Il nous a ainsi été permis d’expliquer que les craintes et les alertes des médecins , au niveau local, étaient corroborées par des rapports nationaux comme celui de l’AFSSET paru en mars 2009, et commandé par le Ministère de la Santé et par celui de l’Environnement. La pollution particulaire y est en effet identifiée, comme par l’OMS, et par l’Europe, comme un des fléaux à combattre.

Et la pollution particulaire des moteurs alimentés au fioul lourd est de loin la plus dangereuse pour notre santé. Issues de la combustion du fioul lourd, les particules les plus petites, PM 10, mais surtout PM 2,5 chargées de dérivés du benzène, les HAP, ou de métaux, colonisent nos poumons.

Il faut savoir que l’absorption de particules assimilables à de simples poussières génère un accroissement de l’excès de mortalité cardiovasculaire de 8,95 % pour des concentrations journalières de polluants PM 10 de 50 µgr/m3. Aujourd’hui pour ces concentrations, la qualité de l’air est dite bonne, niveau 4. Le niveau d’alerte étant seulement fixé à 80 µgr/m3.

Et lorsque les particules sont en plus chargées d’HAP ou de métaux, c’est le cas de celles qui s’échappent des cheminées des centrales de Corse, ou des navires qui évoluent dans nos port, il y a effet cumulatif. Les Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques, et les métaux véhiculés par ces particules ajoutent à « simple » mortalité cardiovasculaire, des effets cancérigènes et génétiques irréversibles.

Le rapport de l’AFSSET conclut : « Il existe des liens statistiquement significatifs entre les niveaux de pollution atmosphérique particulaire (PM10) la mortalité et la morbidité (respiratoire et cardiovasculaire notamment), cohérents avec les données toxicologiques. »

Voilà pourquoi nous sommes résolument opposés à la construction de nouvelles centrales au fioul lourd.

Nous avons également évoqué au cours de l’émission nos inquiétudes quant au dispositif de mesure de la qualité de l’air Corse,  où rappelons le, les PM 2,5 ne sont pas surveillées

 Le plan particules du grenelle  nouvelle règlementation impose, valeur cible pour 2010 applicable avant 2015,  un maximum de 15 µgr/m3 de microparticules PM 2,5, alors que le seuil de l’OMS est à  10 µgr/m 3.

La règlementation applicable au Vazzio en PM 10 d’après la circulaire ministérielle du 12.10.2007 fixe le seuil d’info à 80 et d’alerte à 125 µgr/m3 sur 24 h !

Effectivement, il faut regarder du côté de la qualité de l’air.  Aujourd’hui, le PADDUC, document sensé définir le développement durable de la Corse, affirme que la qualité de l’air serait bonne à Ajaccio et à Bastia.  Le conseil des sites présidé par le Préfet a donc validé ce postulat sans s’inquiéter du sort des autres communes de Corse.

Sur le site de Qualit’air pour la campagne de mesures 2007-2008 on peut lire que les analyseurs PM 10 de BASTELICACCIA ou d’AFA n’étaient pas en service. Comme toutes les communes de la vallée de la Gravona, ces deux communes sont soumises à un apport massif de la pollution sous l’effet des vents dominants. On peut s'interroger sur la situation autour de LUCCIANA, notamment à VESCOVATO, dont le maire nous a signalé avoir demandé une  évaluation, en vain.

Au regard de deux évènements récents, nous avons quand même de sérieux doutes sur le dispositif de mesure de la qualité de l’air, au moins sur Ajaccio.

L’incendie du 7 mai impose l’arrêt de moteurs du Vazzio pendant plusieurs jours. On n’a remarqué aucune amélioration de la qualité de l’air, alors qu’on sait les moteurs polluent énormément lors des  démarrages et arrêts moteurs relevés qui se sont élevés en 2008 à 2550. Ces phases, malgré les réserves émises par la DASS en 2005, ne sont pas comptabilisées dans les émissions de la centrale, mais le sont par nos poumons.

Le 19 mai 2009, un navire au port de commerce macule plusieurs quartiers de la ville des retombées de son panache. Sur le site de Qualit’air, la qualité de l’air est bonne. Ce jour là Qualit’air Corse aurait mesuré un taux de microparticules PM 10 de 50 µgr/m3 d’air (qu’il ne faudrait pas dépasser plus de 35 jours par an).  Les PM 2,5 les plus dangereuses ne sont pas mesurées en Corse.

 

Tout simplement pour réduire la pollution des centrales thermiques,  il suffit de bannir l’utilisation du fioul lourd et de remplacer ce combustible par du gaz naturel qui ne génère pas de microparticules. C’est prévu par le PEC de 2005, et nous en avons l’opportunité grâce à la réalisation prochaine du gazoduc qui va relier l’Algérie à l’Italie en passant par la Sardaigne. La Corse pourrait bénéficier d’une desserte pour alimenter ses centrales, mais aussi les particuliers et les industriels qui verraient baiser leur facture chauffage de 40%.

Côté Algérien et Italien, les décisions sont prises. Coté Français, silence radio, malgré l’avis favorable de l’Europe exprimé par Danuta HUBNER lors de son passage en Corse.

La France ne peut priver la Corse de cette opportunité.

Nous avons à deux reprises écrit au Président de la République en lui rappelant sa promesse de faire de la Corse un modèle environnemental. Nous avons, autour d’un manifeste en faveur de la réalisation de la desserte Corse, réuni 23 signataires pour atteindre cet objectif.  Nous allons avec l’ensemble des organisations syndicales d’EDF, et avec les organisations signataires du manifeste organiser un :

 

GALSI

Rassemblement pour le raccordement

de la Corse au gaz naturel

 

 le 29 juin 2009 à 17h

devant l’Assemblée de Corse.

Nous invitons la population à venir nous rejoindre pour prendre une part décisive au développement durable de son ile, et rendre enfin applicable le droit de chacun de respirer un air qui ne nuise pas à sa santé.

(C'est du moins ce que dit la loi, pour être exact il vaut mieux nuancer: "qui nuise moins à sa santé" )