A SENTINELLA, ARIA LINDA et un représentant d’une autre organisation syndicale de l’EDF ont donc longuement confronté leur approche de la plus sure façon d’obtenir, dans  l’intérêt de la Corse, la réalisation de la desserte de la COrse au gazoduc GALSI, que nos interlocuteurs de la CGT ont baptisé GALSICO.

Nos interlocuteurs nous ont d’abord présenté le fort intéressant diaporama réalisé par la CGT pour la journée du 28 avril 2009, en le commentant. De la technique, des chiffres, des prix et des délais de réalisation d’ouvrages. Nous sommes revenus sur la crise énergétique de 2005, et ses raisons contenues dans le rapport LETEURTROIS. Nous avons échangé sur l’impact social des seules possibilités laissées à la Corse en matière de production d’origine thermique : le fioul lourd ou le gaz naturel. Consensus sur l’idée que le gaz génèrera globalement plus de création d’emplois par les opportunités qu’il recèle, alors que fioul lourd ne pourrait, dans le meilleur des cas, qu’assurer le maintien des emplois de production d’électricité. 

Etant 40 % moins cher pour les usagers que le produit actuellement diffusé en Corse, le gaz naturel génèrera une nouvelle clientèle de particuliers pour le chauffage, de nouvelles possibilités pour les industriels, donc de nouveaux emplois « gaziers », directs et indirects.

Nous avons évoqué la qualité de l’air, la notion de moteur propre, et la convertibilité des futures centrales commandées par EDF.  En remarquant que les qualités vantées pour ces moteurs n’ont pu être démontrées puisqu’il n’en n’existe nulle part ailleurs. Consensus sur la nature polluante de l’actuelle centrale du Vazzio.  A ce sujet nous avons indiqué à nos interlocuteurs avoir demandé au directeur de l’EDF de nous remettre les documents techniques nous permettant d’accréditer la réalité de la propreté des futurs moteurs au fioul lourd. Mais le directeur d’EDF, que nous avons depuis relancé, n’a pas encore tenu parole.

Nous avons également échangé sur les conséquences sanitaires d’une pollution qui n’a connu aucune réduction, celle des microparticules PM 10, PM 2,5 véhicules des cancérigènes HAP. Et de la concordance de l’analyse de 3 organismes (AFSSET, INSERM et INVS) qui alertent sur la relation cancer-microparticules.  La combustion du gaz naturel n'en émet pas.

Consensus aussi sur la nécessité de préserver notre atmosphère et notre environnement et donc d’adopter une véritable politique de réduction de la pollution par un recours accru aux énergies nouvelles et renouvelables dont dispose la Corse, mais aussi pour la maitrise de la dépense d’énergie.

Puis nous avons échangé sur nos infructueuses respectueuses tentatives pour obtenir de l’Assemblée de Corse qu’elle adopte enfin une attitude responsable dans ce dossier et qu’elle adresse un message fort à l’Etat pour obtenir le raccordement de la Corse au GALSI. C’est en effet une décision qui doit émaner de l’Etat, ainsi que le rappelait récemment  la commissaire Européenne Danuta HUBNER, tout en signalant que l’Europe était disposée à soutenir cette réalisation, à condition que la France en émette enfin officiellement  le souhait.

Obtenir ce raccordement, c’est le meilleur moyen de proscrire définitivement les velléités de la direction d’EDF de nous imposer le fioul lourd au démarrage des futures centrales thermiques, tout  en nous faisant croire que la CRE et l’Etat accepteraient un second effort financier.  Qui pourrait en effet nous faire gober, qu’après avoir réalisé un investissement pour une installation au fioul lourd qui nécessite au minimum 30 ans d’amortissement, les pouvoirs publics seraient prêts à renouveler un financement pour un raccordement au GALSI et une couteuse conversion des moteurs?

Alors même que les capacités financières de la Collectivité Territoriale sont au moins aussi exsangues que celles de l’Etat, celui-ci souhaiterait la mettre à contribution pour cofinancer cette réalisation, alors qu’il n’a pas demandé aux autres régions de l’hexagone le même type de participation pour la réalisation du nouvel EPR ! (Autant nous demander de cofinancer le rachat de British Energy par EDF qui l’aurait un peu surpayé : 15,8 milliards d’Euros. En y réfléchissant bien, on n’en n’est pas si loin !)

Nous avons naturellement conclu à la nécessité de l’unité d’actions dont nous allons rapidement élaborer les modalités dans les jours qui viennent pour obtenir le raccordement de la Corse au GALSI.

On ne se parle jamais assez ! Le ton de la rencontre a été si consensuel qu’on en regretterait presque de ne pas avoir noué ce contact bien auparavant. Car si nos analyses étaient assez proches avant cette rencontre, elles le sont désormais beaucoup plus.