Les USA ont leur traumatisant 11 septembre 2001, nous avons le 12 janvier 2008.
 
Lors de la séance de l’assemblée de Corse du 7 février 2008, dans la matinée les interventions se succèdent, presque à l’unisson sur le même thème : l’institution issue de la démocratie à été contestée lors de l’intrusion de l’hôtel de région et de l’incendie du bureau du président de l’exécutif.
 
Le président s’interroge : « pourquoi avoir voulu y pénétrer alors qu’il n’y avait personne pour dialoguer ? » et de poursuivre en martelant que les décisions ont une valeur juridique et doivent être respectées.
 
D’autres exactions faisaient également l’objet d’une condamnation unanime, celles de méthodes policières volontairement spectaculaires, les arrestations arbitraires et l’appareil répressif mis en œuvre contre la Corse.
 
Pour les représentants des associations venues apprécier la suite qui serait donnée à la motion déposée par trois de leurs membres et conseillers territoriaux, le décor est planté, et la sacralisation de l’institution, moult fois brandie comme unique argument, va permettre à la majorité et à l'un de ses cerbères de confisquer la démocratie et de tuer dans l’œuf toutes les amorces de solutions.
 
Effectivement après une phase d’échanges consistant à s’interroger sur le caractère prioritaire de la motion et de la manière de lui donner suite, le président de l’exécutif concédait que le GALSI n’était pas garanti, et qu’on pouvait remettre en cause le choix du site s’il ne convenait pas à la population.
 
Alors que Jean BIANCUCCI rappelle le caractère consensuel, les raisons sanitaires et les propositions qui motivent la démarche, le président de l’exécutif lui objecte qu’il est tenu par une délibération, et qu’il n’est pas sérieux de remettre en cause le trépied énergétique qui avait été adopté en 2005.
 
Il faut se souvenir que le plan énergétique avait été élaboré au sortir de l’hiver 2004-2005, alors que le traumatisme des coupures, était encore très présent dans les esprits à l’heure du vote en novembre 2005.
 
Jean BIANCUCCI demande alors pourquoi le président de l’assemblée refuse le gaz, celui lui répond qu’on ne pourrait avoir GALSI et GPL, en écho le président de l’exécutif cite le PPI 2007-2015. Lequel document conditionne le raccordement au GALSI à la réalisation des 2 futures centrales!!
 
Pierre CHAUBON constate alors, que par manque d’informations, il lui est difficile de statuer immédiatement pour modifier l’article n° 4, et propose un amendement demandant à l’état d’abandonner le site, de proposer un site plus approprié et d’organiser un débat sur l’article 4.
  
Mme LUCIANI PADOVANI reprend le témoin du président de l’assemblée en usant du même argument « c’est le plan énergétique que l’on remet en cause, et le président de l’assemblée de s’y engouffrer inlassablement  « c’est un acte législatif » puis de rajouter, « déjà qu’EDF y va contrainte et forcée, vous allez voir qu’on va finir par avoir un câble plus gros »
 
Michel STEFANI, tout en bafouant la loi en fumant en séance sous le regard bienveillant du président, argumente aussi pour le respect de l’institution, et de ses décisions.
 
Maria GIUDICELLI en son nom et celui de Vanina PIERI annonce son intention de ne pas participer au vote « parce qu’on ne connaît pas les retombées de la solution gaz et que ce serait une décision précipitée » 
 
Dommage que ce type de raisonnement n’ait pas été utilisé comme argument lors du vote d’adoption de 2 centrales au fuel, en 2005, personne ne s’est visiblement posé cette question alors pour les rejets.
 
Constatant le danger de l’abstention le président de l’assemblée remonte au créneau, jamais à bout de son seul argument et serinant inlassablement le même leitmotiv.
 
Michel STEFANI désapprouve lui aussi la remise en cause de la décision de 2005, affirme que toutes les normes sanitaires sont maintenant respectées pour le Vazzioassure que la nouvelle centrale sera alimentée en fuel léger, et se prononce contre la motion.
 
Jean BANCUCCI rappelle que la démarche émane de la population, de politiques, de médecins, d’agriculteurs. Que les communes des vallées et du golfe qui ont déjà trop subi la pollution du Vazzio, ont dit « NON au VAZZIO Bis, parce dès l’origine du Vazzio le discours officiel avait aussi été rassurant. Mais qu’il avait fallu attendre 25 ans pour qu’EDF finisse, sous la pression des associations, par équiper ses cheminées de dénitrificateurs.
 
Le président de l’assemblée estime alors qu’on ne peut pas proposer « n’importe quoi » S’en suit alors un échange nourri sur le droit de parole et de proposition au sein de l’assemblée avec Jean BIANCUCCI.
 
J.M MONDOLONI propose l’amendement de plus, « pour avancer ».
 
J. Louis LUCIANI lui fait remarquer qu’il n’a pas compris la démarche, et qu’il ne s’agit pas uniquement d’un choix de commune mas aussi d’un problème de santé publique. Il signale qu’il avait voté à l’époque car il avait «  été persuadé que le GALSI était à notre porte »
 
Le président de l’assemblée, invariablement, réduit le débat à l’aspect sacré de la décision.
 
Il est 3h15, il reste 19 conseillers. Les derniers échanges se déroulent enfin hors cameras et en l’absence des journalistes. J.M MONDOLONI peut retirer son amendement, les présents passent au vote.
 
14 pour    (7 présents + 1 voix)
28 contre (14 présents + 1 voix)
 
 
Fin de la séance
 
 
 
ARIA LINDA remarque de façon moins alambiquée, mais plus pragmatique que ne l’ont été certaines interventions de la nuitée :
 
Que nous, représentants associatifs, sommes entrés dans l’enceinte de l’assemblée,  armés de nos seuls arguments bien étayés. Si nous avons pu les exposer au président de l’Exécutif lors des suspensions de séances, il les a écoutés très diplomatiquement, mais ne les a pas entendus,
 
Que notre démarche répond d’abord à une préoccupation de santé publique, pour laquelle nous avons demandé une enquête épidémiologique,
 
Que le choix de l’implantation des futures centrales devra résulter d’une étude de dispersion des polluants. Il faut remarquer que Météo France, bien qu’ayant une forte expertise en matière de mouvement des masses d’air, n’a jamais été consulté.
 
Que nous avons une proposition de remplacement de moteurs dont le rendement optimisé atteint 35 % par des turbines à gaz à cycle combiné dont le rendement atteint 60%,
 
Que cette première proposition à 2 conséquences immédiatement appréciables :
 
-         réduire la consommation, c’est un argument économique
-         réduire la pollution, c’est un argument santé et environnemental,
 
Que le remplacement du fuel par du gaz en à 2 autres :
 
-         diminue le nombre des polluants, c’est aussi un argument santé et environnemental,
-         diminue le volume des polluants, c’est encore un argument santé et environnemental,
 
Que la technologie des Turbines à Gaz à Cycle Combiné, loin de créer du chômage, ne pourrait que générer des qualifications supplémentaires,
 
Que la fréquence de rotation des méthaniers, ou l’augmentation de leur capacité pourrait servir de variable d’ajustement pour régler le problème du stockage du GPL en attendant le GALSI
 
Que le seul argument qui nous a été opposé concerne le stockage du GPL, qu’il serait d’ordre foncier, ce qui reste à nous démontrer.
 
Que nous demandons, sur tous les points précédemment évoqués à pouvoir participer de façon contradictoire aux prochaines commissions.
 
 
Que nous sommes d’accord avec l’idée EDF qu’il faut produire au plus près de la consommation. Par exemple l’extrême sud, qui affiche une forte progression de sa consommation, répond parfaitement à cette préoccupation vu sa proximité au GALSI. Il faut prendre notamment prendre en compte les 300 permis de construire que le maire de la seule commune de Porto Vecchio a prévu de délivrer chaque année.
Les 2 présidents trouvent que les centrales au fuel sont assez propres pour la population du bassin de vie Ajaccien? Alors qu’ils implantent celles qui vont alimenter les besoins de leurs microrégions près de la cité du sel, ou de la cité semper fidelis! 
D’autant que cela permettrait de répondre également au principe pollueur-payeur, et que ces 2 régions bénéficient d'une bonne ventilation.
 
Alors notre résultat, au sortir de cette parodie de fonctionnement démocratique, en ayant respecté les formes n’est pas meilleur que celui obtenu le 12 janvier. Cela remet de façon aigue en question la légitimité dont voudrait se draper la majorité en matière de fonctionnement démocratique. Cela remet aussi en compte sa capacité à répondre aux légitimes aspirations de la population, à décider de façon objective et dégagée de considérations politiciennes.
 
La presse écrite relate les débats, de 22h30 à 3h30, sur la motion, ainsi que les modalités du vote qui l'ont rejetée,en les qualifiant de .....confus. 
 
 
Effectivement, le 3 eme cerbère, veillant dans un autre palais, ne pouvait dicter les volontés supérieures.
 
Pour parapher le Premier ministre, au lendemain du 12 à Ajaccio, on peut dire que ceux qui font ça aussi perdent les élections.