fioul lourd, la nouvelle centrale de Lucciana polluerait 3 fois moins ?

Cette réputation initiée par les propos du Préfet en 2007, a trouvé un écho lors d’un récent débat radiophonique par la bouche du représentant de la CGT d’EDF. En fait, elle ne peut s’appliquer qu’aux seuls polluants réduits par la mise en place de catalyseurs et par l’injection d’urée, et par la baisse de la teneur en souffre. Par contre, il n’en n’est rien en ce qui concerne les microparticules, PM 10 et PM 2,5, dont l’AFSSET a récemment indiqué les effets sur la santé.

Selon le registre français des émissions polluantes, en 2007, la centrale du Vazzio dont la puissance installée est de 120 MW aurait émis 190 tonnes de microparticules par an alors que la centrale de lucciana qui ne dispose que de 60 MW de puissance installée, et en sous activité par rapport à celle du Vazzio,  aurait  émis la même année 66,7 tonnes de  microparticules.

http://www.irep.ecologie.gouv.fr/IREP/index.php

A noter que seuls les rejets des moteurs diesels, hors phases transitoires, sont pris en compte dans ces indications qui ne sont que purement déclaratives.

 

Lorsque  la centrale de Lucciana disposera d’une puissance doublée, elle émettra sensiblement la même quantité de polluants que celle du Vazzio qui est déjà équipée pour la dépollution comme le sera future centrale de Lucciana.

Même si l’on accepte l’optimiste hypothèse d’école  avancée par EDF, qui affirme  que le rendement énergétique des moteurs,  dit de nouvelle génération,  passerait de 35 à 44 %, la réduction de pollution qui en résulterait  serait de l’ordre de 25 % du tonnage de microparticules actuellement déclaré  pour la centrale du Vazzio.

D’après nos calculs, et en acceptant  l’hypothèse optimiste d’EDF, la future centrale de Lucciana émettra donc au moins 142 tonnes de microparticules.

Faire  croire à la population que la pollution de la future centrale de Lucciana pourrait être réduite par 3, revient à dire que le tonnage de microparticules de Lucciana pourrait baisser de 66,7 tonnes à 22,3 tonnes.

En fait la future  centrale de Lucciana émettra au moins 142 tonnes de microparticules contre 66,7 actuellement. C’est donc 2 fois plus pour les microparticules.

 

 

 


Dumè LANFRANCHI sur Alta frequenza

http://www.alta-frequenza.com/fr/l_info/l_actu/avenir_energetique_les_associations_remontent_au_creneau_37841



Antoine OTTAVI, Maire de BASTELICACCIA sur Alta frequenza

http://www.alta-frequenza.com/fr/l_info/l_actu/centrale_au_fioul_les_inquietudes_du_maire_de_bastelicaccia_37840