Pas sur. Mais l’absence de signature de contrat , avec les promoteurs du projet Algéro-Italien dont le financement sera voté mi 2009, ne peut manquer de nous rappeler que le schéma d’interconnexion Européen du gaz ne comporte pas encore la branche Corse, et que la PPI gaz ne l’a pas plus budgétisé.

 

Alors, la tentative du directeur d’EDF lorsqu’il essaye de convaincre les membres du CE que nous avons le temps de nous raccorder, même après la fin de la campagne de pose sous-marine, est puérile.

 

Il existe effectivement 2 possibilités de se repiquer, soit sur la partie terrestre coté Sardaigne, soit en faisant intervenir une société capable de réaliser une jonction sous-marine. Mais quel est l’intérêt pour la filiale d’EDF, maintenant privatisée de choisir une des 2 solutions bien plus onéreuses et délicates à mettre en œuvre qui existent pour un raccordement après coup ?

 

Dépossédé de la menace à la coupure, mais disposant toujours d’une forte médiatisation, à l’instar des associations écologistes, le représentant syndical a d’abord rendu hommage à notre action en faveur de la population, puis tenté une nouvelle manœuvre en essayant de monter que nous serions en plein paradoxe, défavorablement aux objectifs santé que nous poursuivons.

 

  

Selon lui, le fait d’attendre la réalisation du GALSI, compte tenu des délais de réalisation que lui suppose, imposerait à la population encore 5 à 6 ans d’une pollution que nous dénonçons, car la nouvelle centrale qu’il souhaite, comme la direction d’EDF, au fioul polluerait 10 fois moins que l’actuelle centrale.

 

L’étude des relevés d’auto surveillance pratiqués en 2008 par EDF sur la centrale du vazzio, et l’étude de dispersion financée par EDF sur les émissions gazeuses de la dite centrale montrent qu’il n’existe pas de réduction par 10 pour l’ensemble des polluants. D’autre part  la combustion du fuel produit des microparticules PM 2,5 qui, échappant à tous les filtres connus, véhiculent donc en quantités jamais diminuées depuis 30 ans les cancérigènes et mutagènes HAP, que les nouvelles technologies ne permettent pas plus de piéger.

 

Le préfet n’a pas donné suite aux demandes d’enquête épidémiologique, mais la  relation entre l’action des microparticules PM 2,5 et les cancers des poumons figure dans une récente étude de l’INSERM, et confirme les constats de terrain.

 

 Effectivement, comme l’a argumenté EDF par le passé, ces particules cancérigènes émanent également de sources automobiles. Mais les relevés AIRMARAIX pratiqués en 2005 dans la plaine de Sarrola Carcopino, sur la station de Piataniccia  ont mis en évidence des concentrations journalières en valeur cumulées jour équivalentes à celles relevées aux centres ville de Marseille et d’Avignon. La circulation dans la vallée de la Gravona est pourtant loin d’être comparable à celle des deux grands centres urbains. Le rapport constate de plus que la source vazzio est clairement identifiée. L’étude de dispersion arrive sensiblement aux mêmes résultats. On déplore toutefois l’absence de capteurs de Qualit’air Corse dans ce périmètre où retombent déjà les PM 2,5.

 

Autant dire que les pro fioul peuvent abandonner l’argumentation du type Mr Propre, et que le préfet aura bien du mal à nous convaincre qu’il peut encore choisir un site parmi les 7 pressentis, alors qu’il s’apprêterait à abandonner celui qui fut désigné par son prédécesseur « meilleur compromis », malgré les conclusions des études de dispersion. Les 6 autres étant de fait « moins bon compromis »

 

Alors, pour ne pas perdre plus de temps, misons sur l’option « branche Corse du GALSI signée mi 2009 » qui permettra l’application du trépied énergétique Corse puisque les centrales sont dites à moteurs « convertibles gaz fuel »  et qu’on pourrait faire aussi  l’économie de la conversion en démarrant au gaz, et dans les délais !

 

A moins que l’augmentation d’un niveau d’interconnexion, déjà matérialisée par les câbles SARCO et SACOI, et augmenté par le raccordement au GALSI n’attire l’attention de Bruxelles. L’opérateur spécifique chargé des îles non interconnectées bénéficie en effet de substantielles compensations, qui pourraient bien être remises en causes. D’où sa tiédeur ?

 

On peut également se demander ce qu’il adviendrait par ricochet de notre facture d’électricité en cas de  remise en cause du mécanisme de  péréquation, et si  des taxes pollueur payeur finissaient par nous être appliquées en tant que contributeurs à l’émission de GES abondamment générés par les centrales au fioul ?