Association Aria linda

mardi 7 novembre 2017

Centrale du Vazziu : Hier, Ségolène Royal annonçait le démarrage au gaz naturel en 2023. Nicolas HULOTdira-t-il demain que c'était irréaliste?

Comme l'affirme aujourd'hui Nicolas HULOT dans son intervention télévisée, certains savaient déjà que l'objectif de réduction du parc nucléaire à 50 % d'ici à 2025 était irréaliste. Tout en attribuant la responsabilité au précédent quinquennat, qui aurait porté dans la LTECV des objectifs ambitieux sans pour autant mettre en place les moyens d'y parvenir.

Voilà donc une des annonces phare de la loi de transition énergétique du précédent gouvernement qui tombe.

En matière d'objectifs ambitieux les Corses peuvent se demander ce qu'il adviendra du démarrage de la future centrale du Vazzio au gaz en 2023. On se souvient de l'annonce largement médiatisée:


"La ministre de l'Environnement Ségolène Royal a créé la surprise en annonçant le passage directement du fuel lourd au gaz naturel pour la nouvelle centrale du Vazziu d'ici 2023."   lien

samedi 21 octobre 2017

Vazzio: Une pollution au fioul plus impactante qu'il n'y parait, et qui pourrait menacer durablement la santé de malades, de collégiens, les habitants et même d'enfants d'une crèche?

 

"Et, comme vous l’indiquez également, il faut noter que la zone de la Confina, là où le site « Vazzio 3 » a été implanté connait un fort développement avec une zone commerciale et un projet de route.

 

J’ajouterai également que des personnes que l’on pourrait qualifier de sensibles seront prochainement présentes dans cette zone avec les créations en cours du nouvel hôpital d’Ajaccio, d’immeuble d’habitation et d’un collège. Il est également évoqué un projet de crèche."


Les mots, déjà lourds de sens sous la plume d'un inspecteur des installations classées, nous semblent revêtir un intentionnel caractère de solennité dès lors qu'ils sont appuyés par la signature du Directeur de la DREAL, très proche collaborateur du Préfet de Région.

Et si le courrier que la DREAL a adressé le 28 avril 2017 à Qualitair Corse et au Directeur d'EDF concerne la surveillance des retombées atmosphériques de l'actuelle centrale du Vazzio, il porte aussi un regard très anticipateur sur les conditions prévisibles d'exploitation de la future centrale du Vazzio (SRCAE, PPE Corse). Un peu moins anticipateur cependant en termes d'aménagement (PLU, PDU, PADDUC)   lien vers le courrier

 

"D’autre part, ce point « Vazzio 3 » sera également un suivi avant/après de la nouvelle centrale du Vazzio dans la perspective de sa mise en service"

 

Un révélateur? Cette seconde préoccupation des services de l'Etat nous interpelle d'autant plus fortement. Car elle n'a de sens, concernant la future centrale du Vazzio, que dans la perspective d'une mise en service prévue en 2023 au fioul, et d'une exploitation durable... au fioul. A défaut de l'arrivée du gaz naturel. La combustion du fioul dans les moteurs, génère en effet d'importants tonnages de microparticules, un polluant reconnu cancérogène par l'OMS. Alors qu'elle serait réduite à quelques 5 % en cas d'utilisation de gaz naturel comme combustible principal.


Enfin, ce courrier de la DREAL semble valider les objections des associations qui contestaient la pertinence de la localisation de la cabine de mesure de la qualité de l'air de Piataniccia, notamment pour répondre aux obligations d'EDF, exploitant de l'actuelle installation polluante:

" D'une part, ce suivi permettra de répondre à la règlementation qui prévoit dans l'arrêté ministériel du 26 aout 2013 et notamment son article 38 que : "L'arrêté préfectoral fixe les modalité de cette surveillance, en particulier le nombre et la localisation des points de mesure ainsi que les conditions de mesure et d'analyse".

"Les mesures sont réalisées en des lieux où l'impact de l'installation est supposé être le plus important"


 

      

A Lucciana pas de problème?

mercredi 11 octobre 2017

VENI VIDI VICI! Impérial, bien qu'avec le nucléaire il ait bien d'autres chats à fouetter.

Fin de la grand-messe au sein de l’Assemblée de Corse, le Conseil de l’Air de l’Energie et du Climat du 10/10/2017 vient de s’achever. Un agent d’EDF, syndicaliste, vient me rejoindre et m’interroge : « tu as appris quelque chose de nouveau toi ? »

article Alta Frequenza



Il vient en effet de s’écouler près deux heures d’un début de conseil ouaté où chacune des instances membres à son tour n’a pas manqué de faire valoir sa bonne mise en œuvre des dispositions prévues en matière d’énergie. L'audience a même pu bénéficier durant 20’ de son droit à poser quelques questions et à obtenir parfois quelques réponses.

Puis vers 16h, comme elle l’avait annoncé à plusieurs reprises, la Présidente de l’agence de l'énergie demande à l’assistance de ne pas bouger afin qu’elle puisse aller accueillir le PDG d’EDF qui rejoint l'hémicycle en compagnie des présidents de la Collectivité Territoriale de Corse.

On a l’impression qu’un invisible tapis rouge a été déroulé pour accueillir cet hôte prestigieux sur lequel se déverse à la tribune un protocole feutré de mondanités, ponctué de grands passages de pommade et de très inoffensifs coups de griffes. article CNI Puis le monstre sacré prend enfin la parole et son auditoire quasi anesthésié et apparemment conquis lui adresse les seuls applaudissements de l’après midi. 




De nouveau l’assistance a droit à un petit débat et pose quelques questions un peu moins pommadées, notamment les syndicalistes d’EDF, dubitatifs sur l’arrivée du gaz compte tenu des incertitudes sur les taux d’intérêts consentis aux candidats gaziers, et sur le risque de perte d’emploi,  voir de départ d’Engie qui ne s’est pas porté candidat.

JBL, visiblement agacé par la redondance des interventions, répond en substance que EDF a fait tout ce qu’il faut pour être à l’heure en 2023 et que si les choses n’avançaient pas en matière d’alimentation au gaz, il faudrait regarder du côté de l’Etat, présenté comme le maitre des horloges.itw RCFM

Le préfet a semblé apprécier moyennement l’œillade. Pour l’actionnaire à 82 %, la savonnette est probablement désagréable. Mais les préfets n'oublient pas que celui de leurs collègues qui contrarié EDF, dans l’île dans l’intérêt de la Corse, a ensuite connu de longues années de placard.

Et pour répondre aux points précis soulevés par plusieurs intervenants, JBL a pratiqué de superbes dégagements en touche à faire pâlir d’envie les meilleurs rugbymans.  


 

 

En substance le texte de l’intervention du Président d’Aria Linda :

 

Monsieur le Président Directeur Général,

 

Je suis le président d’une association à but non lucratif, agréée pour la protection de l’Environnement, dédiée à la pollution des centrales thermiques, et leur impact sanitaire.

Permettez moi tout d’abord, par un petit historique, puis par l’actualité, de vous montrer, que nous ne menons pas, notamment au plan sanitaire, un combat d’arrière garde

En 2005, suite à la crise énergétique qui plonge la Corse dans le froid et dans le noir, les élus demandent et obtiennent un rapport, rédigé par l’ingénieur des mines Leutertrois. Lequel rapporteur dresse le tableau de la dégradation d’un parc de production vieillissant, diminué, mal entretenu et rapporte à six reprises qu’aucun opérateur, même EDF, n’est motivé pour investir dans l’amélioration de ce parc. En cause, selon lui, la faiblesse du taux de rémunération des capitaux investis alors servi aux opérateurs économiques, seulement  6,5 %.

En mars 2006, le ministre de l’énergie suit le rapporteur et porte le taux de rémunération des investissements de production d’électricité dans les ZNI à 11 %.

Bingo : EDF, ainsi motivée, se remet à investir.

Sous la pression d’associations, EDF qui voulait à nouveau imposer le fioul lourd pour renouveler sa centrale de Lucciana, finit par en reconnaitre dans sa propre étude le plus grand impact sanitaire. La nouvelle centrale démarrera en mars 2014 au fioul léger, mais toujours en version diesel. Les 400 M€ investis sont rémunérés à 11 %

Vient le tour du renouvellement, et même du doublement de la centrale du Vazzio, Le décret n° 2015-1697 (18.12.2015), relatif à la PPE pour la Corse, prévoit la construction, avec un objectif de mise en service au plus tard début 2023, d’un cycle combiné d’une puissance de l’ordre de 250 MW dans la région d’Ajaccio, fonctionnant au fioul domestique dans l’attente de la mise en place de l’approvisionnement en gaz naturel. Encore 400 M€ rémunérés à 11 %

 Alors que les taux d’usure ont été divisés par plus de trois depuis 2006 et qu’ils restent à 1 chiffre, le maintien d’un taux à deux chiffres pour les seuls équipements de production dans les ZNI apparait au moins trois fois plus motivant en termes de produits financiers.

 Ce privilège, qui découle du statut de zone non interconnectée, première concession, ou dérogation, accordée à l’opérateur producteur en Corse, pourrait ne pas nous interpeller, s’il ne  constituait pas le nœud gordien de l’alimentation en gaz naturel de la Corse. A savoir qu’il constitue le principal déterminant de la faisabilité économique du projet.

La chaine gazière serait en effet constituée, selon le cahier des charges établi par EDF d’un ouvrage de stockage : la barge, et d’un ouvrage de transport : le gazoduc.

Le portage financier de tels équipements, qui ne sont donc pas de production, ne pourrait bénéficier que du taux de rémunération de 6,5 %, qui n’était déjà pas motivant pour EDF en 2005. On peut comprendre qu’EDF, alors même qu’elle a été jugée suffisamment qualifiée pour élaborer le cahier des charges des ouvrages gaziers, se soit déclarée non qualifiée pour les réaliser. C’est un peu déroutant de la part d’un groupe qui dispose de 20 % des parts d’un opérateur gazier réputé, et de 65 % des parts d’un terminal gazier GNL à Dunkerque.

Alors 6,5 % ou 11 %, c’est précisément là que le bât blesse pour les *cinq opérateurs qui participeraient à la procédure de dialogue concurrentiel en cours.  

D’autant qu’à ce jour, bien que cette procédure soit en cours pour en préparer l’éventualité, la décision de réaliser la chaine gazière, un ouvrage de stockage et un ouvrage de transport n’est pas acquise. Cela est bien précisé par l’arrêté ministériel d’ailleurs applicable aux seuls ouvrages de production, Nous l’avons déjà fait remarquer dans cette enceinte.

Vous allez penser ou même me dire « Mais en quoi tout ça vous regarde-t-il ? » J’y viens : pour faire simple, si, à l’issue de cette procédure, la décision de réaliser la chaine gazière n’était pas arrêtée, la population de Corse serait à nouveau condamnée à pâtir des émissions cancérigènes de la combustion du fioul pour les 30 à 50 années à venir.

Supposons toutefois que le gaz naturel, finisse par arriver aux portes de la future centrale, mais après sa mise en service de 2023. Donc en retard par rapport à l’objectif souhaité dans cette enceinte par Madame Ségolène ROYAL.

Dans cette éventualité, EDF a-t-elle déjà, pour Ajaccio, comme pour Lucciana, intégré dans l’économie de ses projets les surcouts de raccordement des centrales au gazoduc, les surcouts de changement de mode d’alimentation des turbines, et des diesels, les surcouts de mise à niveau des équipements liés à la sécurité?

En bref, si le gaz naturel arrivait en Corse, son utilisation se ferait-elle sans délai et sans obligation pour EDF, d’avoir à repasser sous les fourches caudines de la CRE ?

 En ce qui concerne le financement de la STEP de Corse, donc pour un ouvrage de stockage d’EnR auquel nous sommes favorables, il semble toutefois qu’il soit prévu par EDF de solliciter une  contribution de la Collectivité Territoriale de Corse?

Il y aurait-il des précédents dans l’hexagone ? Est-ce que la région Rhône-Alpes a été mise à contribution financière pour réaliser la STEP et le barrage de Grand’Maison ? Cet ouvrage permet de stocker les excédents de production du nucléaire. 


*il en resterait 3

mardi 26 septembre 2017

Pourquoi le PDG d’EDF vient-il en Corse alors qu’il a bien d’autres chats à fouetter ?

Pourquoi le PDG d’EDF vient-il en Corse alors qu’il a bien d’autres chats à fouetter ?


Flamanville en France, Olkiluoto, en Finlande témoignent du fiasco des réacteurs nucléaires dits « de troisième génération ». Les fleurons!

Ils devaient entrer en service au bout de quatre ans et demi : temps doublé en France, bientôt triplé en Finlande.

Leurs coûts respectifs (on en serait à 10.5 Md d’€ chaque) atteindraient plus du triple du coût annoncé. Ce qui n’empêche pas, malgré la polémique interne au groupe, l’énergéticien d’enfoncer le clou à Hinkley Point. Cette future implantation nous renseigne sur le réel prix du MWh nucléaire qui serait demandé aux Anglais. Plus de deux fois le coût historique avancé dans l'hexagone.  

Et en quoi ce réacteur à eau pressurisée (EPR) se distingue-t-il de ses ainés qui équipent déjà les vieilles chaudières comme celle de Fessenheim?

La très rapide cocotte-minute a juste changé de nom.

Mais pas de technologie : le réacteur à eau pressurisée n’est rien d’autre qu’un clone des 58 réacteurs déjà en activité dans l’hexagone. La fission des atomes d'uranium chauffe l’eau maintenue sous pression (pour la maintenir à l’état liquide) contenue dans un premier circuit. La chaleur est ensuite échangée avec un second circuit où de l’eau peut enfin s’exprimer sous forme de vapeur pour entrainer les turbines couplées à des générateurs qui produisent de l'électricité.

Petit, petit soucis, grand, gros soucis :

Mais hors des circuits d’expérimentation, en application industrielle la maitrise de l’ébullition nucléaire n’est pas chose aisée, les ardeurs du monstre sont plus difficiles à maitriser que dans l’éprouvette.


Economie du modèle :

Souhaités beaucoup plus puissants que leurs ainés (Tricastin, Chinon) les nouveaux EPR, auraient aussi dû être plus sûrs comme l’avait édicté l’ASN en 1993...donc plus chers !

Plus jamais ça!

Three Mile Island, Tchernobyl en 1986, Fukushima, les 3 cœurs en fusion et hors de maitrise ont marqué les esprits.

 

Un bunker de tôles, de ferraillage et de béton :

« Cible » : Protéger le cœur des agressions extérieures et protéger l’extérieur des agressions d’un cœur en fusion.

.

Douce illusion:

Pour pallier au risque de panne du système de refroidissement du cœur à cœur on l’a doublé: quatre pompes au lieu de deux!  A Fukushima l’ensemble du dispositif de refroidissement a été noyé, privé d'alimentation électrique, et donc inhibé par un improbable tsunami. Aussi improbable que la sous-estimée sismicité des zones d'implantation des centrales nucléaires.

 

Réfractaire :


Depuis, malgré les efforts de dissimulation des métallurgistes et des façonneurs, la fragilisation des cuves, effet indésirable d’un excès de carbone des aciers est avérée. La cuve n’étant plus considérée capable de contenir l’extraordinaire chaleur sans finir par se déchirer, nos ingénieurs ont pensé à lui mettre une couche anti-fuite supposée résister aux calories…combien de temps ?

En surface, l’inextricable usine à gaz : un enchevêtrement de structures, de tuyauteries, de capteurs, de sécurités. Une conception simple sur la planche à dessin, mais a priori très mal appréhendée par les blouses blanches en termes de complexité de réalisation, notamment pour le chaudronnier et le maçon.

 

Talon d’Achille ou chevilles enflées des X mines ?

Les hommes de l’art de l’énergéticien, c’est bien connu, même en Corse, ne perdent pas leur précieux temps à écouter les exécutants, leurs sous-traitants jusqu'aux 7eme niveaux, et  encore moins les "non-sachants".

Ces derniers, eux, savent néanmoins que le diable se cache dans les détails.


C’est pour ça que le PDG d’EDF vient en Corse ?

Pour nous demander de payer les pots cassés du nucléaire en finançant une station de transfert d’énergie par pompage insulaire à 80 % sur la finance territoriale?

Alors que nous sommes encore sous l’impact sanitaire de 40 ans de centrales diesels à fioul lourd?

 

Plus jamais ça ? Non, aucun changement de paradigme pour la Corse !

Pour doubler la puissance de sa future centrale Vazzio Bis, EDF n’a pas sollicité le concour financier de la Région Corse. La rémunération, à hauteur de 11 %, est garantie pour les capitaux investis par l’énergéticien pour la réalisation d’ouvrages de production thermiques fossiles.

 

EDF, comme pour l’EPR dans l’hexagone, campe sur ses dogmes pro-thermique-fossile en Corse :

Le modèle imposé aux ZNI, sous le regard de la CRE, doit être suffisamment rentable, même si le gaz naturel n’y sera probablement jamais acheminé.


Les RT bien plus à l'écoute que les media!

Ceux qui nous avaient remis en mains propres l’arrêté du Préfet de Corse nous interdisant de manifester notre soutien à la COP 21, s’interrogent sur le comportement d’Aria Linda lors de cette visite.

 

Dans l'e-media, rien ne presse.

 

jeudi 21 septembre 2017

Mi ci mettu subitu.... Jean Bernard LEVY, PDG d'EDF, vient-t-il en Corse nous l'annoncer?

MI CI METTU SUBITU!*


Affichant une tendance baissière qu'aucun prévisionniste, même chez EDF, n'aurait pu anticiper, les coûts de production de l'électricité d'origine renouvelable rebattent les cartes.

Du coup, le nucléocrate se voit obligé de changer de paradigme: même son néo nucléaire ne permettra jamais de réaliser le fantasme d'un "megawattheure nucléaire moins cher que celui du renouvelable le moins cher".

Le constat est sans appel: Au pays de l'or noir
(Abu Dhabi) la transition énergétique est déjà en marche:  une ferme photovoltaïque est en passe de produire un megawattheure pour seulement 24.2 dollars.


En Corse, où le
megawattheure thermique insulaire couterait, selon les sources les plus officielles 300 €, la mutation du parc de production apparait d'autant plus évidente. 


Alors bientôt en visite dans sa Zone Non Interconnectée de Corse,
où vomit encore la plus polluante centrale au fioul lourd (en provenance d'Abu Dhabi?) de son parc de production, le PDG d'EDF saura-t-il faire le lien (Linky) et faire marcher son "compteur intelligent"?






* Je m'y mets de suite!