IL est encore possible  d'étudier la possibilité d'un champ éolien marin et surtout il est possible de  construire (comme cela se fait ailleurs actuellement, en ECOSSE par exemple)  plusieurs centrales bois, ce qui permettrait une réelle indépendance  énergétique avec une pollution bien moindre d’avec le fioul lourd, (sachant  que le passage au gaz est utopique) et le développement d'une filière bois  génératrice d'emplois.

 
Les centrales du Vazzio et de  Lucciana sont-elles vieilles, très polluantes et appelées à être remplacées ?  C’est certain. « La rupture énergétique » guette-t-elle la Corse ? C’est  probable.
Le barrage du Rizzanese projeté une première fois en 1979, pour  une retenue de 27 Mm3, a vu sa capacité réduite, à la demande d’EDF, une  première fois, à 2,8 Mm3 et une deuxième fois à 1,3 Mm3, capacité, à notre  connaissance, toujours d’actualité avec pour corollaire, hélas, une production  hydroélectrique très réduite.
La faisabilité d’un champ éolien en mer, au  large de Solenzara, n’a pas été étudiée par l’Exécutif de la Collectivité  territoriale de Corse malgré notre demande. Mais, de toutes façons, l’énergie  d’origine éolienne, que U Levante souhaite voir se développer, ne peut  suffire.
Sauf à décider de relier l’île au réseau européen par câble  sous-marin, option rendant la Corse totalement dépendante du point de vue de  son approvisionnement énergétique, doter la Corse de nouvelles unités de  production d’électricité est une obligation.
Se posent alors les choix des  modes de production et des lieux de production.
Les modes de  production
Le projet Galsi passera-t-il par la Corse ? C’est peu  probable et, si cela se réalise, ce n’est pas pour demain.
En ce qui  concerne le combustible, il ne reste que trois solutions : le fioul, le gaz ,  le bois. Même si la technologie permet d’envisager une centrale au fioul moins  polluante que les centrales de Lucciana et du Vazzio, la pollution restera  forte et durera encore vingt ans. Créer une ou de nouvelles centrales au fioul  lourd à Bastelicaccia ou ailleurs ne doit donc pas être accepté.
Cette  pollution devrait être moins importante avec une centrale à gaz liquéfié mais  il faut le stocker et l’importer. Et le bois, la biomasse, est-ce possible ?  Les centrales à bois ne sont pas une utopie, elles existent ailleurs  !

Le Royaume-Uni a commencé à construire, le 27 janvier 2006, sa plus  grande centrale électrique, alimentée par de la biomasse, à Stevens Croft,  près de Lockerbie en Ecosse. Elle aura une capacité de 44 MW et fournira de  l'électricité à 70.000 foyers (soit plus de 200 000 personnes). Elle doit  coûter environ 130 millions d'euros et devrait créer 40 emplois directs et 300  autres indirects (agriculteurs, forestiers...). La biomasse utilisée sera  initialement composée des résidus forestiers (sciure, branches et chutes) en  provenance d'une scierie située à proximité. Au total la centrale nécessitera  475.000 tonnes de bois par an, dont 95.000 tonnes de taillis à renouvellements  rapides. Parmi la quantité totale de bois nécessaire, 220.000 tonnes devraient  être fournies par les zones voisines de la centrale ; 45.000 tonnes  proviendraient d’arbres à croissance rapide que des agriculteurs locaux  devraient produire. La biomasse étant neutre vis-à-vis des émissions de CO2  (le CO2 est absorbé par les plantes à la même vitesse qu'il est émis), cette  centrale devrait permettre d'économiser plus de 150.000 tonnes de CO2 par an.  
A notre connaissance la faisabilité de ce mode de production n’a même pas  été envisagée ni par l’Etat ni par l’Exécutif de la CTC. Il ne s’agit pas de  déforester la Corse et de transformer maquis et forêts en désert. Il s’agit de  culture. La Corse possède de très importantes superficies boisées propriétés  de la CTC ou de forestiers privés ; la récolte du bois mort, l’utilisation de  tous les bois de moins de 30 cm de diamètre provenant des « éclaircies » et  qui, aujourd’hui, ne trouvent pas preneurs, comme la culture d’espèces à  croissance rapide (eucalyptus) créeraient des emplois dans la « filière bois »  et permettraient de lutter contre les incendies. Ceci dit, une centrale au  bois n'est pas totalement inoffensive et des mesures anti-pollution sont  également nécessaires.
 
En ce qui concerne les lieux  d’implantation de ces unités, les modélisations de Météo France (qui  auraient dû être effectuées depuis longtemps mais qui n’ont pas été réalisées)  permettraient de définir des zones où implanter une centrale avec le maximum  de dispersion. Tout emplacement dans la vallée de la Gravona est à proscrire  en raison de l’aérologie très défavorable de la vallée et de la densité de la  population. Et il vaudrait mieux, de toutes façons, que l’unité de production  qui remplacera la centrale de Lucciana soit plus importante que celle qui  remplacera celle du Vazzio puisque, à Lucciana, les conditions aérologiques ne  sont pas aussi défavorables.
 
 
NB : La centrale du Vazzio  est-elle toujours polluante ? C’est certain. Alors que les quantités d’oxydes  d’azote dégagées par les cheminées ont bien été divisées par quatre suite à la  pose de filtres et sont aujourd’hui un peu en deçà des valeurs limites  d’émission réglementaires (VLE), les particules en suspension, elles,  mutagènes et cancérigènes, restent, une fois sur deux, au delà des VLE, comme  le prouve le rapport du bureau indépendant INERIS de 2006. Hélas, faute de  capteurs spécifiques, le taux au sol de ces particules n’est pas mesuré à  Piataniccia par Qualitair.
 

Le bureau de U Levante
Don-Grace  Arrighi  
        Jean-Pierre  Ducousso
Michelle Ferrandini
Dominique Gambini
Françoise Graziani  
Anne Luciani
Sophie Mondoloni
Thierry Nouaille
Sarah Polifroni  
Michelle Salotti
Lucrèce Sansonetti
Claire Vescovali