Le rapport LETEURTROIS rappelle en effet le contenu du code général des collectivités territoriales, particulièrement en ce qui concerne les compétences de l’assemblée de Corse :

 

- Elle n ’a aucune en matière de moyens de production thermiques et son vote n’avait pour seul objectif que de « garantir l'acceptabilité des choix énergétiques par la population ».

 

- Les choix sont ceux de la Commission de Régulation de l’Energie qui « définit les règles qui gouvernent le financement des moyens de production. Soucieuse d’éviter une dérive des charges de service public qui pèsent sur le consommateur d’électricité, elle agit pour orienter les choix vers les moyens de production les plus économiques et réduire les marges des opérateurs ».

 

 

Dans le droit fil de leur action, le collectif ARIALINDA et l’association A SENTINELLA ont à nouveau sollicité les conseillers territoriaux engagés à leurs côtés pour déposer une seconde motion à l’Assemblée de Corse lors de la session du 5 juin 2008.

 

Une nouvelle fois, la démocratie a été confisquée et le débat n’a pas eu lieu.  Aucune possibilité de développer un argumentaire, puisque le président de l’assemblée de Corse a estimé qu’il fallait laisser travailler le fraichement nommé monsieur GALSI, l’ingénieur LETEURTROIS.

 

Sur le site de la majorité locale on peut lire :

 

- Le Cabinet du Premier Ministre a confirmé jeudi 24 avril la nomination de M. Jean-Pierre Leteurtrois, ingénieur général des Mines, en qualité de chargé de mission du projet de gazoduc GALSI.

- Camille de Rocca Serra et Ange Santini se félicitent de cette nomination qui répond à leurs sollicitations et témoigne de la volonté du Gouvernement de suivre avec la plus grande attention ce dossier majeur pour l'approvisionnement énergétique de la Corse.

 

- La nomination de M. Jean-Pierre Leteurtrois, auteur du rapport sur « la crise énergétique en Corse », démontre l'intérêt que porte l'Etat au raccordement de la Corse à ce gazoduc qui alimentera en gaz algérien, d'ici à 2015, la Toscane via la Sardaigne.

- Ce projet, source de consensus dans l'île, apparaît comme l'unique occasion de raccorder la Corse au réseau européen de gaz naturel et contribuerait puissamment à en faire une région résolument tournée vers le développement durable.

 

Quel est le niveau de crédibilité d’élus qui réclament constamment des bouées de sauvetage à Paris ?

 

 

D’autant que seule une infime partie de la réponse serait  apportée par le GALSI et au mieux en 2015. En attendant, les rejets toxiques de la combustion du fuel, les particules fines et autres HAP, poussés par le vent d’ouest qui souffle sur notre côte 300 jours par an, continueront de se déposer dans nos poumons.

 

 

Quid de l’étude comparative promise par le président SANTINI pour fin avril?

Quid des deux commissions annoncées par le préfet LEYRIT en janvier 2008?

Quid de l’enquête épidémiologique?

Quid du débat à l’Assemblée de Corse et quid des travaux de sa commission chargée d’examiner notre motion ?

 

Quid des propositions d’amélioration de la surveillance de la qualité de l’air (directive ATMO) en Corse formulées aux 4 députés ?

 

Toutes ces non réponses deviennent de plus en plus éloquentes : certains élus après avoir sollicité vos suffrages en vous promettant la lune, vous prennent pour des cons dès le lendemain de l’élection. Et ils envisagent de récidiver en validant leur mauvaise copie de 2005 eu travers du vote du PADDUC, ainsi qu’en témoigne le projet.

 

Dans moins de 2 ans, au moment d’élire les conseillers territoriaux, il faudra se souvenir de leur bilan.

 

Et pour nuancer les propos de notre directoire bicéphale, si le gaz semble être source de consensus, c’est uniquement car il constitue la seule possibilité de conserver la structure du Plan Energétique Corse, cher à nos élus, et de rendre le pied thermique du trépied énergétique moins nocif au travers de l’utilisation du gaz beaucoup moins polluant que le fioul lourd. Et que culturellement, ceux qui ont voté la chimérique notion de centrale thermique à moteur propre au fuel lourd, ne sont pas près à se remettre en cause. D’autant qu’ils ont l’impression qu’ils y perdraient à nouveau la face !

 

Le vrai consensus c’est moins de pollution, plus d’ENR,  et maîtrise des déperditions.

 

D’ailleurs nos propositions tendent à l’utilisation de moyens de production plus rentables. Les Turbines à Gaz à Cycle Combiné, en utilisant les calories dégagées par la combustion du gaz produisent de la vapeur d’eau qui alimente une seconde rangée d’ailettes sur le même arbre moteur. Cela améliore le rendement actuel des centrales en usage au Vazzio, enfin celui qu’elles avaient quand elles étaient neuves de 35 à 60 %.

 

On en oublie les STEP. Un jeune ingénieur diplômé en énergie s’étonne du refus de la CTC d’examiner la potentialité du projet de Joseph PAOLI, alors que cette technique est largement appliquée sur le continent, et qu’elle nous permettrait de produire environ 110 MW si elle était appliquée à nos barrages !

 

Soit l’équivalent de la puissance d’une centrale thermique…..sans la pollution et en conservant la capacité hydraulique intacte pour les besoins agricoles

 

Voilà au moins 2 propositions de nature à réduire la facture énergie de la Corse, et à améliorer la qualité de vie.

 

Il faut bien se douter que la péréquation, ce dispositif qui permet à tous les abonnés de payer le même prix moyen du KWh consommé indépendamment de son coût véritable de production, ne résistera pas longtemps aux appétits de la filiale du distributeur, et aux injonctions de Bruxelles sur les entraves à la libre concurrence.

 

Alors autant s’arranger pour faire baisser le coût moyen de notre production locale, tout en diminuant le niveau de pollution que nous subissons.