Association Aria linda

mardi 26 septembre 2017

Pourquoi le PDG d’EDF vient-il en Corse alors qu’il a bien d’autres chats à fouetter ?

Pourquoi le PDG d’EDF vient-il en Corse alors qu’il a bien d’autres chats à fouetter ?


Flamanville en France, Olkiluoto, en Finlande témoignent du fiasco des réacteurs nucléaires dits « de troisième génération ». Les fleurons!

Ils devaient entrer en service au bout de quatre ans et demi : temps doublé en France, bientôt triplé en Finlande.

Leurs coûts respectifs (on en serait à 10.5 Md d’€ chaque) atteindraient plus du triple du coût annoncé. Ce qui n’empêche pas, malgré la polémique interne au groupe, l’énergéticien d’enfoncer le clou à Hinkley Point. Cette future implantation nous renseigne sur le réel prix du MWh nucléaire qui serait demandé aux Anglais. Plus de deux fois le coût historique avancé dans l'hexagone.  

Et en quoi ce réacteur à eau pressurisée (EPR) se distingue-t-il de ses ainés qui équipent déjà les vieilles chaudières comme celle de Fessenheim?

La très rapide cocotte-minute a juste changé de nom.

Mais pas de technologie : le réacteur à eau pressurisée n’est rien d’autre qu’un clone des 58 réacteurs déjà en activité dans l’hexagone. La fission des atomes d'uranium chauffe l’eau maintenue sous pression (pour la maintenir à l’état liquide) contenue dans un premier circuit. La chaleur est ensuite échangée avec un second circuit où de l’eau peut enfin s’exprimer sous forme de vapeur pour entrainer les turbines couplées à des générateurs qui produisent de l'électricité.

Petit, petit soucis, grand, gros soucis :

Mais hors des circuits d’expérimentation, en application industrielle la maitrise de l’ébullition nucléaire n’est pas chose aisée, les ardeurs du monstre sont plus difficiles à maitriser que dans l’éprouvette.


Economie du modèle :

Souhaités beaucoup plus puissants que leurs ainés (Tricastin, Chinon) les nouveaux EPR, auraient aussi dû être plus sûrs comme l’avait édicté l’ASN en 1993...donc plus chers !

Plus jamais ça!

Three Mile Island, Tchernobyl en 1986, Fukushima, les 3 cœurs en fusion et hors de maitrise ont marqué les esprits.

 

Un bunker de tôles, de ferraillage et de béton :

« Cible » : Protéger le cœur des agressions extérieures et protéger l’extérieur des agressions d’un cœur en fusion.

.

Douce illusion:

Pour pallier au risque de panne du système de refroidissement du cœur à cœur on l’a doublé: quatre pompes au lieu de deux!  A Fukushima l’ensemble du dispositif de refroidissement a été noyé, privé d'alimentation électrique, et donc inhibé par un improbable tsunami. Aussi improbable que la sous-estimée sismicité des zones d'implantation des centrales nucléaires.

 

Réfractaire :


Depuis, malgré les efforts de dissimulation des métallurgistes et des façonneurs, la fragilisation des cuves, effet indésirable d’un excès de carbone des aciers est avérée. La cuve n’étant plus considérée capable de contenir l’extraordinaire chaleur sans finir par se déchirer, nos ingénieurs ont pensé à lui mettre une couche anti-fuite supposée résister aux calories…combien de temps ?

En surface, l’inextricable usine à gaz : un enchevêtrement de structures, de tuyauteries, de capteurs, de sécurités. Une conception simple sur la planche à dessin, mais a priori très mal appréhendée par les blouses blanches en termes de complexité de réalisation, notamment pour le chaudronnier et le maçon.

 

Talon d’Achille ou chevilles enflées des X mines ?

Les hommes de l’art de l’énergéticien, c’est bien connu, même en Corse, ne perdent pas leur précieux temps à écouter les exécutants, leurs sous-traitants jusqu'aux 7eme niveaux, et  encore moins les "non-sachants".

Ces derniers, eux, savent néanmoins que le diable se cache dans les détails.


C’est pour ça que le PDG d’EDF vient en Corse ?

Pour nous demander de payer les pots cassés du nucléaire en finançant une station de transfert d’énergie par pompage insulaire à 80 % sur la finance territoriale?

Alors que nous sommes encore sous l’impact sanitaire de 40 ans de centrales diesels à fioul lourd?

 

Plus jamais ça ? Non, aucun changement de paradigme pour la Corse !

Pour doubler la puissance de sa future centrale Vazzio Bis, EDF n’a pas sollicité le concour financier de la Région Corse. La rémunération, à hauteur de 11 %, est garantie pour les capitaux investis par l’énergéticien pour la réalisation d’ouvrages de production thermiques fossiles.

 

EDF, comme pour l’EPR dans l’hexagone, campe sur ses dogmes pro-thermique-fossile en Corse :

Le modèle imposé aux ZNI, sous le regard de la CRE, doit être suffisamment rentable, même si le gaz naturel n’y sera probablement jamais acheminé.


Les RT bien plus à l'écoute que les media!

Ceux qui nous avaient remis en mains propres l’arrêté du Préfet de Corse nous interdisant de manifester notre soutien à la COP 21, s’interrogent sur le comportement d’Aria Linda lors de cette visite.

 

Dans l'e-media, rien ne presse.

 

jeudi 21 septembre 2017

Mi ci mettu subitu.... Jean Bernard LEVY, PDG d'EDF, vient-t-il en Corse nous l'annoncer?

MI CI METTU SUBITU!*


Affichant une tendance baissière qu'aucun prévisionniste, même chez EDF, n'aurait pu anticiper, les coûts de production de l'électricité d'origine renouvelable rebattent les cartes.

Du coup, le nucléocrate se voit obligé de changer de paradigme: même son néo nucléaire ne permettra jamais de réaliser le fantasme d'un "megawattheure nucléaire moins cher que celui du renouvelable le moins cher".

Le constat est sans appel: Au pays de l'or noir
(Abu Dhabi) la transition énergétique est déjà en marche:  une ferme photovoltaïque est en passe de produire un megawattheure pour seulement 24.2 dollars.


En Corse, où le
megawattheure thermique insulaire couterait, selon les sources les plus officielles 300 €, la mutation du parc de production apparait d'autant plus évidente. 


Alors bientôt en visite dans sa Zone Non Interconnectée de Corse,
où vomit encore la plus polluante centrale au fioul lourd (en provenance d'Abu Dhabi?) de son parc de production, le PDG d'EDF saura-t-il faire le lien (Linky) et faire marcher son "compteur intelligent"?






* Je m'y mets de suite!

mardi 19 septembre 2017

Incù sta manera d’accuncià a somma ghjè sfiadatu u sognu di suvranità

 La Corse, lanterne rouge sous l’hexagone en termes d’équipements structurels, a été la première à disposer d’une PPE !

Il faut bien y reconnaitre  « la part prépondérante d’EDF pour élaborer la PPE» mise en évidence par l’Etat lors du CEAC de juin 2016. cliquez ici pour  interview à RCFM

Et son rôle prépondérant pour arracher, avant même la signature de la PPE Corse, la seule mesure concrète que cette feuille de route a produit: le doublement de la puissance installée de la future centrale Vazzio Bis……sans apporter aucune garantie à la Corse que l’alimentation de cette future centrale se fera au gaz naturel, combustible moins polluant que le fioul.

Un rôle prépondérant pour établir le cahier des charges des études de la chaine gazière…. mais pas de compétence pour la réaliser.

Un doublement de la puissance d’un moyen de production thermique à base d’énergie fossile, non renouvelable, qui va à l’encontre de l’objectif d’autonomie énergétique de l’île en 2050 et pulvérise le pivot de la transition énergétique de feu le SRCAE : la décroissance des consommations.

D’autant que l’effort financier pour réduire notre précarité énergétique, entrave à notre autonomie énergétique, s’élèverait à plus de 3 milliards d’euros.

Eccu e mucature di e pastoghje è di l’imbastu.  

Cerise sur son gâteau, notre philanthrope demanderait à la Collectivité Territoriale de Corse de contribuer à lui financer,  à hauteur de 80 %, le seul équipement de production d’électricité qui lui permettrait d’augmenter sa part de la production d’électricité renouvelable : une station de transfert d’énergie par pompage.

Eccu a cultellata in u fecatu.

 

80 %, c’est « pile » la part de l’Etat dans le capital de l’énergéticien?



Un peu d'historique en consultant notre Billet Aria Linda .



mardi 29 août 2017

Pollutions toxiques: une rentrée à plaints poumons!

Les chiffres des rotations maritimes ne sont pas encore tombés, mais on sait mi-aout que plus d'un million de passagers ont déjà été transportés par avion en 2017 sur Ajaccio et que 1,5 millions sont escomptés d'ici la fin de l'année 2017.

Les odeurs qui émanent de la station de Campo Del'Oro témoignent de cette très bonne fréquentation. La collecte des OM aussi.

Compte tenu du déficit pluviométrique et, pour ne pas pénaliser cette bonne saison touristique, EDF a indiqué avoir "favorisé" d'autres moyens de production que l'hydraulique. L'eau stockée dans ses barrages est donc réservée pour la consommation domestique.

Compte tenu de cette contrainte, on peut se demander vers quels moyens de production l'opérateur historique se voit contraint de se retourner pour satisfaire une demande d'électricité qui, elle aussi, bat des records en été.





Réponse dans le graphique ci-dessous: en compilant les données de l'ann
ée 2016 (celles de 2017 ne sont pas encore disponibles), on constate que les émissions de particules de la centrale du Vazzio ont atteint un pic au mois d'aout avec 10,53 tonnes de "poussières" émises. Au cours de l'année 2016 la centrale Ajaccienne aura recraché près de 88 tonnes de particules.




Pas de soucis pour le merit order!
Sur l'année EDF a respecté l'équilibre des heures de production entre les deux centrales :




Pas d'équilibre cependant au niveau de l'émission de particules: la vétuste centrale du Vazzio, toujours alimentée au fioul lourd jusqu'en 2023, est toujours beaucoup plus polluante. La centrale du Vazzio émet à elle seule 88 % des particules issues de la production à partir des diesels d'EDF dans l'ile. Cancérigènes selon l'OMS.




Plaints poumons et pleins poumons?

Curieusement, comme le montre le graphique ci-dessous, les évolutions estivales de la somme des émissions répertoriées dans le golfe d'Ajaccio en 2016, et particulièrement dans la vallée de la Gravona (avions, bateaux, centrales, trafic routier, incendies, carrières) n'auraient aucune incidence sur les courbes de mesure de la qualité de l'air de la station de mesure de Piataniccia. Ni de celle de la Marana.




Il est en effet impossible de trouver la moindre corrélation entre les pics d'émissions polluantes, notamment celles des centrales thermiques, et les mesures des cabines de mesure de la qualité de l'air censées mesurer leur activité.

Pour ne pas mégoter, et si ça pouvait intéresser la presse, le rapprochement des précédents graphiques met en évidence l'absence de corrélation entre les courbes pour l'année 2016:



Mais pour Qualitair Corse qui mené des études en ce sens, pour EDF et pour les services de l'Etat, la localisation des cabines de mesure affectées à la surveillance industrielle est pertinente.

Après un petit répit de trois semaines, les carrières de la vallée qui ont repris leur pleine activité depuis le 28 aout 2017 à 6h00.

Là aussi, on attend toujours le dispositif de surveillance promis par la DREAL.



Ah, le beau le PPA de la région Ajaccienne!

samedi 26 août 2017

A chì hà dinari è amicizia, torce u nasu à a ghjustizia.

La comparaison de la courbe montrant l'augmentation des émissions de particules de la centrale EDF de Lucciana au cours de l'année 2016 et les mesures relevées par la cabine de mesure de la Marana pour la même période de 2016 ne fait apparaitre aucune corrélation.


Dans le graphique ci-dessus la droite de tendance des émissions de particules de la centrale EDF de Lucciana indique une tendance significativement à la hausse entre le début et la fin de l'année 2016.

En sommant les quantités de "poussières" déclarées par EDF, moteur par moteur et en les ramenant au nombre d'heures de fonctionnement on arrive à la bagatelle de 11,35 tonnes de particules....de quoi laisser une trace significative dans l'atmosphère, et dans les poumons des riverains!

Pourtant dans le graphique ci-dessous, pour la même période de 2016, la droite de tendance de l'évolution de la concentration de particules mesurée par la cabine de la Marana (supposée implantée dans le périmètre impacté par la centrale EDF) ne fait apparaitre aucune corrélation et, contre toute attente, reste inavouablement plate, allant même jusqu'à afficher une tendance inverse.





Cette cabine, dont la localisation a été décidée par EDF au regard de ses obligations, est pourtant affectée à la surveillance industrielle.

Cependant ainsi que l'affirment les conclusions d'un rapport Qualitair Corse + EDF, la pertinence de la localisation de cette cabine de mesures est confirmée par Qualitair Corse, avec la bénédiction de la DREAL. Et c'est tellement bien dit:

" Parmi les sites de mesures investigués lors de cette campagne de mesures, il apparaît que l’actuelle station de surveillance fixe de La Marana reste la plus appropriée pour la surveillance des émissions dans l’environnement de la centrale thermique de Lucciana B."

"Comparaison n'est pas raison" répondra la DREAL.