A la une de la Corse Votre Hedbo n° 514, la photo assez  bucolique d’un de nos villages, d’où s’envole la fumée d’un feu de paille de potager. Et en gros titre :  « La pollution sous surveillance »

Pages 5 et 6, un deuxième gros titre martèle : « L’air que nous respirons sous haute surveillance ».  A bien le lire, ce titre prête à confusion : respirerions-nous sous haute surveillance ?

Intro-historique, puis déclinaison des missions fixées à l’association agrée et indépendante : mesure de la qualité de l’air sur l’ensemble d’une région, exploitation des résultats, Informations des citoyens et des autorités.

Déclinaison des moyens : 5 stations fixes dans la région d’Ajaccio, 4 dans la région Bastiaise, 1 station mobile pour toute l’île.

Déclinaison des 4 polluants mesurés, de leurs incidences sur la santé, en particulier pour les individus fragiles, les personnes âgées et les enfants.  Le trafic automobile serait le principal responsable des émissions locales et la pollution particulaire viendrait majoritairement d’ailleurs.

La qualité de l’air serait plutôt bonne à Ajaccio et à Bastia.

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Certains de nos adhérents, et  des téléspectateurs  qui avaient suivi l’émission INSEME du mardi 16 mai,  se sont émus de cet article.  Alors il faut leur dire clairement comme aux autres citoyens de cette île :

Tout ce qui est dit dans cet article est rigoureusement exact,

mais pour être rigoureusement exact, tout n’est pas dit dans cet article.

 

Si l’article parle de la surveillance des microparticules, il ne précise pas que seules les PM 10 sont suivies, mais en peu d’endroits.  Les PM 2,5, les plus nocives ne font l’objet d’aucune surveillance.

Cet article n’évoque pas de conséquences fatales pour la santé.  Un rapport de l’AFSSET affirme en pourtant que pour des concentrations de microparticules de 50 µgr/m3, l’excès de mortalité est de 8,95 %. Le rapport de l’Agence Française de Sécurité Sanitaire de l’Environnement et du Travail  paru en mars 2009, commandé par le Ministère de la Santé et celui de l’Ecologie en 2007, serait-il volontairement alarmiste ? 

Depuis plusieurs années, le Docteur Sauveur MERLENGHI essaye d’alerter en disant la même chose : la mortalité aggravée du fait du Vazzio serait de 7 à 9 %.

En Corse à 50 µgr/m3, la qualité de l’air est dite bonne, et de qualité 4. Pourtant l’OMS recommande de ne pas dépasser 10 µgr/m3, car il n’existe pas de seuil en dessous duquel aucune conséquence pour la santé ne serait observée.

Mais l’Association agrée s’astreint à la règlementation Française qui est de 40 µgr/m3 et, en travaillant sur des moyennes annuelles, n’arriverait qu’à 23 µgr/m3 sur Ajaccio et 16 µgr/m3.

Comme l’avait affirmé le PADDUC : La qualité est plutôt bonne à Ajaccio et à Bastia.

Que penser de la surveillance en dehors de ces deux villes ?

La pollution émise par un navire le 19 mai 2009 nous ayant amené à réagir, cet article semble y répondre du tac au tac, au moins aux yeux de l’opinion publique. Dommage que parlant des émissions des industriels, les HAP émis par les centrales à enrobé aient été oubliées, ainsi que les émissions des avions qui impactent lourdement la qualité de l’air. 



Bonne à Ajaccio la qualité de l’air ? Qu’en penser alors que la pollution du 19, très remarquée par la population n’a pas été remarquée par le dispositif de surveillance ?


L’arrêt des moteurs du Vazzio suite à l’incendie du 7 mai 2009 n’a pas amélioré la qualité de l’air pendant les jours qui ont suivi. Le dispositif de surveillance ne remarque donc rien alors qu’on supprime totalement  l’impact quotidien des 7 démarrages et arrêts moteur quotidiens (2500/an en 2008). 


Un peu de cécité ? Non les émissions gazeuses sont majoritairement poussées vers la vallée de la Gravona.  S’y engouffrent  donc les émissions du Vazzio, des centrales à enrobé, des avions qui évoluent sur Campo del’Oro, du trafic routier, des pollutions importées évoquée par l’association agrée et des fumeurs ! Les capteurs y fonctionnent ils bien ?

Voici ce qu’on peu lire sur le site de l’association agrée pour la campagne 2007/2008, pour les communes d'Afa et de Bastelicaccia :

"Analyseur PM10 non opérationnel à cette période"

http://www.qualitaircorse.com/documents/etudes/rapport+annexes.pdf

    

Si nous avons des doutes quant au dispositif de mesure de la qualité de l’Air, nous n’en avons plus sur la qualité de la communication de l'association agrée.

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