Un pré-rapport "accablant" pour la filière pétrolière dans les DOM, selon "Le Monde"

En plein mouvement social en Guadeloupe et en Martinique, un rapport sur la filière pétrolière dans les départements d'outre-mer pointe de nombreuses "anomalies", affirme "Le Monde" dans son édition datée de mardi. "La crédibilité du dispositif actuel est atteinte", écrit l'auteur de ce document, dont le quotidien s'est procuré une copie.

 

La mission d'inspection, diligentée par le secrétariat d'Etat à l'Outre-Mer en décembre, doit remettre ses conclusions à la fin du mois mais un rapport d'étape a déjà été rédigé, qui s'avère "accablant pour les compagnies pétrolières", selon le journal.

Le coût des approvisionnements est basé sur "une formule intangible", indique le rapport, cité par "Le Monde". La valeur ajoutée par la SARA (Société anonyme de raffinement des Antilles) sur les produits bruts varie de 15% "entre deux documents successifs, sans justification", ajoute le document.

Toujours selon ce pré-rapport cité par "Le Monde", le coût du transport n'a pas été révisé depuis 1989 alors que "les coûts du fret ont baissé". Et le coût du passage en dépôt est "assez fantaisiste". L'inspection aimerait enfin vérifier que les pétroliers "ne se mettent pas une partie de la marge de détail dans la poche lorsqu'ils vendent directement du carburant aux gros clients" pour leurs cuves privées.

"Cette longue liste d'anomalies, de chiffres non justifiés, de formules peu calées sur la réalité des coûts, me conduit à penser que la crédibilité du dispositif actuel est atteinte", conclut l'auteur du rapport cité par "Le Monde".

Le secrétaire d'Etat Yves Jégo avait reconnu dans un entretien publié dimanche qu'il y a un vrai problème de transparence et même un questionnement sur un enrichissement sans cause des compagnies pétrolière". Il n'écarte pas une "action judiciaire de l'Etat contre elles".

Dans cet entretien au "Journal du dimanche", il admet que "le système de fixation du prix du carburant est complètement faussé". Il promet que "tout le système sera remis à plat", une fois que la mission d'inspection lui aura remis son rapport fin février. "Si l'on s'aperçoit que de l'argent a été prélevé indûment, il sera rendu aux Guadeloupéens par le biais d'un fonds de formation professionnelle", promet-il.   

Associated Press