L’arrêt de la centrale du Vazzio durant plusieurs jours, suite à l’incendie du 7 mai 2009 qui a endommagé un faisceau* de câbles, n’a pas permis de constater de baisse significative de la pollution par les microparticules sur la ville d’Ajaccio. C’est du moins ce que la population a pu constater sur les relevés de l’association Qualit’air Corse.

 

Certains médias, visiblement inspirés, n’ont pas manqué d’en tirer une conclusion un peu hâtive sur la non contribution de la centrale du Vazzio à la pollution de la ville d’Ajaccio. Il faut bien donner consistance à l’affirmation contenue dans le PADDUC «  la qualité de l’air est bonne à Bastia et à Ajaccio »

 

Le Préfet de Région ne l’ignore pas pour avoir présidé le Conseil des Sites qui a validé la dernière mouture de ce très sérieux programme.

 

Pour Ajaccio, si l’on se réfère à ce qui suit, il aurait été plus objectif de préciser où se situent les bons quartiers. Et puisque la compétence Santé du Préfet de Région couvre la totalité de la Région Corse, il aurait été judicieux que l’instance qu’il a présidée, sous son impulsion, s’interroge aussi sur la qualité de l’air hors Ajaccio et Bastia.

 

En effet, un épisode de pollution particulièrement remarqué a affecté la population de la ville d’Ajaccio le 19 mai 2009. La dispersion de cette pollution a été constatée en trois points significatifs de la ville allant de la DDE située au terre plein de la Gare, au bâtiment qui abrite la direction de la Poste, et au dernier étage de la tour Armoise sur la hauteur de Castel Vecchio.

 

Vers 16h00 ce jour là, une importante retombée de suies, dont la source semble être un navire dont le panache à été photographié à 15h30, a maculé au moins ces secteurs de la ville. Pour cette journée le Directeur de Qualit’air Corse joint par téléphone m’a indiqué une valeur de 50 µg/m3 de PM10, tandis que le site indique au public une IQA de 4, donc une qualité de l’air bonne. Je lui ai transmis des photos du pollueur supposé, des locaux touchés tant à l’intérieur qu’à l’extérieur et proposé des prélèvements de ces suies pour analyse.

 

Le directeur de Qualit’air Corse m’a indiqué ne pas disposer de la réglementation applicable aux navires, n’ayant reçu aucune réponse du Préfet Maritime à ce sujet, et envisager de s’adresser au Préfet de Région pour l’obtenir.

 

Nous disposons également de clichés montrant les panaches de navires à quai, machines en marche depuis leur arrivée le matin jusqu’à leur départ le soir, de façon récurrente. Voilà donc, concrètement et directement les retombées de l’activité tourisme pour la population pour les villes qui accueillent l’essentiel des flux de touristes.

 

Ces deux évènements, comme les 2500 phases transitoires comptabilisées pour la centrale du Vazzio en 2008 mais non remarquées, sont révélateurs de la non fiabilité des indications relatives à la qualité de l’air dont dispose le Préfet de Région, et dont il ne peut continuer à se satisfaire.

 

Nous avons essayé, au travers de deux audiences et trois échanges épistolaires d’attirer son attention sur les risques sanitaires pour la population. Un peu comme la Direction des affaires Sanitaires et Sociales à tenté de le faire en 2005. Mais le Préfet de Région nous renvoie toujours à la règlementation, à la bonne qualité de l’air, et à des arguments économiques.

 

En 2005, la dérogation pour polluer dont bénéficiait EDF, était parfaitement légale. C’est en en ayant pris conscience que le Préfet LEMAS y a mis fin.

 

121-3


 

*qui n’avait semble-t-il, aurait été fragilisé du fait sa proximité avec une armoire électrique qui avait déjà subi un sinistre en 2005, mais non remplacé.