La fin d’activité de la centrale thermique du Vazzio est rendue nécessaire, tant par son niveau de pollution, par sa vétusté, par son archaïque principe de fonctionnement, par son incapacité à répondre à une demande croissante, enfin par la mauvaise qualité de sa production. Reconnaître que cette centrale, récemment équipée de filtres pollue 10 fois moins qu’à son début d’exploitation, et pollue encore 3 fois plus que son hypothétique remplaçante, c’est avoir dévoilé l’arbre qui cache la forêt.

La Corse et les DOM-TOM auraient le triste privilège d’avoir pour statut particulier d’être les seules terres de France hors métropole qui seraient équipées de centrales au fuel. Evidemment, cela présente plusieurs avantages d’ordre économique pour la filiale d’EDF qui assurera la production électrique sur ces territoires.

Pour autant, la Corse n’aspire pas à être exposée davantage et durablement aux conséquences de la pollution de ce type de centrale, ni à travers sa population, ni à travers son environnement, même si d’aucuns semblent vouloir les sacrifier sur l’autel de la rentabilité.

Le premier but que l’association ARIA LINDA s’est fixé, est de refuser l’idée même de voir renaître un clone prétendument moins polluant de la centrale du Vazzio, sur la commune de BASTELICACCIA, ou, d’ailleurs en tout autre lieu du bassin de vie ajaccien et de Corse.

ARIA LINDA veut ensuite agir pour une utilisation accrue des énergies renouvelables.

Irréalistes répondent certains, alors que nos voisins allemands ont présenté le 9 octobre 2007 à BERLIN un système décentralisé de production d’électricité à partir de sources 100% renouvelables, capable de couvrir, à terme 100% de la demande électrique nationale. A partir de sources renouvelables (éolien, solaire, hydraulique et biogaz) ce système dénommé Kombikraftwerk est capable de fournir de l’électricité de façon continue et fiable, indépendamment des conditions météorologiques.

En Allemagne toujours, la menace sur l’emploi suggérée par les tenants de la consommation d‘énergie fossile pour inquiéter les personnels des centrales, est aisément évacuée puisque le pays constate une progression de 50 % en 2 ans du nombre d’emplois liés au développement des énergies renouvelables, avec la perspective d’atteindre 400.000 emplois en 2020.

Les exemples ne manquent pas, ainsi en Espagne, où une société a installé en 2005 à SEVILLE la première centrale solaire destinée à l’exploitation commerciale en Europe. : « D’une capacité de 11 MW, elle doit produire 23 GWh par an, de quoi répondre aux besoins d’une population de 10 000 habitants. Cette production d’électricité solaire évitera le rejet dans l’atmosphère de près de 16 000 tonnes de CO2 par an »

La même société vient de remporter, au MAROC, un marché portant sur l’implantation d’une centrale à cycle combiné, utilisant l’énergie solaire et le gaz naturel, d’une capacité de 472 MW dont la mise en service est prévue pour le 1er trimestre 2009. Cette réalisation a en outre bénéficié d’une subvention du Fonds Mondial pour l’Environnement.

La mise en œuvre de moyens de production ayant un impact considérablement atténué sur l’environnement et sur les individus, à partir de sources disponibles sur notre île, est donc techniquement réalisable et dans des délais relativement courts.

Le dernier frein contre une démarche volontariste résolument axée sur le développement durable pourrait être d’ordre économique. Comme dans le cas de l’amiante, il n’est plus nécessaire de démontrer que les mises en danger de populations, de façon consciente ou inconsciente, sont des bombes à retardement qui finissent par coûter plus cher à la société tout entière, qu’elles n’ont rapporté à quelques-uns.

Le troisième volet de l’action d’ARIA LINDA, consistera à obtenir une enquête épidémiologique pour confirmer les observations d’affections et de pathologies relevées par les professionnels du corps médical, établir les liens de causalité avec les émissions caractéristiques de la centrale du Vazzio, et obtenir réparation des préjudices subis.

ARIA LINDA aurait un intérêt à inquiéter la population?

La non-réponse du représentant de l’Etat à la demande d’enquête épidémiologique formulée publiquement par Jean BIANCUCCI lors du Contrastu du 13 janvier 2008 n’est pas de nature à rassurer cette population et la conforte dans sa quête de vérité.


Le président d’ARIA LINDA Jean Nicolas ANTONIOTTI