…..Il semble qu'il en soit autrement 
 
 
Il faut d’abord savoir qu’il existe une étude technique, réalisée à partir du schéma hydraulique de la Corse, qui a été proposée à nos élus. Cette étude comporte plusieurs aménagements de la partie hydraulique de la production et de la distribution qui permettraient d'économiser environ 120 MW, sans investissement majeur. Il faut bien mesurer que 120 MW,  c'est l'équivalent d’une future centrale Vazzio Bis!
 
Qui pourrait avoir des raisons de refuser de telles économies ? Ca n’a pourtant l’air d’intéresser ni nos élus, ni EDF.
 
D’autre part, et pour ne citer que cet exemple, des représentants de la Compagnie Nationale du Rhône auraient rencontré l'état major de notre collectivité territoriale, et affirmé leur intérêt pour le marché Corse. Il s’agit donc du groupe SUEZ, qui produit déjà 25 % de l'énergie d'origine hydroélectrique française, et qui a repris plusieurs sites auparavant exploités par EDF. Au travers de sa filiale ELECTRABEL, ce groupe investit également dans la production d'énergie solaire, et vient de signer avec la commune de CURBANS pour la construction d'un parc solaire capable de produire 50 MW.
 
 EDF n’est plus assez intéressée par la Corse? Elle a confié la Corse et les DOM TOM à sa filiale SEI. Comprend qui veut !
 
Elle peut prétendre que l’option tout nucléaire,  « propre » au choix français, est beaucoup plus rentable, tant qu’elle n’y a pas intégré aux coûts de production, les couts de démantèlement des centrales et du retraitement des déchets.
 
Alors lorsque le président de l’Assemblée de Corse dans la nuit du 7 au 8 février 2008, lance pour nous faire peur « si vous continuez, EDF va vous mettre le câble » il sait pertinemment que depuis le 1 juillet 2007, le marché de la concurrence est ouvert. La finalité de cette ouverture n’était pas de nous condamner à être otages ni des choix d’EDF, ni de son envie de nous inonder d’énergie nucléaire tout en inhibant les autres options du trépied.
 
Force est de constater que la construction du barrage du Rizzanese est plus qu’en retard, que la tarification de rachat de l’électricité d’origine éolienne en évoluant à la baisse est devenue très peu incitative pour les investisseurs potentiels, et que rien de significatif n’est prévu en matière de solaire. Il n’y a donc que les centrales au fuel qui trouveraient grâce, puisqu’elles permettent d’écouler des stocks de produits de très basse qualité, donc à fortes émissions en polluants, mais à faible coût.
 
Nos élus, soit pour appliquer les affirmations du rapport LETEURTOIS, soit pour d’obscures raisons, n’ont pas donné suite à des propositions qui, sous réserve d’y inclure les nécessaires considérations sociales, semblent pourtant aller dans l’intérêt général de la Corse. Si l’on peut admettre qu’ils ont, en 2005, été trompés par une présentation habile, on peut difficilement comprendre le rejet de la motion déposée le 7 février 2008, alors qu’ils disposaient de nouvelles informations.
 
  
Le 16 février 2008, nous avons invité les élus à un débat public. Au lieu d’avoir une attitude responsable, et de venir défendre leur position, il semble qu’ils aient préféré user de tous les leviers *habituels pour semer la confusion dans le débat.
 
 
Le 9 et le 16 mars 2008, je vote éclairé.
 
 
* Dans son article paru le 22 février 2008 à la page Culture, Paul SILVANI évoque dans CORSE MATIN «  un débat nourri de fantasmes et de dangers imaginaires »
 
Puisqu’il signe son article à la rubrique "notre histoire", il semble utile de lui rappeler qu’il en a occulté l’année 2005.
 
Nous lui rappelons, qu’en 2005, l’arrêté préfectoral 05-1079, qui a mis fin au régime de dérogation totale dont bénéficiaient  les centrales au fuel, n’a malheureusement pas été pris sur la base de « fantasmes et de dangers imaginaires »
                          
Errare humanum est, perseverare diabolicum